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Desproges à la fac ?

Publié le 04 août 2014 par Amaury Watremez @AmauryWat

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image ci-contre prise ici

Les imbéciles aiment beaucoup célébrer dithyrambiquement les comiques morts : Raymond Devos, Guy Bedos, Anne Roumanoff, Coluche ou Pierre Desproges dont les horreurs qu'il a pu dire, à commencer par son sketch sur les juifs dans le deuxième spectacle du Grévin, remuent encore les intestins fragiles des arbitres des élégances intellectuelles et politiques de nos jours. Ainsi ce journaliste de « Le Monde » qui il y a quelques mois encore nous disaient bien que « oui bon c'est de la dérision mais enfin quand même il exagère un peu » sans parler de ces spécialistes de l'esprit positif de mes deux qui fait que des gosses de quinze ans en 2014 parlent comme ma grand-mère, ne supportent plus, eux et leurs parents, l'ironie et que l'on tourne en ridicule leurs émois de post-pubertaires et adulescents narcissiques et immatures.

Les comiques morts font moins peur, ils ne seront plus là pour ridiculiser l'imbécile qui dira « Ah il nous manque, il nous faudrait un … rajouter le nom que vous voulez » ce qui le dispense lui de faire preuve d'insolence et d'irrévérence. Les universitaires et les « ronds de cuir » intellectuels ne sont pas différents. Ils sont comme le bourgeois, ils ont la trouille que le rire hénaurme emporte leurs certitudes et arrache le peu de dignité qui leur reste, dignité qu'ils estiment bien à tort inattaquable. Ils préféreront citer Bergson et « le Rire » (pour s'endormir c'est mieux que l'Annuaire du Vaucluse, après deux pages on décroche, pour paraphraser monsieur Cyclopède lui-même).

C'est un article de monsieur Ajavon paru suite à la parution de ce livre : « Je suis un artiste dégagé » Pierre Desproges : l’humour, le style, l’humanisme, Éditions rue d’Ulm, 2014, monsieur Ajavon étant un desprogien avisé et compulsif (comme votre serviteur), amateur de Vialatte (la grâce du très Haut soit sur lui), qui m'a donc averti de l'entrée de Desproges à l'université, parmi les z-élites. Et ainsi qu'il semble le suggérer, monsieur Ajavon pas Desproges, cela prêt à rire doucement comme cela aurait doucement fait rigoler l'intéressé qui à mon avis s'en serait foutu complètement, l'important pour lui n'étant pas la consécration reçue des z-élites, mais de découvrir avec des amis le parfum et le goût d'un bon vin dans un flacon de Bourgogne ou de Bordeaux, de gâter ses filles et de rire avec avant qu'un imbécile de crabe ne lui mette une bonne fois pour toutes le grappin dessus.

Le rire est quelque chose de trop sérieux pour être confié à des z-intellectuels qui vont en fait aussitôt un truc sinistre, imbuvable, desséché car au fond l'humour ne s'explique pas, et encore moins l'humour desprogien qui consistait à contre-péter aux portes des cimetières et des charniers pour se payer la tête de la bêtise et la violence. Le rire de Desproges particulièrement échappe à ces esprits forts car il est totalement dégagé de l'esprit de sérieux, de ce besoin de gravité qui ainsi que le rappelait Nitche à moins que ce ne soit mon beau-frère est le bonheur des imbéciles. Le crétin aime bien se donner l'air grave, ça le console...

Desproges lui-même dans « criticons » une des « Chroniques de la haine ordinaire » où il évoque un de ces purs esprits critiquant avec mépris « les Ripoux » de Zidi, considéré par ce journaleux comme un « simple divertissement », avait lui-même ridiculisé ces exégètes de la blague qui font la fine bouche devant ce qui les fait rire, considérant, les sots, que s'ils rient ils se dévaloriseront entièrement, donneront d'eux une image tellement moins flatteuse que celle qu'ils s'imaginent voir dans leur miroir, qu'il faut qu'ils rajoutent des prétentions à la rigolade pour que ça passe. Il faut forcément qu'il y ait dans les textes de Desproges des intentions que ces cerveaux es qualités peuvent s'approprier, il faut qu'il y ait un engagement, une démarche merde quoi, que ce soit socialement utile. Ils ont dédaigné ses sketchs à la télévision et, ou à la radio, ceux-ci étant du spectacle destiné à la populace grands dieux, ma chère mais vous n'y pensez pas, ça ne se fait pas d'apprécier un artiste qui était populaire ! ?

Et Desproges l'était, « les Flagrants Délires » était une des émissions les plus écoutées de la radio, sans parler des pastilles de « Monsieur Cyclopède » qui rameutaient après « les Jeux de Vingt Heures » la « moitié d'imbéciles » qui aimaient ça et « l'autre moitié qui détestait » dixit son créateur lui-même. Quant à Corbiniou, ancêtre dudit donneur de bons conseils il apparut dans « L'Ile aux enfants »...

« Quant à ces féroces universitaires, je le dis, c'est pas pour cafter, mais y font rien qu'à péter dans la soie dans nos campagnes... »

Ci-dessous écoutons plutôt les bons conseils d'un vrai professeur et revoyons non sans délices l'interview d'Edern Hallier par Desproges et Prévost 


Jean-Edern Hallier, Desproges et Prévost par 999aizen666


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