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Hommage à Robin Williams

Publié le 12 août 2014 par Amaury Watremez @AmauryWat

En France, faire rire c'est mâââl, en plus abomination de la désolation, faire rire c'est po-pu-laire (à prononcer du bout des lèvres comme une chose « sale ») ! Ne vous rendez-vous donc pas compte ma chère ? On accepte à la rigueur le comique qui fait comme Coluche « son » « Tchao Pantin », ce qui le légitime, alors que tous les comédiens le disent, jouer la tragédie est beaucoup plus facile à jouer que le comique. Coluche d'ailleurs avait donné sa « recette » de son jeu dans ce film, il fumait un « joint » d'herbes exotiques avant chaque scène...

image prise sur le site du "Guardian"

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Ou alors c'était une autre manière de ridiculiser le parterre de prétentieux mondains le célébrant aux « Césars ».

Alors certes il y a les humoristes gras et, ou vulgaires qui n'ont pas une once de vrai talent, pas de profondeur et qui ne font qu'encourager les imbéciles à leur médiocrité, les humoristes morts ou pas, Guy Bedos, Anne Roumanoff, Jérémy Ferrari faisant dans « la dénonce » citoyenne et le pseudo sociétal, et il y a ceux qui sont drôles car leur humour est vraiment la politesse du désespoir face à un monde marqué par la sottise, la violence, la bassesse et les instincts vils d'êtres humains pitoyables primates pourtant virtuellement capables du meilleur.

Robin Williams a fait « son » propre « Tchao Pantin » pour lequel il a été reconnu en France par la critique « kipense » : « le Cercle des poètes disparus », beau film certes mais recelant malgré tout une deux scènes putassières et gênantes : comme le suicide du jeune Nate, son père refusant qu'il fasse du théâtre. Je le préfère largement dans « Good Will Hunting » dans ses dialogues avec le jeune Will où il laisse éclater toute son humanité, et même dans des « nanars » de seconde zone où les moments où il apparaît valent la vision de ces navets infâmes dont un « beach movie » dégénéré d'Harold Ramis pré « Un jour sans fin », chef d’œuvre d'humour et de finesse.

Avoir le sens de l'humour, et donc de la dérision, c'est tout ce qui reste face à une société et un monde qui n'ont plus vraiment de sens, dans lesquels les individus refusent de réfléchir, voire de vivre sereinement en profitant de chaque seconde, de chaque minute avec ceux qu'ils aiment. Rien ne compte que leur image, leur apparence sur le Ouèbe, le personnage qu'ils jouent. Il n'y a guère que les imbéciles qui sont il est vrai légion pour se parer autant de gravité et de sérieux, eux savent, eux pensent, eux comprennent tout. Attention, les banalités qu'ils ont à dire comptent, d'autant plus maintenant qu'elles sont visibles sur le Net ! Elles ne sont pas écrites sur du sable, effacées sitôt la marée redescendue.

L'imbécile n'a pas le sens de l'humour, il met en relief sa médiocrité, il se moque de ses certitudes. On comprend qu'il n'apprécie pas que l'on tourne en dérision sa bêtise...

Comme beaucoup d'artistes et de créateurs de formes, Robin Williams soignait son mal-être, on le comprend c'était le début des années fric, les années 80, son trop-plein de sensibilité au monde avec de la dope en quantité et beaucoup d'alcool ce qu'il arrêta juste après avoir vu son copain John Belushi lui proposer de se jeter tête la première contre un mur : « Tu verras c'est marrant » et mourir quelques jours plus tard d'overdose. Et comme tous les pseudo-dilletantes c'était un bourreau de travail. Et il s'est tué car certainement trop de choses étaient devenues insupportables...

Plutôt les berner et s'en moquer une dernière fois, comme Dino Risi...


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