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Le scandale bien rodé autour de Houellebecq

Publié le 07 janvier 2015 par Amaury Watremez @AmauryWat

à propos des réactions autour de « Soumission » de Houellebecq

couverture empruntée au site de Libération

littérature, Houellebecq, politique, société, amaury watremez

dédié à Ali Baddou qui n'est pas la moitié d'un con et un critique aussi nul que Mazarine Pingeot

Finalement, ils sont très peu à avoir lu « Soumission », moi non plus d'ailleurs, mais la plupart des critiques officiels et des trou du cul pompeux habituels en font des gorges chaudes car ce livre remet en question gravement leur vision idyllique d'une mondialisation bien sûr heureuse (« tu 'ois je veux dire mais les pays, les nations, toussa c'est mort »). La réaction d'Ali Baddou, de « culture » musulmane, (mais pas de « religion »? Je trouve cette expression « culture musulmane », d'un grand esprit « faux Q »), jugeant ce roman « gerbant », en voilà de l'argumentation brillante, n'ayant visiblement pas compris que Houellebecq comme à son habitude est dans la dérision, représente bien le fait que ces « critiques » auto-proclamés, généralement ignares littérairement, se privant de la lecture des écrivains en dehors de leur « camp », jugeant que seuls les livres portant « leur » messââge comptent.

La littérature française, où ce qu'il en reste en 2014, n'est plus du tout une question de littérature pure mais d'abord et avant tout de spectacle, une affaire juteuse autour de « bons clients » médiatiques. La qualité littéraire n'a plus aucune importance là-dedans, encore moins le style. Cela est dû principalement à la vulgarité de notre société spectaculaire et consumériste, libérale-libertaire favorisant ce qui entretient le « Barnum » ou « l'entre-soi » des privilégiés appréciant que ses coucheries bien entendu endogames soient narrées par le menu par Catherine M. et autres Bègue-Beider, Justine Lévy, pauvre petite héritière névrosée ou Christine Angot, l'âme torturée préférée des plateaux « télé », se bouffant les ongles avec constance et méthode afin de montrer combien elle souffre existentiellement, sans oublier Marie Darrieusecq et sa coprophilie seulement littéraire j'espère.

L'autre raison en est la conception utilitariste des Lettres intimant qu'un livre se doit de « servir à quelque chose », en racontant une histoire « exemplaire » afin de guider le bon peuple vers tel ou tel message, telle ou telle idéologie. Les personnages sont réduits alors à des archétypes grossiers. Cela n'a pas d'importance, l'ôôteur transmettant son « messâââge » tenant le plus souvent en l'exposé de lieux communs mièvres et de clichés éculés : le racisme qu'est pas bien, les cathos qui sont tous réacs et frustrés, la violence que c'est mal et que la mort c'est trop triste. Notons que si c'est très mal d'écrire une satire sur l'Islam en France, de l'évoquer crûment, il est tout à fait honorable et même conseillé de conchier le catholicisme.

Chacun de ces « bons clients » évoqués ci-dessus a un « emploi » comme au théâtre, le « gentil », le « beau gosse » auteur de « bests-sellers », Marc Lévy, Guillaume Musso, mal rasé avec soin, la pauvre petite fille riche torturée, telle Lolita Pille, la « punkette » de chez « Castel », Virginie Despentes, voire les filles d'économistes apôtres du libéralisme pur et dur, le méchant que l'on aime détester, comme justement Houellebecq qui vend des livres en sur-jouant ce personnage, multipliant les phrases provocatrices qui feront mouche à coup sûr, les arbitres des élégances politiques ayant systématiquement les mêmes réflexes dés que quelqu'un ose questionner les problèmes graves de notre société, problèmes pourtant incontestables se posant à tous les français, y compris ceux de « culture » musulmane.

« Soumission » n'empêchera pas les CSP urbaines ++ de continuer à croire en l'inéluctabilité de la globalisation culturelle, de l'importance fon-da-men-tale des lois sociétales, en la justesse absolue de leurs points de vue de « gôche ». Ceux qui soutiennent le livre sur les réseaux sociaux ne le liront pas plus qu'ils n'ont lu les précédents. Pourtant Houellebecq a un vrai talent littéraire, et il faisait preuve il y a quelques années d'une véritable humilité sympathique sur son art. Dommage qu'il fiche son talent en l'air en participant au cirque médiatique sciemment. Cela dit, je le comprend fort bien, cela lui permet de continuer à vendre et bénéficier d'une qualité de vie permise par un revenu conséquent...

Et c'est le moment ou jamais de l'écrire, c'est ainsi qu'Allah est grand...

Post-scriptum : en 2015 en France il y a quelques écrivains intéressants mais cela demande de sortir des sentiers battus, je pense entre autres à Céline Minard


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