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Tartuffe aux Ateliers Berthier

Publié le 11 mai 2014 par Marie-Laure Barbaud

M la scène        Tartuffe aux Ateliers Berthier

   Photo de répétition © Thierry Depagne

  

LM Bien Tartuffe de Molière mise en scène par Luc Bondy

Monté à la hâte, aux Ateliers Berthier, pour combler le vide laissé par la douloureuse disparition  de Patrice Chéreau en octobre dernier qui devait y créer Comme il vous plaira de Shakespeare, le Tartuffe que présente Luc Bondy est plutôt une bonne surprise. (Nous avions été bien déçus par son Marivaux sans âme.)

Certains éléments, par souci sans doute d'économie, ont été repris de la création allemande du Tartuffe que Luc Bondy avait monté à Vienne en mai 2013, notamment la scénographie, qui frappe le spectateur dès qu'il entre.  Imaginée par Richard Peduzzi, elle est à la fois belle et intemporelle. Pièce de réception et de vie, pavée d'un sublime damier blanc et noir, bordée à deux endroits de lourds rideaux de velours colorés qui se ferment à l'envi, celle-ci a la froideur d'une cuisine et l'apparat d'un salon. L'espace, très vaste, ménage de multiples ouvertures sur les côtés et, par la présence d'un petit escalier, d'un balcon et une mezzanine, une percée sur des espaces plus intimes qui ne s'ouvriront jamais.
La mise en scène de Luc Bondy séduit avant tout par le parti pris choisi, celui de la comédie et celui d'une proposition très ouverte, sans psychologie appuyée, sans noirceur facile.  Par la lumière (Richard Peduzzi) qui englobe le spectateur quand la pièce commence, par les déplacements extrêmement naturels, par le réalisme des activités, par le placement dans l'espace, l'aveuglement qui détruit la famille est lisible sans qu'il soit besoin de le souligner.

Les comédiens, contrairement à ceux qui jouaient dans Les Fausses confidences, ont une présence incarnée. Est-ce parce qu'ils avaient été choisis précédemment par Patrice Chéreau? Gilles Cohen (Orgon) a la banalité dodue d'un tyran domestique, Micha Lescot (Tartuffe) la souplesse venimeuse d'une vipère à l'affût. Il faut citer également la finesse comique du jeu de Yannick Landrein (Valère), en un geste, une posture, il campe son personnage et fait rire; comme l'autorité moderne de celui de Françoise Fabian (Mme Pernelle). Clotilde Hesme (Elvire) illumine la pièce de sa présence lascive, sa grâce et sa sensualité évoquent celles de la troublante Delphine Seyrig.

Reste la diction du vers qui parfois est un peu malmenée et les entorses au texte qui ne se justifient pas vraiment...

http://www.theatre-odeon.eu/fr/2013-2014/spectacles/tartuffe



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