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Amende honorable pour Évreux

Publié le 10 novembre 2014 par Amaury Watremez @AmauryWat

913834-jardin-botanique-d-evreux.jpgimage du jardin public prise sur ce site l'internaute

Il m'a fallu près de deux mois pour y arriver, deux mois loin de mon « chez moi » que j'avais déjà trouvé sans le savoir alors que je le cherchais ailleurs, dans des endroits extraordinaires, lieu que je rêvais. Ce n'est pas très long ces deux mois en soi, certains mettent toute leur vie à le découvrir et se leurrent jusqu'à leur mort. Il est des natures qui ne savent pas être heureuses, qui ont peur du bonheur, qui désirent ce qu'elles n'atteindront jamais de par cette angoisse qu'elles ont au ventre. C'est humain en somme.

Ce ne sont pas le seuls, les spécialistes du « travail du négatif », la plupart des primates lamentables, des grandes personnes s'imaginant être raisonnables qui se traînent sur cette boule de glaise, se leurrent ainsi...

Il m'a fallu ces presque huit semaines dans une métropole méridionale exemple de la « mondialisation heureuse » ou se voulant telle, Toulouse, où les nationalités et les origines, les religions et les cultures se mélangent dans un « grand tout » sans forme, un groupe bien vague. Ce n'est qu'un décor de théâtre frelaté, sans âme, de la comédie vaguement humaniste. Certes, toutes les origines issues de la « diversitude » s'y mélangent apparemment sans heurts, mais ce n'est qu'en troupeaux de consommateurs hébétés flânant des heures dans les centres commerciaux géants en bordure de ville.

A Évreux, petite ville de Normandie, une petite ville un peu perdue entre Rouen, Caen, et Paris, trois capitales régionales toutes proches, les habitants manquent parfois un peu d'ouverture, ils sont un rien méfiants. Mais il y a encore une identité, et en particulier une identité française marquée où l'équilibre des relations entre chacun est encore un tout petit peu un idéal, y compris pour les nouveau arrivants qui tentent de le respecter eux aussi, qui y tiennent même s'il en est qui bien sûr voudraient bien en finir avec l'histoire et la culture communes aux provinces et à Paris.

Évreux est préservée encore de tous ces dégâts, encore paisible, éloignée de ce salmigondis syncrétiste très vague même si petit à petit, elle devient comme ces sous-préfectures qui sont autant de non lieux sans âme, son centre mourant à petit feu par suite de décisions politiques hasardeuses de « seconds couteaux » parachutés entre deux vacances de « maroquin » ou de « ronds de serviette » à l'assemblée.

A Toulouse il est midi presque toute l'année, le ciel est d'un bleu piscine presque constamment, il fait beau comme dans les publicités et les films commerciaux hollywoodiens, un beau temps de cauchemar climatisé et ripoliné. A Évreux, il y a des saisons, des jours plus frais, plus gris, des feuilles rousses sur le doux tapis des petits jardins encore protégés dés la mi-septembre. Et le « mondialisé heureux » se sent encore plus enclin à la docilité sans remords, à la soumission consommatrice, à l'esclavage envers les gadgets électroniques parfaitement inutiles qu'on lui enjoint d'acheter absolument pour être considéré dans cette société bien dégoûtante en elle-même.

L'esclave consumériste aimant fantasmer sur les rayons sans fin déteste la pluie, les nuages et le ciel parfois un peu gris, cela le rend triste se dit-il et lui fait considérer la vacuité de ses aspirations avec un tout petit plus de lucidité. La pluie l'incite à l'introspection, à réfléchir sur lui-même, et il déteste cela. Comme il n'en a pas l'habitude, cela lui semblera presque anormal. Dans les petites villes qui ne sont pas des « villes-mondes » selon le terme d'Anne Hidalgo, qui parlait de Paris Pantruche, des endroits préservés comme Évreux, il s'ennuie, il ne sait pas comment occuper ces moments seulement pour lui-même, il ne sait pas être seul, il préfère la foule, elle le rassure.

Après tout tant mieux, ces endroits encore un peu paisibles restent préservés quelques temps encore...


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