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La rupture par l’innovation technologique est-elle un mythe ?

Publié le 04 novembre 2014 par Yann Gourvennec @ygourven

La rupture par l’innovation technologique est-elle un mythe ? Tel était le thème de la soirée social drinkup d’Adobe de fin septembre, que nos lecteurs connaissent bien. Quel rôle va donc jouer l’innovation dans le marketing d’aujourd’hui a dit Olivier saint léger dans son introduction ? S’agit-il d’une réelle valeur ajoutée ? Cette accumulation de nouveautés technologies peuvent elles avoir un impact et une valeur pour le marketeur. Les mariages peuvent elle capter de nouvelles audiences ? Fidéliser des clients et surtout … L’investissement en compétences est-il nécessaire ? Cette conférence a aussi été l’occasion de se poser la question fondamentale de savoir si l’innovation technologique du 21ème siècle n’est pas – un tant soit peu – surévaluée. C’est bien là que nous a emmené notre ami et confrère Frédéric Cavazza avec son brio habituel.

Ne pas parler de Smartphones, mais parler d’innovation

C’est ainsi que Frédéric est rentré dans le vif du sujet, dès la première minute : “on ne va pas parler objets connectés ou smartphones mais parler d’innovations qui pourraient avoir un impact pour des directeurs marketing” a-t-il prévenu. Voilà qui était fait pour nous plaire ainsi qu’à nos lecteurs de Visionary Marketing.

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Frédéric Cavazza nous oblige à regarder plus haut que l’écran de nos Smartphones Gartner a livré un travail remarquable avec le hype cycle a rappelé Frédéric Cavazza mais « je n’y trouve pas mon compte” nous précise-t-il. Il a donc établi un panorama d’innovations qu’il nous a décrit lors de cette conférence :

La 3D et les interfaces 3D

Il y a d’un côté les produits très médiatisés comme les Google Glass « qui ne sont rien d’autres qu’un outil de projection” a-t-il indiqué, et d’autre part, « les masques d’immersion 3D qui vous projettent dans des environnements multidimensionnels qui sont très impressionnants” a précisé Frédéric en témoignant de sa propre expérience.

Les interfaces innovantes (IHM)

Il y a ensuite les IHM innovantes comme le Lip motion, l’interface gestuelle, corporelle et même neuronale (la plus futuriste). Il existe des vidéos où on voit des actions bien isolées par la pensée nous indique Frédéric Cavazza, et je me souviens pour ma part de la première souris bougée d’ordinateur par la pensée en Angleterre en 1993 ou 1994. De quoi se redemander pourquoi les innovations qui sont censées aller si vite à notre époque vont si lentement.
Innovations 2014 : synthèse et opportunités from Frederic CAVAZZA

Interactions locales

Encore une nouveauté assez dans le vent, avec les balises de proximité avec des trackers de 15 à 30$ qui permettent de dialoguer avec des téléphones portables soit pour y lire des informations ou leur pousser des informations. On connaît tous les fameux ibeacons et il est un fait qu’un nombre croissant de commerçants s’intéressent à ces technologies pour les mettre en œuvre sur le terrain.

Les interfaces sans contact

« On nous les promet depuis longtemps” a prévenu Frédéric, « mais maintenant on a avec l’iPhone6 d’Apple, un mode de paiement qui est enfin en phase avec la législation” et surtout qui mettra ce mode de paiement à la portée du plus grand nombre. Ce qui est intéressant cependant, c’est de rappeler que Samsung – avec le Galaxy S4 – avait déjà introduit le NFC dans les téléphones il y a plus d’un an, mais que force est de constater que rien ne s’est passé de concret sur le terrain. En matière de paiements mobiles, nous nous échauffons régulièrement sur ce blog depuis au-moins 2007 sans voir véritablement la révolution annoncée se produire. Et si la véritable innovation consistait à utiliser les technologies déjà disponibles et d’en faire quelque chose d’efficace et d’intelligent ?

L’internet des objets

« On nous bassine avec le nombre d’objets connectés” selon Frédéric Cavazza. Mais il faut surtout retenir qu’il y a plusieurs types d’objets :

Intelligence artificielle

Ah la bonne vieille intelligence artificielle ! Enfant naturel de Kurt Vonnegut (Player Piano 1952), ils ont peuplé ma jeunesse informatique à la fin des années 80 (on la regardait déjà comme prometteuse, mais elle n’intéressait pas grand monde). Mais tout change, enfin, avec les assistants virtuels (surtout Google sur Android avec son Google Today qui avait cependant une fâcheuse tendance à disparaître de mon téléphone de temps en temps et à réapparaître à d’autres moments. C’est vrai que quand ça marche, c’est bluffant). « Ces agents intelligents peuvent faire des choses intéressantes dans le trading par exemple pour travailler à notre place” nous prévient Frédéric. On en tremble par avance. Amis des Krach, préparez-vous… Il y a également des systèmes auto-apprenants : deep mind, vicarious … j’en oublie sans doute. On pourrait aussi citer le machine learning dans le domaine des Big Data.

Ce qu’il faut retenir de l’innovation et de ces « ruptures »

« On peut relier ces innovations et au travers des filtres voir que certaines sont ou ne sont pas intéressantes” a décrit Frédéric en fournissant une série de tableaux (voir les slides) fort intéressants. « Le potentiel disruptif peut été déterminé au travers de plusieurs critères car toutes les innovations ne sont pas au même niveau ». Si l’impression 3D est mûre, l’intelligence artificielle pas encore. On peut d’ailleurs s’en réjouir, je ne m’en prive pas. « Il faut aussi être capable de regarder ces technologies en fonction de leur courbe de maturité” ce qui rejoint aussi certains de nos travaux dans nos livres Kawa. Screenshot 2014 11 03 13 24 55 Par où commencer ? Il suffit de lire la dernière planche de la présentation (ci-dessus). Le descriptif “n’est pas exhaustif mais donne une idée et permet de ne pas perdre de temps” a précisé Frédéric.

En innovation, il faut savoir se hâter lentement

Car voilà la méthode, en innovation, comme en politique, il faut savoir se hâter lentement (Festina Lente aurait dit Auguste). « il faut prendre son temps, l’innovation bouge vite mais il faut surtout faire attention aux usages et se concentrer sur le parcours client qui pourrait prendre en contre toutes ces innovations” nous rappelle sagement Frédéric Cavazza. Celui-ci conclut en nous disant qu’il « n’aime pas le terme transformation digitale et préfère la notion de transition numérique (il ne fait pas laisser des gens derrière soi et il faut travailler sur les mentalités; il n’y a pas de clients réels et virtuels, uniquement des clients”. On force la main à l’utilisateur comme avec le paiement sans contact par exemple, mais il n’est pas sûr que cela marche. Une remarque pleine de sagesse que beaucoup devraient apprendre à méditer ; la quatrième révolution industrielle n’est pas encore là … vraiment pas ! Pour aller plus loin : > l‘article de Michael Tartar sur la présentation de Frédéric Cavazza au social Drinkup > l‘article de Frédéric Cavazza sur le même sujet

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