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Balzac : Le Colonel Chabert, 1832

Par Mmediene

Balzac : Le Colonel Chabert, 1832

Chabert, laissé pour mort lors de la retraite de Russie, réapparaît à Paris et veut récupérer sa femme devenue Mme la comtesse Ferraud.

Le romancier, le maître du temps. On voit dans Le Colonel Chabert les débuts de Derville, comme nous verrons dans La Femme abandonnée (1832) la fin d’une histoire racontée en son début dans Le Père Goriot (1834-1835).

Se reporter, dans Ferragus, au passage « Toute femme ment. »

Le mensonge est une nécessité pour certaines femmes. Elles s’y adonnent innocemment d’abord, puis l’habitude s’installe. Le mensonge demande un certain art, une mise en scène.

Mme Ferraud, comme Mme d’Espard (elle ne veut pas saluer ses enfants dans la rue pour paraître plus jeune que son âge), est une femme sans scrupule : elle détruit, avec beaucoup de sang froid, socialement et moralement son mari, le colonel Chabert. Elle a 30 ans. Elle est cruelle, manipulatrice et capable de maîtriser les armes de la société moderne : l’intrigue et la chicane. Elle ment avec un aplomb sans faille qui provoque la colère de Chabert le juste.

Chabert est exilé dans son propre pays et interdit de séjour dans son propre foyer. Il est dépouillé de tout, on lui refuse son existence même, le nom.

Chabert constitue un cas remarquable : il s’abandonne lui-même au malheur, il fait jouer une sinistre justice. Mais qu’a-t-il fait de mal ? Peut être tout le mal. Car il n’a jamais regardé au-delà de l’extrême violence, et encore commandée.

Pouvait-il sauver sa femme ? Non, car il savait d’où il l’avait prise : le trottoir où elle se prostituait. De là où elle était parvenue avec son second mariage, il ne pouvait plus que la tirer vers le bas. Il le comprend. Il éteint ses pensées, son amour même. Par amour ? Il ne le sait pas. S’il savait, il ne pourrait pas.

La comédie de l’idiot qu’il joue sur le chemin de Bicêtre est tragique.

L’homme de loi, Derville ici, tient le rôle de substitut du romancier : il a « le don de seconde vue ».

L’avoué Derville dit la même chose que le forçat Vautrin : hypocrisie et crime sont le lot de la société moderne.


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