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Les utopies encore en germe ?

Publié le 08 juillet 2014 par Amaury Watremez @AmauryWat

Ami lecteur, l'intérêt de s'être fourvoyé dans son orientation universitaire, envoyé en AES, moi un « littéraire » (tu te rends compte!) car pour mon conseiller d'orientation « sans maths on ne fait rien », c'est que j'ai cependant appris des choses qui me sont encore très utiles maintenant pour comprendre le monde, et en particulier le contenu des théories économiques et sociales dont nous subissons encore l'influence délétère maintenant.

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bustes ci-contre pris ici (site de the guardian)

Ces idéologies sont nées au XIXème siècle suite aux « Lumières » du désir de certains de changer le monde d'un trait de plume, ce qui est louable, et en passant l'être humain, ce qui l'est déjà moins, contre son gré même, ce qui ne l'est plus du tout, le tout à l'aide de théories globalisantes censées tout expliquer, y compris la complexité de l'être humain. Parfois elles naissent de la solitude d'un « vieux garçon », comme le « fouriérisme ».

Ces belles idées toujours pleines de bonnes intentions au départ puis après oublient toujours cette variable pourtant fondamentale : la nature humaine marquée surtout par l'avidité et l'égoïsme, à quelques exceptions près et notables ayant su lutter contre.

Rappelons aussi qu'ils semblent oublier que l'utopie suppose l’acquiescement de toute la population pour être construite ce qui est rigoureusement impossible à obtenir, ou du moins ce qui l'était. En effet, les dictateurs du début du XXème siècle, qui enfermaient dans des camps leurs adversaires (le nazisme étant ainsi que le rappelle Arendt une émanation du capitalisme) ou les massacraient en masse en goulags, n'avaient pas les moyens de communication énormes qui permettent maintenant aux vrais dirigeants, je parle des dirigeants économiques, de nos démocraties de progrès de conditionner sans médication extrême ni le secours de torture ou d'emprisonnement l'individu moderne en lui laissant l'illusion, ruse suprême, qu'il décide souverainement de son existence.

Deux de ces idéologies vivent encore de nos jours et sont plus vivaces, malheureusement, que toutes les autres :

pulpliberalisme03.jpg

Case ci-contre prise ici sur le "plus du nouvel obs"

Le libéralisme ; du plus « soft » au plus dur et le marxisme dans ses diverses variations encore existantes. Pour beaucoup encore maintenant, les deux Fois idéologiques, car c'en est, s'opposent rigoureusement alors que si on relit Adam Smith, le père du libéralisme, un des derniers stades vers l'utopie enfin réalisée, la richesse à la fin devant retomber (en pluie?) sur tout le monde, selon lui, ressemble beaucoup au communisme tel que décrit par Marx dans « le Capital ».

Quand on oppose aux tenants de ces théories les faits qui montrent l'échec patent de leurs théories, ceux-ci ont pris pour habitude maintenant de répondre assez abusivement que en fait ni le libéralisme ni le marxisme n'ont encore été réellement appliqués encore sous une forme acceptable. Certains libéraux vont même jusqu'à prétendre sans rire que la France, ce pays soumis à la mondialisation un peu plus chaque année, est digne de la Corée du Nord.

Ils s'en aperçoivent généralement quand les conséquences de la mise en place de ces idéologies sont mises en lumière par les historiens et les observateurs un tant soit peu lucides ; ainsi le stalinisme n'avait rien à avoir avec le communisme, les massacres de Pol Pot étaient surtout causés par le nationalisme des khmers rouges ; peut-être Chavez trouverait-il encore un peu grâce à leurs yeux, il a l'avantage d'être mort et de ne plus rien gouverner d'où il est, on peut ainsi l'idéaliser, et ce malgré la pénurie au Venezuela, due aux « vipères lubriques » capitalises c'est certain, et ce malgré les privations de libertés que subissent les adversaires politiques du grand homme, des fous, c'est évident !

Le Net a donné un regain d'intérêt à leurs ratiocinations de tétrapiloctomeux : un enrobage musical, des photos choc, des phrases-slogans qui flattent l'internaute égaré dans le sens du poil que celui-ci soit un « geek », un « nerd » ou un bureaucrate qui s'emmerde dans son « open space ». Certains tombent dans le panneau pour la même raison que tout ce qui fait le « buzz » sur le « Web » : donner d'eux une image flatteuse, au fond les idées ils s'en foutent.

Une troisième idéologie semble émerger en ce moment, issue des courants les plus libéraux-libertaires, une idéologie post-humaniste poussant à mettre en pratique une transformation effective de l'être humain par la science, quitte à le marchandiser, les affaires sont les affaires et quitte à ce que cela ne profite qu'à quelques uns ce dont ils se fichent complètement se partageant le monde plus ou ou moins secrètement sur le dos des peuples.


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