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Un catholique est-il de droite ou de gauche ?

Publié le 23 avril 2014 par Amaury Watremez @AmauryWat

34986_manif-pour-tous-26.JPGUn catholique par définition n'est pas a priori « de droite » ou « de gauche », c'est exclure de la charité qu'il doit témoigner à son prochain 50% des gens qu'il rencontre dans un cas comme dans l'autre. Ou du moins ce devrait être comme ça dans le meilleur des mondes. Car il y a des catholiques ancrés à droite, et d'autres qui le sont à gauche, de moins en moins nombreux car ils ont contribué à désertifier les églises depuis une cinquantaine d'années puisque selon leur discours nul besoin de pratiquer ou de prier pour être un croyant. Leur progéniture n'a fait qu'aller souvent au bout de leur logique en n'étant plus catholique du tout.

Parfois, par esprit de contradiction et croyant ainsi s'affirmer, des catholiques de droite croient bon de défendre un libéralisme économique que n'aurait pas renié Milton Friedmann et son fiston. Les catholiques de gauche quant à eux seront sans doute les derniers marxistes, les derniers à soutenir des idéologies maintenant bien pâlissantes. Ce genre de catholiques est rare car comme dans le reste de la société, la pluspart des gens n'ont en fait pas vraiment d'idées raisonnées et construites, quelques clichés et lieux communs leur tenant souvent lieu d'opinions.

Ce qui ne veut pas dire qu'ils ne sont pas sincères.

Donc il y a cette majorité qui se situe dans une sorte de « marais » entre deux, qui suit les vents dominants. Ces croyants quand par hasard on les interroge au moment des JMJ ou des « Manif pour Tous » auxquelles nombre d'entre eux ont participé, par peur de se singulariser, parfois par manque de courage tout simplement, ont tendance à se dire « apolitiques », ou alors à prétendre « qu'ils ne font pas de politique ». Alors que rien que le fait de le dire c'est déjà de la politique, alors que rien que le fait de participer à « LMPT » c'était aussi très politique.

Les mêmes osent à peine se dire catholiques, ils l'avouent quand même mais précisent assez vite qu'ils « ne pratiquent pas beaucoup », que donc de ce fait ce ne sont pas des intégristes, car dire que l'on est catholique et que l'on pratique suffit pour être qualifié de « traditionnaliste ». Ils ne veulent surtout pas sortir du rang, ne veulent surtout pas être remarqués hors du troupeau des consommateurs dociles et polyvalents, alors que par nature, par leur foi et ce qu'elle implique ils sont déjà en dehors pourtant par la conception de la morale individuelle qui découle de l'Evangile.

Enfin, il en existe, une infime minorité, que je ne trouve pas forcément antipathique, mais candide, qui s'affirme anarchistes chrétiens, des « anars de Dieu » un peu sur le modèle du François D'Assise de Julien Green, un rêve de garçon sage et bien élevé qui veut s'opposer à la figure du père, mais pas trop non plus, et pas trop violemment, une sorte de crise d'adolescence tardive après une scolarité sans histoires dans une bonne « boîte à bac » privé « hors » ou « sous contrat ».

Découvrant ou re-découvrant le monde extérieur, ils ont l'impression d'être de nouveaux Christophe Colomb mettant le pied sur une terre que personne avant eux n'aurait foulée, selon eux, car ils ne furent pas les seuls à se leurrer ainsi. On leur pardonne, souvent ils finissent par tomber de haut quand ils comprennent qu'ils ne sont que des « cathos de service ».

Tous ceux-là, contrairement à ton serviteur ami lecteur qui se complaît avec délices dans un « anarchisme de droite » qui énerve grandement notre époque, tous ceux là n'ont pas compris que le simple fait de se dire catholique vous range derechef dans le camp des « fachos », des « réacs », des salauds, c'est comme ça à chaque fois, à moins que le catho n'accepte de se renier sur tout ou partie de sa foi, je l'ai compris et pourtant je suis beaucoup moins brillant que ces enfants sages dont je parlais. Alors bien sûr, ce n'est pas une persécution « dure » qu'ils subissent, elle se traduit par une ostracisation subtile, un rejet non affirmé, des allusions, une moralisation du méchant croyant qui ne veut pas se fondre dans le grand tout moderne. On voit ici avec quelle violence, quelles injures, quelle abjection on leur répond généralement...

Je n'aurais pas la prétention de faire la leçon à ses catholiques qui comme moi sont simplement des pêcheurs, faillibles mais de cesser de se leurrer et d'accepter d'être ce qu'ils sont, des saumons obligés de remonter à contre-courant, au risque parfois de tout perdre en route.

image prise ici


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