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Bassin miné au Zola le 9 Décembre

Publié le 07 décembre 2014 par Journal Cinéphile Lyonnais @journalcinephil

Mardi 9 Décembre à 20h30, au cinéma le Zola, projection du film Bassin miné suivie d’un débat animé par la Ligue des Droits de l’Homme.

Toutes les informations pratiques sur le site du cinéma  Le Zola

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Bassin Miné
Réalisation : Édouard Mills Affif
France, 2014, Documentaire, 1h18

Synopsis : « Bassin miné » est l’histoire d’un infatigable bateleur, présent sur le terrain 7 jours sur 7. Le récit d’une ville du Nord de la France qui s’est donnée au Front national au premier tour des élections municipales de mars 2014. La chronique d’une victoire annoncée vécue de l’intérieur, du point de vue des perdants (ou des résistants, question de point de vue). C’est aussi un long voyage aux racines de la désespérance d’un peuple, d’une terre de gauche blessée.

Un film de décryptage sur la stratégie de conquête du FN à Hénin-Beaumont, dans l’ex-bassin minier du Pas-de-Calais. Une ville surmédiatisée, présentée par les médias comme le fief de la leader du Front national, Marine Le Pen, son laboratoire.
Depuis douze ans, qu’Édouard Mills-Affif filme l’ascension de Steeve Briois, le nouveau maire, il en a tiré un point de vue singulier fondé sur une perspective historique et des images qui dévoilent la face cachée du FN. Récit d’une méthodique conquête politique sur une décennie.

EDOUARD MILLS-AFFIF PARLE DE BASSIN MINE

En 2003, Edouard Mills-Affif, documentariste, était le premier à témoigner de la percée du Front national dans le bassin minier (Pas-de-Calais), une terre de gauche blessée devenue un terrain de chasse idéal pour l’extrême droite. Au pays des Gueules noires : la fabrique du Front national  (52’) pénétrait dans les coulisses du laboratoire de Steeve Briois et dévoilait la face cachée de la stratégie de « dédiabolisation » chère à Marine Le Pen. Avec Bassin miné , le réalisateur entend poursuivre ce travail de décryptage, à l’occasion des prochaines élections municipales, qui pourraient voir Hénin-Beaumont basculer du Parti socialiste vers le Front national. Le récit, sur une décennie, d’une méthodique conquête politique.

« Avec ce film, nous désirons nous engager sur cette voix étroite, consistant à éviter à la fois les pièges du documentaire militant, du film de combat anti-FN, caricaturant les personnes filmées et diabolisant « l’ennemi », et les pièges de la chronique dite « objective » qui, à trop vouloir respecter le principe de neutralité, risque de basculer dans une complaisante empathie à l’égard du Front national, en l’absence de contrepoint et d’un point de vue explicite.

Ce film a pour décor Hénin-Beaumont, petite ville de 26 000 habitants, devenue célèbre pour être le laboratoire du Front national, le «fief de Marine Le Pen», comme l’ont surnommé les médias.

Si la direction du Front national a fait d’Hénin-Beaumont sa vitrine, c’est tout simplement parce que c’est l’un des rares endroits en France où il est véritablement un parti d’élus de terrain et de militants, implanté dans tous les recoins de la vie locale. La seule ville de France où le FN est le parti populaire dont rêve Marine Le Pen. C’est la raison pour laquelle les journalistes ont été systématiquement aiguillés depuis dix ans vers Hénin-Beaumont, la vitrine au miroir déformant, le monde enchanté du FN !

En 2003, j’avais filmé pendant plusieurs mois l’activisme militant d’un jeune conseiller municipal FN, alors inconnu. Un certain Steeve Briois, infatigable bateleur, présent sur le terrain sept jours sur sept, 365 jours par an.

En quête de notoriété, Steeve Briois et Bruno Bilde, son conseiller de l’ombre, avaient accepté de m’ouvrir les portes de leur laboratoire. J’ai donc pu filmer leurs méthodes, au jour le jour. Sans m’imaginer alors que ces techniques d’implantation et d’enracinement local, serviraient aujourd’hui de référence dans les stages de formation des cadres du FN.

La force de ce modèle est d’associer d’un côté le militantisme de terrain, dans la pure tradition du Parti communiste, et de l’autre, les techniques du marketing politique, des « plans médias » et de la propagande moderne. Un prototype que les frontistes estiment reproductible partout ailleurs en France.

Je suis revenu à Hénin-Beaumont une seconde fois, lors des législatives de 2012. Je décidai de changer l’axe de ma caméra, en me mettant, cette fois, du côté des résistants au FN.

Je voulais rendre visible cet angle mort médiatique, constitué par tous les Héninois anti-frontistes. Cette moitié-là, pourtant encore majoritaire, n’a étrangement jamais voix au chapitre, seuls les anciens électeurs communistes et socialistes, ayant basculé vers le FN, suscitent la curiosité des journalistes. Hénin-Beaumont n’est pas « facholand », ce n’est pas le « fief de Marine Le Pen » qui n’a, pour l’heure, jamais emporté le moindre scrutin local.

Dix ans plus tard, Steeve Briois avait pris de l’embonpoint et des allures de notable. Conseiller municipal et régional, il s’est hissé au sommet de l’appareil frontiste. Membre du bureau politique, depuis 2007, propulsé secrétaire général du FN, en 2011, il fait désormais partie de la garde rapprochée de Marine Le Pen.

Je suis retourné une dernière fois à Hénin-Beaumont pour filmer la campagne des municipales. Avec pas moins de cinq listes concurrentes à gauche, dont celle deGérard Dalongeville (l’ancien maire socialiste, condamné, en août 2013, à trois ans de prison ferme pour détournement de fonds publics) et une droite quasi inexistante, Steeve Briois le candidat du Front national était donné comme le grand favori pour rafler ce bastion socialiste depuis 1953. Il l’a remporté dès les premier tour ! »  Edouard Mills-Affif


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