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Mais qu'arrive-t-il aux parisiennes ?

Publié le 22 juin 2014 par Amaury Watremez @AmauryWat

Un peu de futilité... (photo prise sur ce blog "hippie chic")

politique, société, paris, parisiennes, nostalgie, Amaury Watremez
Les idéologues se prenant au sérieux, les imbéciles se contentant de distiller leur vulgate et seulement cela, persuadés qu'elle apportera au genre humain bonheur et félicité même malgré lui et contre son gré, ne comprennent pas que les maux d'une société ou d'une système de pensée ne se voient pas dans les grands principes, les bonnes intentions mais sur les marges, dans les petits détails, tout ce qui paraît futile aux sots singeant la gravité qui est comme le disait Nitche qui n'a pas écrit que des conneries sur le surhomme (je parle de son fameux « manuel de cuisine sur-calorique pour les esprits forts » en vente dans toutes les bonnes librairies) est le bonheur des abrutis.

Je sais ami lecteur, j'aurais pu te parler aujourd'hui de sujets sérieux, profonds, t'entretenir de tout ce qui ne va pas dans ce monde sans queue ni tête mais est-ce le soleil qui semble être toujours au plus haut de midi comme dans la nouvelle de Pierre Gripari (s'appelant justement « Midi ») ? Est-ce cette langueur qui me vient quand il fait chaud, me ramenant instantanément en Terre Sainte, sur la grand-place de Jéricho ou à Nafourah non loin de la porte de Jaffa à Jérusalem, au « kheif », « l'art de ne rien faire » ? Mais il me semble alors que ce qui manque à cette société c'est justement ce que les sots disent être futile, sans importance, léger. La modernité a besoin de légèreté, elle est souvent bien trop lourde et bien trop premier degré.

Et pourtant, ce qui arrive aux parisiennes est, bien qu'une inquiétude légère, j'entends bien, des plus inquiétants ami lecteur. C'est un peu comme le manque de vin dans un repas, ainsi que le rappelait les deux auteurs de « anthologie de l'ivresse », excellent ouvrage, la phrase la plus dramatique au début de l’Évangile, c'est ainsi que la vie publique du Christ commence, c'est « ils n'ont plus de vin mon fils ».

Mercredi soir, alors que je me laissais aller à un petite ballade dans les rues de Paris, dans un des quartiers que je préfère, vers la Madeleine, j'ai senti passer au-dessus de moi comme l'aile d'une cruelle désillusion. Avant les jolies parisiennes, pléonasme, jetaient de temps en temps un coup d’œil amusé à leur amoureux d'une seconde' admirant leur féminité fugacement et parfois lançait une œillade sur l'air du "suivez moi jeune homme", il y avait un petit jeu très agréable qui même s'il ne durait jamais des heures ensoleillait toute la journée de l'homme sensible à la beauté, maintenant ces connes ont, presque toutes, le "smartefône" collé aux oreilles ou vissé à la paume des mains, textotant comme des folles à la terrasse des cafés avec la grâce d'épileptiques stressés comme si leur vie en dépendait.

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Auparavant, elles trouvaient très amusant d'aller manger un « falafel » trop gras dans le Sentier, de se retrouver dans un « bistro » des Halles à l'ancienne à trinquer en jupe droite et talons avec des prolos ou des oiseaux de nuit un peu louche, elles ne voyaient pas d'inconvénients à boire du bon vin au comptoir d'un rade obscur derrière une grande artère du Faubourg Saint-Antoine tenu par une ancienne arpenteuse du bitume. Rappelons que les artères de Paris le sont au sens propre car malgré tout, malgré le festivisme, malgré le pognon roi dans de nombreux quartiers il y a encore à Paris un cœur qui bat, charriant un sang puissant.

Elles étaient à leur aise au « Soleil » de Ménilmontant, Ménilmuche à se laisser lutiner, gentiment, par des algériens ou des marocains. Elles n'avaient pas de préjugés et ne sentaient pas obligés d'obéir aux diktats sociaux. Les parisiennes étaient partout chez elles, s'étourdir quelques instants méritait bien un ou deux accrocs à des bas « couture ». Et ces différents genre d'ivresses étant autant de voyages, ils méritaient bien des petits sacrifices avant de reprendre le dernier métro, se haussant pieds nus sur la pointe des pieds pour donner un dernier baiser sur le quai sentant l'ozone sous le regard d'une « cloche » que cela émouvait paternellement quelques instants.

Et parfois, quand il n'y avait plus de place dans les restaurants et trop de monde dans les cafés elles ne rechignaient pas à s'asseoir sous l'abri bienvenu d'une porte cochère goûtant la poésie du moment et de la rue. Maintenant, les parisiennes veulent de la nourriture « healthy », elles font toutes « attention » à leur ligne, sont toujours trop grosses alors que beaucoup déjà squelettiques et plus ou moins anorexiques obéissent aux admonestations sadiques de « designers » de mode qui haïssent les femmes. Elles continuent à aimer l'élégance mais ont maintenant des prétentions elles aussi au développement durable et au commerce équitable dans la mode. Et comme beaucoup elles ont en tête des mirages anglo-saxons.

Et pourtant, pourtant, je les aime encore ces parisiennes, surtout quand derrière le personnage qu'elles se construisent patiemment, je perçois la petite fille qu'elles étaient, leur enfance, leur authenticité, une expression ne serait-ce qu'une, bien à elles. Et je garde espoir...

image ci-dessus prise ici


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