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On dirait presque le Sud... - chroniques d'un « parisien » exilé dans le Sud

Publié le 28 août 2014 par Amaury Watremez @AmauryWat

"Presque" car le vrai Sud n'est pas le Sud rêvée de la chanson de Nino Ferrer...

photo ci-dessous prise ici

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Entendant ou lisant que je partais pour mon affectation de CAPES à Pamiers dans le Sud, non loin de Toulouse, sanction plus ou moins bien déguisée du fait de ce blog « impertinent » que tu est en train de lire ami lecteur (attention tu prends un risque) beaucoup de mes interlocuteurs se lancèrent aussitôt dans un panégyrique grandiloquent de ces régions, tellement ceci, tellement cela avec des arguments et « clichés » de « créatifs » pour publicité pour jambon sous vide tellement authentique malgré le cellophane.

Alors certes, la région est esthétiquement magnifique il faut bien avouer mais on est très loin des clichés sur le Sud tellement plus « simple », plus sympathique, plus proche des autres, accueillant et sans prétentions, avec le « Rrugeueubi » et ses « troisième mi-temps », ses « nail saloon for elegance and beauty », ses « fêtes pour les jeunes », ses cafés avec les vieux fainéants qui y traînent toute la jounée (payés par le syndicat d'initiative ?) dans le genre de « la partie de cartes » de « Marius » de Pagnol, ses gamins torse nu ou pas autour d'une « mob » à glander au soleil...

En outre, c'est une chose de partir dans le Sud en vacances, c'en est une autre fort différente d'y travailler et d'y subir parfois une routine.

On dit le Sud plus décontracté, plus indolent, mais j'ai trouvé en gare de Toulouse par exemple que l'on y fait beaucoup plus attention aux règles communes et à la discipline administrative qu'ailleurs. Ainsi à « Paris » (Paris dans le Sud, c'est tout ce qui est au Nord de la Loire), quand on fait la « queue » quelque part, chacun même assis non loin fait attention à sa place dans la file et personne ne songerait à outrepasser ses droits malgré tout, à Toulouse il y a besoin d'une machine distribuant les tickets d'attente et gare à celui qui ne respecte pas l'ordre de passage. Il se fera vertement corriger.

Ce qui est amusant est que ce côté très pointilleux sur la discipline va de pair avec une sorte de comédie du « j'm'en foutisme ». Il faut absolument avoir l'air de sr foutre de tout. Et finalement on s'aperçoit d'une certaine uniformisation des coutumes et comportements, les « jeunes », « avé l'assent », sont comme partout ailleurs surtout préoccupés de posséder le dernier « smartefône » à la mode », des tribulations des « vedettes » a-cérébrées de la téléréalité et de faire le « beuze » pour les raisons les plus débiles possibles sur « fessebouc » (TM°).

Derrière les sourires « grands comme ça » et les protestations de « simplicité » à la « Jean de Florette » et « Manon des Sources », pour faire « lothentique » ainsi que le dit Ugolin dans le livre de Marcel Pagno, on sent une certaine dureté voire une dureté certaine et une fermeture d'esprit totale à tout ce qui n'est pas de la région et tous ceux qui ne sont pas du coin, ce qui n'est certes pas l'apanage en province de cette partie de la France tu me diras cher lecteur. Et bien sûr comme dans toutes les régions où le tourisme est un peu développé, cela n'empêche pas de prendre quand même l'argent du méchant « parisien » forcément stressé, forcément « prétenssieux » ; au mieux en apprenant que vous venez de Paris vous sortira-t-on le refrain habituel bien connu depuis nos arrière-grands mères, voire avant (depuis que Lutèce a été construite sur l'île de la Cité) :

« Paris c'est beau, j'aimerais bien visiter mais je ne pourrais pas y habiter car les gens y sont trop stressés et pis y sont trop vaniteux ». Ce à quoi, si vous êtes connu un peu dans le bled, on rajoutera : « Mais toi c'est pas pareil »...

Il va sans dire que je n'ai dit à personne que je venais de Paris, Paris que j'aime (ce qui est incompréhensible pour 99,99% des provinciaux qui détestent un peu plus Paris maintenant qu'auparavant) non pas car je suis plus prétenssieux ou vaniteux, ou arrogant, ou méchant, mais parce que ce sont tout simplement mes racines, mon « chez moi ». Et bien sûr, si l'on a toujours quelque chose à dire sur les « vilains » « parisiens » il n'en reste pas moins que leur pognon est quand même bon à prendre, surtout en pleine saison « touristique » où bizarrement ils ont tendance à augmenter d'un coup, comme dans toutes les régions de passage françaises il est vrai.

À suivre...


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