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Par Librairiecamillesourget @CamilleSourget

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L’édition originale des Éloges poétiques de Brébeuf
conservée dans sa fine reliure de l’époque.

BREBEUF, Georges de. Eloges poëtiques.
Paris, Antoine de Sommaville, 1661.

In-12 de (1) f.bl., (5) ff., 162 pp. Bandeaux, culs-de-lampe et nombreux petits fleurons gravés sur bois. Exemplaire rogné un peu court dans la marge latérale, à certaines pages au raz des manchettes. Relié en plein veau granité de l’époque, dos à nerfs richement orné, coupes décorées, tranches mouchetées. Reliure de l’époque.

145 x 81 mm.

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Édition originale de ce beau recueil de panégyriques du célèbre poète normand Georges de Brébeuf.
Brunet, I, 1215.

Le présent ouvrage comporte des pièces poétiques circonstanciées : ‘Sur le mariage du Roy’, ‘A Monseigneur le Cardinal Mazarin. Panégyrique de la paix’, ‘Sur la maladie et la guérison de Monseigneur le Cardinal Mazarini’, ‘Histoire de la dernière campagne du Roy, en l’Année 1658’, ‘A Monseigneur Foucquet, procureur général au Parlement de Paris, Sur-Intendant des Finances et Ministre d’Etat’, ‘Pour la Reyne de Suede’…

« C’est dans les ‘Eloges poétiques’ et dans les ‘Entretiens solitaires’ que Brébeuf montre le plus de qualités personnelles ; c’est pour lui l’époque de la maturité, et si nous retrouvons dans ces poèmes les défauts déjà signalés, un goût trop marqué pour l’emphase, l’hyperbole, l’antithèse, jamais son inspiration n’a été plus forte, sa phrase plus vigoureuse, plus pleine et plus sonore, son vers mieux rythmé. Ces deux ouvrages offrent des caractères communs, qui les rapprochent l’un de l’autre et leur assurent une place à part dans l’œuvre de Brébeuf.
Les ‘Eloges’ sont des panégyriques ; ce genre, à la fois lyrique et épique, avait de quoi éveiller l’ardente imagination du poète ; il célèbre les grands événements contemporains, la prodigieuse fortune et la gloire de Fouquet et de Mazarin, les exploits du roi et de son armée, les bienfaits de la paix que négocie le ministre ; il prend ainsi sa part de la joie et de la prospérité du pays ; mais toutes ces pièces et surtout celles qu’il adresse à l’évêque Auvry, à Fouquet ou à Mazarin, marquent aussi le désir de leur plaire, de se concilier leur bienveillance et d’obtenir un appui solide, sentiment qu’il concilie fort bien, comme nous le verrons, avec une admiration sincère pour les grands hommes et les grandes choses. Tous ces panégyriques ont été composés, semble-t-il, de 1653 à 1658.
 »
(Essai sur la Vie et les Œuvres de Georges de Brébeuf, pp. 224 à 227).

Georges de Brébeuf (Sainte-Suzanne-sur-Vire, Calvados, 1618 – Venoix, près de Caen, 1661) est un poète français descendant d’une illustre famille de la noblesse normande. « Son oncle, Jean de Brébeuf, missionnaire, fut martyrisé par les Iroquois en 1649. Après avoir fait ses études à Caen puis à Paris, Brébeuf, sans fortune, dut se consacrer à des tâches serviles ; il fut pendant plusieurs années précepteur du futur maréchal de Bellefonds, puis il se fit poète à gages. A Rouen, il avait fait la connaissance de Pascal ; à Paris, il se lia avec Conrart, Ménage, Chapelain, Mézeray et Corneille pour qui il eut toujours la plus vive admiration. Avec ‘LA Gageure’, recueil de cent cinquante épigrammes et madrigaux dirigés contre les femmes fardées, il se fit un grand succès dans les salons dont il fut un des favoris avec Balzac et Voiture [...]. Dans ses ‘Eloges poétiques’ (1661), Brébeuf a réuni des pièces écrites à la gloire de Fouquet, de Mazarin, du jeune roi, ou à l’occasion des victoires françaises, la bataille des Dunes en particulier. En 1660, Brébeuf avait quitté la cour et les salons et s’était retiré près de son frère, curé de Venoix. » (Dictionnaire des auteurs, I, 415).

« Brébeuf avait le mérite rare en son temps d’écrire des vers beaux et énergiques. » (Dictionnaire des Œuvres, p. 436).

« Georges de Brébeuf, ce poète normand qui a connu Pierre Corneille et sans doute subi son influence [...] ne mérite pas l’oubli où nous l’avons laissé tomber. Faguet, sui se plaisait à réhabiliter les poètes de ce temps, avait baptisé Brébeuf le Lamartine du XVIIe siècle »  (H. Du Manoir, Maria, p. 56).

Bel exemplaire très pur conservé dans sa reliure de l’époque.

Provenance : ex libris manuscrit sur le titre.

Prix : 2 000 €

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Édition originale du premier traité sur les cadrans solaires donné par Sebastian Münster,
en partie illustrée par Hans Holbein le Jeune.

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MUNSTER, Sebastian. Compositio horologiorum, in plano, muro, truncis, anulo, con concavo, cylindro & variis quadrantibus, cum signorum zodiaci & diversarum horarum inscriptionibus.
Bâle, H. Petri, 1531.

In-4 de (4) ff., 198 pp., (1) f., vignette au titre montrant divers modèles de cadrans solaires, nombreuses figures dans le texte dont plusieurs à pleine page, marque d’imprimeur au verso du dernier feuillet, le tout gravé sur bois. Qq. infimes défauts de papier pp. 1 à 5. Relié en veau brun glacé, double encadrement de filets multiples à froid sur les plats avec fleurs-de-lys aux angles, dos à nerfs, jeu de filets à froid croisés en tête et queue, filet à froid sur les coupes. Reliure du XVIIe siècle.

197 x 137 mm.

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Édition originale de l’important traité de Sebastian Münster sur les cadrans solaires, le “premier recensement exhaustif des types de cadrans solaires”, dont une partie de l’illustration est attribuée à Hans Holbein le Jeune.

Longtemps considéré comme le plus ancien traité de gnomonique – science des cadrans solaires – il fut et demeure reconnu par les spécialistes comme le plus complet et le plus exact de l’époque.
Les astronomes français Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande (1732-1807), et Joseph Delambre (1749-1822), ont attiré l’attention sur le Compositio horologiorum de Münster. Lalande nous apprend qu’après les Antiques (Vitruve, Pline, Virgile Polydore), “Münster et Oronce Fine sont les premiers qui ont donné la description de toutes les espèces de cadrans solaires” (dans : Bibliographie astronomique, Paris, 1803).  Il ignorait qu’un traité paru en 1515 lui était antérieur, mais celui-ci n’offre pas en comparaison les qualités de celui de Münster. Pour sa part, Delambre décrit et étudie amplement l’ouvrage de Münster ; il en souligne la clarté de la formulation, la précision de l’illustration, et surtout la justesse des calculs (Histoire de l’astronomie du Moyen-Âge, Paris, 1819).

Important ouvrage fondateur, le « Compositio horologiorum » de Münster deviendra une référence incontournable pour tous les auteurs traitant de gnomonique aux XVIe et XVIIe siècles.

Les qualités du Compositio horologiorum de Sebastian Münster étaient déjà apparues évidentes à Jean Bullant (vers 1515 – 1578), architecte du connétable Anne de Montmorency – pour lequel il construisit le château d’Ecouen – et auteur du premier traité détaillé de gnomonique paru en langue française. Il y puisa largement pour rédiger son Recueil d’horologiographie publié à Paris en 1561, soit 30 ans après celui de Münster.
Si Sebastian Münster (1488-1552) a laissé un nom fameux dans l’histoire des sciences, et particulièrement de la cartographie (sa monumentale Cosmographia universalis, parue pour la première fois en 1544 en langue allemande, fut ensuite traduite en français, latin et italien, et fit l’objet de nombreuses rééditions au cours du XVIe siècle), on ignore généralement qu’il se fit d’abord connaître par ses travaux sur la langue hébraïque, et s’appliqua notamment à l’étude de la chronologie biblique.
Münster avait publié en 1527 Kalendarium hebraicum, “dans lequel l’hébraïsant refait une chronologie du monde fondée sur la Bible et Flavius Josèphe, avant de donner une explication de l’année et des mois, puis des fêtes hébraïques. On sait que Münster publiera encore deux traités sur les horloges solaires [...]. Le point de départ de Münster (préface au Composition horologiorum de 1531, reprise expressi verbis en 1533) est l’absence d’horloge chez les anciens hébreux pour partager précisément les heures du jour”.

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Au XVIe siècle, le cadran solaire demeure l’instrument de mesure du temps le plus utilisé.
Si les horloges mécaniques, apparues dès le XIIIe siècle, sont déjà en usage à la Renaissance, elles se trouvent surtout sur des édifices publics, ou comme objets de prestige chez de rares particuliers. Il convient donc de souligner que les cadrans solaires et les sabliers restent les instruments de  mesure du temps les plus répandus à l’époque. En outre, les montres et pendules nécessitent des réglages fréquents, qui rendent l’usage du cadran solaire toujours indispensable. Ceci explique la pérennité des cadrans, le développement de leur esthétique et de leur précision, et le grand soin apporté à leur réalisation. L’importance de la gnomonique est telle, qu’elle forme au XVIe siècle un domaine particulier des sciences mathématiques, la plupart des traités de l’époque se doivent d’y consacrer un chapitre. A titre d’illustration, l’exemplaire actuellement conservé à la Bibliothèque de l’Observatoire de Paris appartenait à la collection du mathématicien français Michel Chasles.

Le chapitre XLI contient la première description d’un instrument permettant de mesurer l’heure la nuit, sur la mer d’après la position de la lune.

Le présent ouvrage est sorti des presses de Heinrich  Petri, le principal imprimeur bâlois de l’epoque avec Froben et Amerbach.
L’imprimeur Heinrich Petri est né en 1508, et mort en 1579 à Bâle. Il est le fils d’Adam Petri, également imprimeur (le second de la dynastie fondée à Bâle en 1488), et de Barbara Brand, veuve de Jérôme Froben. Adam Petri disparut en 1527, Heinrich prit la direction de l’imprimerie, associé à sa mère. Celle-ci épousa en 1529 ou 1530 Sebastian Münster, dont H. Petri imprima dès lors les ouvrages. On connaît en particulier l’Ancien Testament hébreu-latin, une Cosmographia, la Géographie universelle de Ptolémée. Heinrich Petri fut reconnu comme le plus important imprimeur de textes hébraïques et de cartes géographiques de son époque. Sa production connue ne compte pas moins de 500 volumes. Au contraire de ses devanciers, H. Petri n’avait jamais imprimé aucun livre favorable à la Réforme. Sans doute cela lui valut-il, avec l’intervention du médecin Vésale proche de l’Empereur, d’être anobli par Charles Quint en 1556.
Ses armes portent un marteau frappant un rocher enflamme, dont le dessin, vraisemblablement réalisé par Hans Holbein, forme sa marque d’imprimeur.
Le nom d’Hans Holbein le Jeune (1498-1543) demeure attaché à son  tableau le plus célèbre, Les Ambassadeurs, dont le premier plan présente un crâne en anamorphose, et qui dénote l’intérêt de l’artiste pour les questions d’optique et de perspective débattues à son époque. Peintre et graveur, il fut formé et exerça dans l’atelier de son père Hans Holbein l’Ancien, à Augsbourg. Il vint s’installer à Bâle en 1515. Bien que son oeuvre picturale de cette période soit d’inspiration religieuse, on connaît de lui de nombreuses illustrations composées pour des livres et gravées sur bois.

Tous les auteurs qui ont consulté le Compositio horologiorum s’accordent à souligner la justesse et la richesse de son illustration. Elle se compose, en plus de la vignette du titre et de la marque de l’imprimeur au verso du dernier feuillet, de 55 figures gravées sur bois, certaines à pleine page.

Hollstein (German engravings, 1400-1700) attribue 5 de ces gravures à Hans Holbein le Jeune : ce sont celles des pages 39, 166, 173, 177, et une planche dépliante hors-texte, intitulée “Typus universalis horologiorum muralium…”. En réalité, cette planche qui ne figure pas dans notre exemplaire, ne se trouve presque jamais dans l’édition de 1531 du Compositio horologiorum, au point qu’on puisse même douter qu’elle ait été jointe à cette édition, bien qu’elle porte la date de 1531. Sur les 8 exemplaires conservés dans les bibliothèques françaises (dont un incomplet et un autre en mauvais état), un seul, celui de Nice, renferme cette planche. Un seul également la signale, parmi les 18 exemplaires de l’ouvrage relevés dans les bibliothèques d’Europe. A ce propos, l’historien de l’art Passavant (Le Peintre-graveur, Leipzig, 1862) s’exprimait déjà en ces termes : “A en juger d’après la date qui se trouve près du soleil, de l’année 1531, on aurait pu croire que la gravure se trouverait pareillement dans le livre intitulé : Compositio horologiorum in plano etc. Autore Seb Munstero. Basilae Hen. Petri 1531, in-4°, mais nous ne l’y avons jamais trouvée, non plus que dans l’édition postérieure latine du même éditeur de l’année 1533.” Passsavant assure n’avoir observé cette planche que dans des ouvrages postérieurs du même éditeur, à savoir Rudimenta mathematica, de 1555, et Der Horologien, oder Sonnenuhren, de 1579.

Le présent traité est un précieux jalon de l’histoire des livres de sciences, reconnu comme une des plus importantes productions de l’esprit scientifique et technique.
La Bibliothèque Sainte-Geneviève avait séléctionné son exemplaire pour une exposition qui ne présentait que 32 ouvrages précieux dans ce domaine : “Hommes de science, livres de savants à la Bibliothèque Sainte Geneviève” . Accompagné de ce commentaire : ” Le premier recensement exhaustif des types de cadrans solaires connus en son temps, assorti de consignes pour leur construction (…). L’art de concevoir, calculer et tracer des cadrans solaires,La gnomonique connut à la Renaissance une magistrale impulsion : la construction des cadrans solaires, alliant imagination artistique et connaissance scientifique, suscita alors un véritable foisonnement éditorial. Le cosmographe allemand S. Munster offre ainsi dans ce traité le premier recensement exhaustif des types de cadrans connus en son temps, assorti de consignes pour leur construction.
(Journée du Patrimoine, 19 septembre 2004, Réserve de la Bibliothèque Ste-Geneviève).

Précieux exemplaire très frais et grand de marges, conservé dans sa première reliure en veau estampé à froid de l’époque.

Provenance : Louis Aubret (1695-1748), conseiller au Parlement de Dombes (ex-libris gravé armorié au contreplat supérieur). Il est l’auteur des Mémoires pour servir à l’histoire de Dombes, publiés pour la première fois en 1868 par M.C. Guigue, d’après le manuscrit du XVIIIe siècle demeuré inédit.

Bibliographie : Adams, M 1916 ; Brunet III, 1944 ; Burmeister, Sebastian Münster, 1694, n° 49 ; Hollstein, German engravings 1400-1700, vol. XIV A, n° 88 a-e ; Hieronymus, 1488 Petri-Schwabe 1988, Bâle, 1997 ; Musée de Bâle, Die Malerfamilie Holbein in Basel, 1960, 426-427 ; Passavant,  Le Peintre-graveur, Leipzig, 1862, t.3, p.384-85.

Prix : 14 500 €


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