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Petits -et grands- arrangements avec la morale

Publié le 27 mai 2014 par Amaury Watremez @AmauryWat

4426169_3_783e_jean-francois-cope-pendant-son-interview-sur_1994dd055f1ac6c72d5cb3d0528c0107.jpg Les cris d'indignation des militants, des politiques Péhesse (Et Cahuzac ? Et DSK?), des journalistes et des citoyens sur le Réseau ou dans la vie face au scandale « Bygmalion » m'amusent quand même un peu car c'est notre société dans son ensemble qui se caractérise par des petits et des grands arrangements avec la morale, chacun se justifiant comme il le peut, généralement très mal. C'est amusant car on sait très bien que dans tous les « grands » partis dits « républicains » on trouvera certainement des irrégularités de comptabilité, d'aucuns disposant peut-être de fiscalistes plus compétents. Et puis c'est aussi un « écran de fumée » bien utile pour faire oublier la victoire du FN aux européennes...

Ce n'est pas que je dénie le fait que Jean-François Copé ait certainement une morale à géométrie variable, il ressemble en plus à ces canailles élégantes et policées des westerns de John Ford, mais ce n'est pas seulement l'UMP qui subit une crise morale mais la société dans son ensemble du fait de l'absence totale ou quasiment de projets de société justement qui aient une ambition, une vision d'avenir, qui se soucient du Bien Commun. Les institutions, les éducateurs, mais aussi les religieux pour beaucoup, ont complètement abandonné ces idéaux, se contentant de se comporter en gestionnaires, en entrepreneurs, et aussi du strict minimum.

Curieusement, ils n'ont jamais autant parlé de « projets » pourtant, ceux-ci se résumant à énoncer des bonnes intentions qui ne mangent pas de pain, des lieux communs qui n'encouragent surtout pas le citoyen consommateur à prendre des responsabilités ou s'engager, ou tenir compte simplement du voisin pauvre ou non.

Bien entendu, généralement, le citoyen consommateur de 2014 s'arrête là au « Tous pourris » englobant politiques et institutions croyant justifier par là sa paresse à aller voter, s'engager, à faire quelque chose, même un tout petit quelque chose, pour les autres, se laissant mener docilement par un système en train d'organiser cyniquement sa paupérisation pourtant, paupérisation qu'il est prêt à accepter si cela lui permet de consommer encore quelques temps les gadgets parfaitement inutiles que le système lui intime d'acheter.

De toutes façons, comme on lui répète partout que faire la morale c'est mal, c'est culpabilisant voire stigmatisant, l'individu lambda de notre temps s'arrange quotidiennement avec la morale lui aussi. Ce n'est pas de sa faute s'il a grillé un feu, quelqu'un l'appelait au téléphone à ce moment là il était bien obligé de répondre, ce n'est pas de sa faute s'il a oublié de déclarer la bagnole de sa femme aux impôts, il pensait sincèrement que ce n'était pas obligatoire et puis « allez tout le monde le fait », il a pistonné ses enfants pour un boulot pour la même raison, tout le monde triche, donc pourquoi se gêner ?

Etc « ad nauseam »...

Tout ce beau monde sait très bien qu'il va contre la morale dont il a encore une perception malgré tout, vague mais elle existe encore, et malgré quelques décennies de décervelage intensif libéral-libertaire avec l'aide enthousiaste des « idiots utiles » de « Soissantuite » et de ses scories. La personne intègre ou tout simplement honnête qui ne veut pas se compromettre, qui ne veut pas tricher, qui rend service gratuitement, est prise d'ailleurs, comme pour compenser ce que l'on sait être de la malhonnêteté, pour une idiote, une débile légère qui a bien tort de ne pas faire comme tout le monde.

Quant à moi ami lecteur loin de moi l'idée de moraliser, juste d'exprimer ma lassitude...

image dans l'édition de "le Monde" daté du 26 mai 2014


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