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Trail du Petit Ballon 2014: LES BRONZES FONT DU TRAIL

Publié le 18 mars 2014 par Marathonien67
Trail du Petit-Ballon
LES BRONZÉS FONT DU TRAIL

Une foule record était présente à Rouffach pour la 11eme édition du Trail du Petit Ballon. La plus grande course nature de l'Est de la France avec près de 2700 participants au départ. Pour que la fête soit plus folle, une météo printanière régnait ce dimanche en Alsace. 
Trail du Petit Ballon 2014: LES BRONZES FONT DU TRAIL
Je n'avais encore jamais disputé d'épreuve aussi longue (50km). Et encore moins de course avec un tel dénivelé (2100D+). Mon objectif était de voir si j'étais capable de réussir de belles choses sur ce type d'effort. C'est pour vivre une nouveauté que je suis venu à Rouffach. J'ai choisi le Trail du Petit Ballon, parce que l'épreuve est dotée d'une bonne réputation. Cette manifestation sportive qui attire d'année en année d'avantage de convives, est chapotée par Eric Millet « Monsieur Petit Ballon ». Eric a eu l'extrême gentillesse de m'inviter. Lui et son équipe nous ont réservé, à ma compagne et à moi, un accueil formidable. Je recommande cette épreuve à tous les coureurs qui aiment voir du pays. Dans ce Trail, certains verront l'Alsace comme ils ne l'ont peut-être encore jamais vu. Pour les locaux, c'est en participant à des épreuves comme celles-ci qu'on se rend compte de la chance qu'on a de vivre dans une si belle région. Quant à ceux qui n'habitent pas en Alsace, ils rêveront d'y revenir une fois que le rideau retombera sur la scène.
La veille de l'épreuve, samedi en milieu d'après-midi, avec Carole, nous rejoignons notre hôtel, du coté de Soultzmatt, puis dans la foulée nous filons au gymnase de Rouffach où a lieu la pasta-party. Sur place, je récupère mon dossard et j'échange quelques mots avec Eric Millet, le chef d'orchestre du Trail du Petit Ballon. Petit briefing. Je tache d'en savoir un peu sur la course de demain. Pour recueillir un max d'infos, je peux compter sur l'équipe du CCA Rouffach. Une vraie équipe de passionnés. Pour ce déplacement, je suis bien entouré. Notre mascotte est de la partie. Haloa porte bonheur à son papa. Quand elle est là, je fini toujours sur le podium. La présence de cette petite boule de poil me fait du bien.
Retour à l'hôtel de bonne heure, histoire d'être en forme pour demain. Une petite verveine, un reportage TV consacré à la principauté de Monaco, un dodo, un p'tit-déj rapido, et déjà, il est l'heure d'enfiler les baskets et de se soumettre aux derniers préparatifs. Avant de me lancer à l'assaut de ce périple, je prépare mon paquetage. Courir avec un sac, c'est aussi une grande nouveauté pour moi. J'ai déjà couru les Crêtes Vosgiennes, les Gendarmes et les Voleurs, les Crêtes du Pays Basque... mais pour aucunes de ces épreuves, je n'ai jugé nécessaire d'emporter des réserves conséquentes. Sur ces épreuves, bien plus abordables, les postes de ravitaillements sont disséminés un peu partout et le kilométrage tourne autour des 30 bornes avec un dénivelé proche des 1000-1200m, pas plus. Alors que là, cette fois, avec 50 bornes au compteur, je m'embarque dans une tout autre histoire.
Trail du Petit Ballon 2014: LES BRONZES FONT DU TRAILDans mon sac à dos, pour ce 50km, on retrouve les choses qui en principe chaque concurrent est tenu d'emporter avec lui. Des choses obligatoires comme un téléphone, une couverture de survie, un sifflet et un coupe-vent. Pour la partie ravito, j'ai à ma dispo 1,5 litre d'eau, une banane, deux grandes barres énergiques et une mixture maison.  À première vue, on pourrait penser que tout cet attirail est bien encombrant. Et, c'est vrai qu'il l'est. Certains préfèrent sans doute partir léger, juste avec une ceinture porte bidon. Mais, en optant pour le sac à dos, on s'aperçoit vite que l'on n'est pas perdant au change. C'est toujours bien d'avoir de l'essence dans le tuyau et l'essentiel sous la main en cas de pépin. En fait, ce n'est pas un fardeau qu'on trimbale, mais un cadeau tombé du ciel. Car, quand un coup de barre vous matraque, vous bénissez le ciel d'avoir de quoi remonter la pente.
C'est donc avec tout le nécessaire à emporter obligatoirement avec soi (tout du moins selon le règlement), que je prends le départ à 9h00 précise. Le fait que je me sois assuré de bien avoir toutes les pièces du puzzle en ma possession est censé m'éviter en cas de contrôle, une disqualification. Je constaterai plus tard que cela n'est que de la théorie et qu'en pratique le règlement n'est pas vraiment appliqué par tous. En tout cas pas en tête de la course. À moins que certains font de la magie et arrivent à caler 1,5l dans un bidon de 0,5l, ou transportent une pochette surprise sous leur maillot. Personnellement, j'ai tenu à respecter scrupuleusement le règlement de l'épreuve.  
 
Quand le coup de feu est donné par le Maire de Rouffach, je me cale dans le groupe de tête sans mettre le nez à la fenêtre. Nous sommes une petite dizaine devant. Pas longtemps, trois kilomètres, tout au plus. Très vite, trois concurrents se taillent. Vu que je ne connais personne leur pedigree, je me dis que ce sont des francs-tireurs et je laisse filer le groupe alors que j'ai largement les moyens de suivre. Je préfère démarrer en douceur pour ce baptême du feu.
En regardant autour de moi, je m'aperçois que je suis accompagné par Franck Mantel, second de l'épreuve l'année passée et par Jean-François Bomberger. Adrian Brennwald, un concurrent du Team Salomon Suisse, nous emboite le pas, un peu en retrait. Je me dis alors : « Samir, t'excites pas. T'es dans le bon wagon ! » Et je choisis de rester en-dedans en attendant que les premières rampes arrivent. L'autre stratégie aurait été de partir vite pour tenter d'attaquer la grimpée du Petit Ballon avec un peu d'avance sur mes concurrents du jour, qui sont peut-être un peu mieux rompu que moi à l'exercice de la grimpette. Mais ça, c'était la stratégie de la facilité. J'ai préféré opter pour la tactique me désavantageant sans doute le plus. Mais pas la plus mauvaise pour apprendre à gérer les parties bien raides.  
 
Trail du Petit Ballon 2014: LES BRONZES FONT DU TRAIL
Au fil des kilomètres et des obstacles, ça craque en tête de course. Les éclaireurs finissent par rentrer dans le rang. Il n'y a plus qu'un concurrent qui nous précède. Je me demande bien qui est ce lascar. Au premier ravitaillement, à Osenbach, un membre de l'organisation nous apprend qu'il s'agit en fait d'un coureur allemand et qu'il possède deux minutes d'avance sur nous. À ce moment là, je rends compte de mon erreur. Sans le savoir, j'ai laisser filer un jeune hyper doué que je ne reverrais pas de sitôt.
Je décide donc de hausser le ton, d'accélérer le train. Et je me retrouve vite avec pour seul compagnon le coureur suisse. À deux, nous chassons derrière cet allemand inconnu au bataillon, qui s'est fait la malle d'entrée de jeu. Lorsque les premières pentes arrivent, je laisse l'initiative à mon compagnon de route. J'alterne marche-course durant toute l'ascension et passe le sommet du Petit Ballon en troisième position. Mon retard sur les premiers n'est pas énorme. À ce moment là, il reste un peu plus de 20 bornes à couvrir. La course est loin d'être terminé. Je sais que je n'ai pas dit mon dernier mot. Je m'alimente et attaque la suite des opérations. Par moment,  j'avance sur des petites plaques neigeuses qui commencent à fondre. Je fais bien gaffe de pas me planter et j'attaque la descente finale vers Rouffach déterminé. La prise de risque, au départ, n'est pas énorme. Mais rapidement je mets toute la gomme. Je prends confiance et fonce tout droit dans la caillasse. Ma paire de Mizuno fait bien son job. Ce modèle « Ascend », que je porte pour la première fois en compétition, me donne entière satisfaction.
 
Trail du Petit Ballon 2014: LES BRONZES FONT DU TRAILEn basculant dans la pente, je me dis que mon allure est bonne. Seulement, je me dis aussi que devant ils sont costauds et que mes chances de les revoir sont minces. Le classement que j'occupe me convient. Ma place me satisfait. Une 3eme place, c'est encore sur le podium. J'avale deux trois gorgées de boisson Nutratletic et je file tout droit sans me retourner. Quand j'arrive au 41eme kilomètre, je retrouve les concurrents du « circuit des grands crus » qui se font, eux, plaisir sur une distance plus abordable. Ensemble, nous filons tous vers l'arrivée en empruntant les mêmes sentiers. Il reste neuf bornes à couvrir. On m'annonce deux minutes de retard sur le leader. En doublant comme je peux les grappes de coureurs, je devine au loin une silhouette longiligne qui ne m'est pas inconnu. « Dieu du ciel, serait-ce mon Suisse ? » Bingo ! C'est bien lui. Je le vois qui marche dans un long faux plat montant. Il a l'air bien entamé. À six bornes de l'arrivée, je le rejoins et le dépose aussitôt. Bon ben... Me v'là deuxième. Joli ça non ?
Je me sens en confiance à présent. Doubler ce coureur m'a blindé le moral. Non pas que j'étais au plus mal. Mais je m'étais sans doute un peu endormi sur mes lauriers de 3eme. Du coup, je comprends que le coup est encore jouable et j'accélère la cadence. L'esprit du compétiteur resurgit. Je ne sais pas à quelle vitesse je cours exactement à ce moment là. Je ne porte pas de montre GPS. Moi et la technologie, ça fait deux. Mais je suis sûr d'une chose: je trace. Et à force de tracer, là les jambes sont censés être dures comme des briques, je finis par apercevoir le maillot rouge du leader de la course à moins de trois bornes du ruban. Sur le coup, je suis vachement surpris... Incroyable ! Je n'y croyais plus, si près du but. Mais, est-ce vraiment lui ? Dingue cette histoire. Toujours est-t-il qu'à seulement 1,5 km de l'arrivée, je me retrouve épaule contre épaule avec le grand échappé du jour, Mirco Berner. À ce moment là, je me compte du différentiel d'allure qu'il y a entre nous. Le jeune gaillard a pris du plomb dans l'aile. Logiquement, il ne peut pas suivre mon allure et je me détache très vite. En l'espace d'1,5km, je lui colle 40 secondes dans la vue et je franchis la ligne en vainqueur...
 
... après avoir suivi en intégralité le tracé mis en place par Eric Millet et son équipe. Je tiens à dire que j'ai trouvé que le fléchage mis en place était de grande qualité pour un Trail. En faire d'avantage au niveau repère, ne serait pas une bonne idée. On ne peut pas non plus trop dénaturer le terrain. La nature doit être préservée. Bien entendu, vu que je courais en terre inconnue, j'ai bien eu deux-trois hésitations concernant la direction à suivre. Mais rien de bien méchant quand on sait que le parcours mesure 50km. De plus, les bénévoles en gilet jaune veillaient au grain aux carrefours stratégiques, ainsi qu'aux endroits où la configuration du terrain pouvait semer la confusion dans la tête du coureur. Merci donc aux signaleurs pour leur aide précieuse car si j'étais sorti du tracé, je me serai sans doute perdu, ne connaissant pas du tout les lieux où j'évoluais.  
 
Trail du Petit Ballon 2014: LES BRONZES FONT DU TRAILSi Mirco Berner, un jeune et talentueux espoir allemand, avait poursuivi son effort jusqu'au bout sans faiblir, j'aurai certainement fini deuxième aujourd'hui. Et peut-être même que j'aurai fini troisième si Adrian Brennwald, le coureur suisse qui me précédait jusqu'au 44eme km avait tenu le choc lui-aussi. Oui, mais voilà, en course à pied, rien n'est jamais joué avant la ligne d'arrivée. L'épreuve mesurait 50km, et pas 44, ou 48km. Une course commence à un point A et se termine à un point B. Exception faite de l'épreuve du 400M, qui démarre à l'endroit même où elle se termine. Mais bon, là ce n'est plus une affaire de Trailers mais une histoire de pistard. Une fois tu gagnes, une fois tu perds. Cette fois, c'était pour moi. La fois prochaine, ça sera pour un autre. Seulement la prochaine fois, je saurai à qui j'ai à faire. Je ne confondrai plus franc-tireur et sacré client.
Pour « conclure ». Un peu à la manière de Jean-Claude Duss dans « Les Bronzés font du ski ». Histoire d'être en harmonie avec l'intitulé du récit que voici, je tiens à remercier vivement l'équipe du CCA Rouffach et son maitre d'œuvre Eric Millet. Durant la course, je ne me suis pas ennuyé une seconde. Et quand on sait combien de secondes font 3 heures et 49 minutes... on peut affirmer avec certitudes que j'ai passé un sacré moment sur les pentes du Petit Ballon ce dimanche. Les Suisses et les Allemands, grands amateurs de vin et de course de nature, avaient fait le déplacement en nombre sur cette épreuve, qui d'édition en édition rassemble toujours d'avantage de participants. Dans les rangs des frontaliers, se cachaient d'excellents spécialistes qui m'auront poussé jusque dans mes derniers retranchements. Au final, j'ai obtenu une victoire à laquelle je ne croyais plus vraiment. Une victoire inespérée qui m'a tendu ses bras dans les ultimes hectomètres. Comme quoi, en course à pied, jusqu'au bout: il ne faut jamais rien lâcher !  Petit ballon, grand moment d'émotion. Petit ballon, grande satisfaction. C'est une joie immense que de remporter cette épreuve aussi réputée que celle-ci. 
 
 
Résultats du Trail du Petit Ballon 2014 à Rouffach :
Trail du Petit Ballon 2014: LES BRONZES FONT DU TRAIL














Trail Du Petit Ballon (50 km 2100D+)
1. Samir Baala (St Louis Rc) 03h49'38'';
2. Mirco Berner (Allemagne) 03h50'18'';
3. Adrian Brennwald (Suisse) 03h50'46'';
4. Benoit Thiery 04h01'56'';
5. Mathieu Motsch (Colmar Marathon Club) 04h02'30'';
6. Carsten Stegner (Sv Amberg) 04h03'56'';
7. Sebastien Reichenbah 04h07'09'';
8. Frédéric Jung (Oct 55) 04h07'12'';
9. Jean François Bombenger 04h07'57'';
10. Jean Michel Courtois 04h10'24'';
( Grandes photos: Nicolas Fried. Remerciements à lui. Grand merci à mes partenaires, Mizuno et Nutratletic, ainsi qu'à Isabelle et Dominique Formhals. Des gens que j'adore et que j'admire beaucoup. Merci à Carole, ma moitié, toujours présente à mes côtés.)




DNA Athlétisme

Trail du Petit –Ballon: précisions

L'une des phrases parue hier, dans notre compte-rendu concernant le trail du Petit Ballon, pouvait prêter à confusion. En effet, en relatant la très belle victoire de Samir Baala, la phrase "il semblerait toutefois qu'il n'ait pas suivi à 100 % le tracé prévu par les organisateurs" a pu semer le doute dans les esprits.
Elle était basée, d'une part sur l'affirmation d'un observateur averti qui a vu arriver l'un des deux concurrents de tête par un chemin et a été surpris de ne pas voir Samir Baala arriver par le même. Vérification faite auprès des organisateurs, l'erreur de parcours n'a pas été commise par Samir Baala. D'autre part, les déclarations du vainqueur, "je me suis trompé deux, trois fois, mais c'était des petits trucs, j'ai vite fait demi-tour", démontrent qu'il a même effectué un peu plus que les 50km.
 
Publiée par le journal DNA le mardi 18/03/2014 (suite à un petit quiproquo) 

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