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Championnat d’Alsace de Cross Country 2015: Un p’tit Gregory peut en cacher un grand !

Publié le 27 janvier 2015 par Marathonien67
Championnat d'Alsace de Cross Country 2015
Un p'tit Gregory peut en cacher un grand !
« Ne laisse pas filer Gregory ! », j'avais cette phrase là en tête au championnat départemental de cross, il y a deux semaines à Bollwiller. « Ne laisse pas partir le p'tit Gregory ! » Oui, ok mais lequel ? Parce que là, devant moi, c'est plus l'même que l'autre fois... à croire qu'un Gregory peut en cacher un autre ! 
Championnat d’Alsace de Cross Country 2015: Un p’tit Gregory peut en cacher un grand !Au bout de la première ligne droite, le podium se dessine déjà, avec Yemine Beghoul dossard 927 qui finira 3e, Gregory Basilico qui sera sacré champion d'Alsace (dossard 874) et son dauphin Samir Baala porteur du dossard 882 (Photo DNA)
 
Ce dimanche 25 janvier, les championnats d'Alsace de cross country se sont disputés dans les champs et les vignes de Pfaffenheim, sous les yeux d'un public venu en masse pour assister au spectacle. Et du spectacle, il y en aura eu tout au long de cette journée placée sous le signe de l'effort physique. Tout a commencé dans la matinée avec les catégories jeunes et celle des vétérans, puis très vite l'épilogue est arrivé, avec le cross long homme. Point d'orgue de ces championnats régionaux de cross version 2015, la course s'est disputée sur un parcours éprouvant et boueux, j'y ai participé pour préparer au mieux la suite de la saison, et accessoirement pour tenter d'accrocher une 11e et ultime médaille à mon tableau de chasse (histoire que ça colle avec le 11/11, ma date de naissance). Vous l'aurez compris, monter sur la boite était mon objectif principal (comme annoncé dans les DNA et L'ALSACE du 24/01), et sachant qu'un podium compte trois marches, n'importe quelle médaille aurait fait mon bonheur.
 
Dans les jours précédant l'épreuve, les journalistes sportifs locaux m'ont demandé qui je voyais pour la gagne (mis à part moi). N'ignorant pas que les prétendants au titre étaient nombreux et que chacun d'entre eux avaient des chances de l'emporter, je me suis abstenu de citer un ou plusieurs favoris (voir journal DNA et L'ALSACE du 24/01/15). Pas question d'oublier quelqu'un. Avec le temps j'ai appris qu'en course à pied, il ne faut négliger personne. De plus, les vrais amateurs de course à pied le savent : les environnements difficiles sont propices à toutes les surprises. Et ceux qui ont oublié de citer le nom du gagnant parmi les potentiels champions d'Alsace en sont aujourd'hui pour leurs frais...
Sébastien (Spehler), le tenant du titre, forfait pour ce championnat, avait choisi de mettre une petite pièce sur Pierre (Joncheray). Perso, j'ai préféré mettre un beau billet violet sur Samir. Non, plus sérieusement, même si les probabilités de succès et le palmarès parlaient pour Pierre, je voyais plutôt un jeune outsider aux dents longues me barrer la route au titre. Et dans la longue liste des prétendants, deux noms me venaient à l'esprit: Benjamin Rubio, un espoir prometteur et Gregory Basilico, un jeune militaire de 27ans qui possède une belle marge de progression. Pour avoir un peu suivi le parcours de ce dernier, je savais qu'il possédait les qualités requises pour l'emporter. Le parcours technique et boueux de Pfaffenheim paraissait taillé sur mesure pour un athlète plein de fraicheur, disponible physiquement, et présentant un gabarit léger, un peu similaire à celui de Spehler le champion sortant.
 
Trois quart d'heure avant le coup de pistolet, tandis que les juniors sont en train d'en découdre sur le circuit boueux, je m'échauffe quelques minutes avec David Eckes et Gregory Schmitt, les deux compères de l'AC Huningue. Je l'ignore encore mais le Gregory qui finira devant moi tout à l'heure, n'est pas celui qui m'accompagne à l'échauffement, pas celui qui a fait un bout de chemin avec moi à Bollwiller il y a deux semaines. Comme dit le proverbe SNCF, un train peut en cacher un autre... et un Gregory aussi ! Pour monter dans le bon wagon, inutile de suivre les rails du chemin de fer, il suffit de suivre Gregory.

Pfaffenheim city, dimanche 25 janvier 2015. Il est presque 15h et c'est le calme avant la tempête. Il aurait pu pleuvoir des cordes, neiger de gros flocons, les éléments aurait pu se déchaîner comme c'est souvent le cas en cross, mais aujourd'hui rien de tout ça, il fait environ 5 degrés, et même si le ciel est couvert la météo est agréable. Accompagné par Carole et Haloa, je me rends au départ de ce qui risque fort bien d'être mon dernier championnat d'Alsace, et même tout simplement mon dernier cross... je sais, je sais, j'ai déjà dit la même chose, il y a deux ans, mais cette fois je plaisante pas.

 
Petite rétrospective. Ma dernière participation au championnat d'Alsace remonte à janvier 2013 (deux ans déjà). Cette fois là, sur le parcours du Waldeck, Pierre Joncheray s'était imposé, tandis que je butais à la 3e place du podium sept petites secondes derrière le futur champion de France de trail Sébastien Spehler. Au terme de cette course, ayant décroché mon 10e podium lors d'un régional de cross, j'avais décidé de ne plus concourir sur ce type d'épreuve. Du coup, l'an dernier, j'avais fait l'impasse, plutôt que de participer au championnat régional de cross, j'étais allé courir le Trail Blanc des Vosges.

Pour l'anecdote, tandis que je m'imposais dans la station de ski de Rouge Gazon, au même moment, du côté de Wissembourg, Sébastien Spehler décrochait son premier titre de champion régional de cross country.

 
Championnat d’Alsace de Cross Country 2015: Un p’tit Gregory peut en cacher un grand !

Une fois en sécurité à l'avant du peloton, je gère mon effort. Dans la foulée de Yemine Beghoul, Pierre, Arnaud, Benjamin et les deux Gregory pointent déjà le bout de leurs pointes 
Cette fois ci, le championnat d'Alsace de cross-country à lieu autour de l'étang de pêche de Pfaffenheim. Je connais bien l'endroit car j'ai gagné le 5e de mes six titres de champion départemental ici même en 2012, je sais qu'il présente un profil technique. 
Dans l'aire de départ, je croise Pierre (Joncheray), le salut et lui adresse un p'tit mot d'encouragement. Lorsqu'il me répond, rien qu'au ton de sa voix, je devine qu'il ne sera pas dans le coup aujourd'hui. Avec l'expérience acquise au fil du temps, lorsqu'on est compétiteur, on parvient à lire entre les lignes, et il y a des signes qui ne trompent pas.
 
Comme je le disais tout à l'heure, Sébastien Spehler le tenant du titre ne sera pas au départ. Encore engagé le vendredi précédent l'épreuve, il a surement perturbé le sommeil de quelques cadors. Certains se sont repliés sur le cross court...
 
Le cross court, moi je ne suis pas pour. À la rigueur, pour les débutants, je veux bien, mais pour les athlètes trentenaires... à l'époque, Alain Mimoun, Michel Jazy et consorts se tapaient des cross de quinze bornes et ça ne les empêchaient pas de battre des records sur piste quand les beaux jours arrivaient, au contraire même. La saison hivernale sert à travailler le foncier. En courant un cross de quatre bornes, tu ne développes pas les qualités d'endurance, tu ne fais pas de foncier. Quatre bornes, c'est rien, même en junior on court plus que ça. Mais bon, c'est mon avis perso et ça n'engage que moi.  

L'esprit de revanche m'a longtemps chatouillé l'esprit, il m'a poussé à me battre à l'entrainement, mais finalement le champion que je me suis préparé à affronter ne viendra pas défendre son titre. D'après le quotidien régional, il est embêté avec un genou. La dernière fois que nous avons couru ensemble, c'était le 27 janvier 2013 au Waldeck, au championnat d'Alsace de cross. Depuis cette date nos chemins ne se sont plus croisés. Dommage ! Et, pourtant même si l'absence du champion en titre ouvre des perspectives de podium pour certains, la liste des engagés laisse présager qu'il va y avoir une grosse bagarre devant. Car c'est un vrai plateau de gala qui se presse sur la ligne de départ.

Ils sont venus, ils sont tous là: d'abord il y a Pierre Joncheray le mec qu'on ne présente plus, avec un palmarès long comme bras, Pierre qui tout comme moi n'a pas disputé ce championnat l'an dernier, il y a le tchadien Abdelkrim revenu du diable vauvert, l'inusable Karim Foulouh toujours fringant malgré le poids des ans, Yemine Beghoul le gars capable de tout, du pire comme du meilleur, Benjamin Rubio et Gregory Basilico deux outsiders aux dents longues, l'expérimenté David Eckes si souvent sur les podiums, vice-champion régional en titre, Arnaud Bucher qui parait plus affûté que jamais, Grégory Schmitt qui affectionne bien ce type de parcours et Jonathan Mehl un ex-coéquipier à moi du temps de l'ASPTT Strasbourg, à l'époque avec lui, Karim Foulouh, Lahbib Hanini, mon frangin Mehdi et les autres, on envoyait du lourd dans les séances (sourire)... 


Le coup de pistolet est tiré à 15h10 rompant un silence pesant. Juste avant, les quelques retardataires ont rejoint les rangs. Un premier s'était pointé avec une polaire sur le dos et son dossard épinglé pardessus, il a du revoir sa copie. Et, comme le cross n'est ni un trail, ni un triathlon, le commissaire de course alias
« Mister 6.7, 6.8 » a signifié à un second de remballer sa ceinture porte-dossard et d'épingler son sésame pour l'effort correctement sur son maillot de club. Et oui, on ne plaisante pas avec le règlement chez les alsaciens ! 
 
La course part rapidement, comme c'est presque toujours le cas en cross. Avant d'atteindre le bout de la première ligne droite, je profite d'une mince ouverture pour me faufiler et prendre la tête des opérations. C'était la bonne solution, car en suite, le chemin rétrécit à vue d'œil. Une fois les cent premiers mètres du circuit avalés, on s'enfonce dans une goulotte. Autant dire qu'il valait mieux se placer devant d'entrée de jeu pour ne pas risquer de se retrouver enfermé. En attendant de partir pour les quatre grandes boucles de 2km environ, nous entamons d'abord la petite boucle qui lance traditionnellement les hostilités. Dans celle-ci, nous ne grimpons qu'un tiers de la fameuse côte plantée dans les vignes, cette côte qui surplombe le parcours et servira sans doute de juge de paix. Cette bosse là, je m'en souviens encore 3 ans après l'avoir affronté pour la première fois. Bien-sur, j'ai déjà connu pire, notamment au trail du Petit Ballon, mais dans une course nerveuse comme un cross, avec la boue et l'allure impulsée, on l'a sent passer cette côtelette !
 
Championnat d’Alsace de Cross Country 2015: Un p’tit Gregory peut en cacher un grand !
Championnat d’Alsace de Cross Country 2015: Un p’tit Gregory peut en cacher un grand !














Dans les vignes avec Yemine le poseur de mines 
Dans la première grande boucle, ça attaque de partout, le rythme est irrégulier, Yemine place des mines à tout bout de champs. C'est simple, à ce moment là, je me dis que la meilleure des choses à faire est de laisser passer l'orage. Je m'arrange donc pour ne pas subir. Installé en 6e position, je suis serein car les jambes répondent bien et je sais que le chemin à parcourir sera encore long et pénible.
Rien ne sert de marcher, il faut partir en pointe !
Dans le dernier tour, en 2e position, et à deux doigts
de conquérir un 11e podium au championnat d'Alsace de cross


Quelques mètres devant moi, je vois Gregory, Benjamin, Arnaud, Yemine et Pierre s'échiner. Ce dernier ferme la marche et semble avoir du mal à trouver de bons appuis, il glisse à chaque virage, à tel point que je me demande s'il a pensé à visser des clous sous les semelles de ses souliers (sérieusement). À force de le voir glisser, je fini moi-même par avoir des appréhensions. Heureusement avec du quinze millimètres sous la semelle, il n'y a pas de raisons d'avoir la trouille comme je m'en rends bien vite compte. 
 
Dans la seconde des quatre grandes boucles, j'entame une remontée progressive, je double d'abord Benjamin (Rubio) qui me parait bien en difficulté, puis je passe Pierre dans la descente qui survient après le gros morceau du parcours (la bosse en trois parties). Un peu plus loin, je reprends tranquillement Arnaud et commence à m'approcher du duo de tête formé par Gregory et Yemine. Mais... manque de pot, Yemine place une mine juste au moment où j'allais opérer la jonction. Dommage... mais bon, malgré tout je tâche de rester régulier dans l'effort, et une fois l'orage passé, je parviens enfin à recoller. Seulement quand je recolle, bizarre, y'a comme un hic (sourire)... Gregory a disparu des écrans radars !

Ayant dû fournir un gros effort pour parvenir à rejoindre Yemine, je suis forcé de temporiser le temps de me remettre d'aplomb, et quand je décide enfin de me lancer à la poursuite de la bombe humaine, l'artificier qui l'a mise sur orbite ne me lâche pas d'une semelle.

Alors, je lève le pied et commence à jouer la seconde place. Et pendant qu'on s'observe dans le blanc des yeux avec Yemine, Gregory file vers la victoire sans se poser de questions, en se jouant des difficultés du terrain avec une facilité déconcertante. À force de temporiser, le poseur de mines et moi finissons par voir du monde revenir sur nos talons, Arnaud et Karim nous rejoignent brièvement.

 
Dans la troisième grande boucle de ce cross, je décide d'assurer le train sans plus me poser de questions et je parviens enfin, non sans mal, à me débarrasser de ce diable de Yemine. Mais bien-sûr devant Gregory Basilico ne m'a pas attendu, il a déjà pris le large depuis un bail, je ne le reverrais que dans la zone d'arrivée où je retrouve avec joie et fierté Carole et Haloa, mes deux rayons de soleil qui comme toujours quand je cours m'ont fait cadeau de leur présence.
 
Après avoir survolé l'épreuve, Gregory s'impose avec un matelas de 54 secondes sur celui qui écrit ces quelques lignes (sourire). Ce titre de champion régional acquis avec la manière le fait forcement changé de statut (lire DNA du 26/01), désormais au départ d'une course, on ne le regardera plus comme un outsider mais comme un champion. Yemine Beghoul, le maître artificier, complète le podium non sans avoir du s'employer au sprint pour se défaire d'Arnaud Bucher (Asl Robertsau) qui signe là une jolie perf, enfin le sympathique Gregory (l'autre) Schmitt, de l'AC Huningue, complète le TOP 5 de ce championnat d'Alsace particulièrement relevé. Bravo à tous les braves qui sont venus à bout des difficultés !   

Au terme de cette journée riche en émotions, je repars avec le titre de vice-champion d'Alsace, décrochant par là même ma 11e médaille dans un championnat régional de cross-country. Quand je regarde la concurrence, je suis plus que satisfait de ce résultat. Le contrat est largement rempli. En fait, je suis arrivé en forme au bon moment, car dans les deux mois précédents la course j'étais encore loin de pouvoir prétendre à un tel résultat, je n'étais alors pas à 100% de mes capacités, le marathon de Metz avait laissé des traces. Je pense que j'aurais pu réduire l'écart avec Gregory si j'avais mis plus de cœur à l'ouvrage mais la victoire était hors de portée vu la démonstration de force qu'il a produite aujourd'hui.

 
Comme toujours à l'issue d'une course, il y a eu des rires et des larmes. Le cross est une formidable école de la vie. Cette discipline permet de se préparer pour la saison sur piste ou pour le marathon, elle permet aussi de s'aguerrir face à un effort difficile et de se confronter à l'adversité. Durant l'effort, on se concentre plus sur soi et sur les autres et on se fixe moins sur le chrono. Cette activité est à la fois une source de plaisir, de bien-être et une manière de se dépasser.
 
Maintenant que la page est tournée, le cross va bien me manquer, la chaude ambiance, le public enthousiaste, la boue, le froid et le bon thé chaud qui ravigote à l'arrivée, c'était que du bonheur ! J'encourage tout le monde à aller cracher ses poumons sur un cross. C'est dur du début à la fin, mais bon sang qu'est ce que c'est bon !
Résultats cross long homme
Championnat d'Alsace 2015 de Cross-Country à Pfaffenheim
 
Championnat d’Alsace de Cross Country 2015: Un p’tit Gregory peut en cacher un grand !

 
 
Le but c'est d'être sur la boite ! Aujourd'hui Gregory a mis le feu à la prairie.
Celui que personne ou presque n'attendait aux manettes du festival,
a parfaitement joué son récital (Photo Nicolas Fried)


1 33'11'' BASILICO Gregory Running Team Schweighouse/moder 
2 34'05'' BAALA Samir Saint-louis Rc
3 34'17'' BEGHOUL El yemine Entente De Haute Alsace*
4 34'19'' BUCHER Arnaud A.s.l. La Robertsau
5 34'32'' SCHMITT Gregory Ac Huningue
6 34'37'' FOULOUH Karim Strasbourg Agglomeration Athle
7 34'42'' RUBIO Benjamin Strasbourg Agglomeration Athle
8 34'50'' ECKES David Ac Huningue
9 34'56'' CRAND Olivier Pays De Colmar Athletisme*
10 34'58''OESTERLE Cedric Running Team Schweighouse/mode
 
 
 


Mes 11 podiums sur le Cross Long
des Championnats d'Alsace de cross

2002 : 1 Lahbib Hanini 2 Samir Baala 3 Mustapha Zouhair

2004 : 1 Lahbib Hanini 2 Samir Baala 3 Hakim Mokhtari
2005 : 1 Samir Baala 2 Mounir Acherki 3 Egler Olivier
2006 : 1 Pierre Joncheray 2 Samir Baala 3 Hakim Mokhtari
2007 : 1 Pierre Joncheray 2 Samir Baala 3 David Eckes
2008 : 1 Samir Baala 2 David Eckes 3 Yassine Bouroua
2010 : 1 Samir Baala 2 David Eckes 3 Arnaud Bucher 
2011 : 1 David Eckes 2 Samir Baala 3 Grégory Schmitt
2012 : 1 Pierre Joncheray 2 David Eckes 3 Samir Baala
2013 : 1 Pierre Joncheray 2 Sébastien Spehler 3 Samir Baala
2015 : 1 Gregory Basilico 2 Samir Baala 3 Yemine Beghoul
2003 : En stage à Albuquerque au moment des régionaux, je n'ai pas pu y prendre part
2009 : Malade, pas encore remis d'une grosse bronchite contractée en stage au Portugal, je termine à la 4ème place ( Dans la foulée, je finirai à la même place aux inters et je réaliserai 2h17mn06sec au marathon de Paris en avril) 
2014 : j'étais à la retraite... 
Do you remember...
http://marathonien67.skyrock.com/3140594772-Championnat-d-Alsace-de-cross-2013-Dernier-bal-au-Deck-Wal.html
 


24. Teninger Allmendlauf
MACHINALLEMAND
 
Ce matin là, chez nos voisins allemands, je cours machinalement. Comme un ouvrier sur sa chaine, j'accompli chaque geste chirurgicalement. Je m'exerce banalement. Impliqué à la tâche, je le suis totalement
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Chez nos voisins et amis allemands, je me suis offert une bonne séance d'entrainement, tout juste une semaine avant le grand rendez-vous des championnats d'Alsace de cross 

Ce dimanche 18 janvier, il est tout juste 8h00 lorsque nous prenons la route. Carole et moi partons pour participer à l'Allmendlauf, une course nature de 10km se disputant de l'autre de la frontière, à Teningen, chez nos voisins et amis allemands.  

 
Un brouillard épais sillonne la plaine lorsque nous embarquons à bord de la « Runningmobile ». Dehors, il fait humide et froid. Le voyant « verglas » clignote sur le tableau de bord qui affiche -3 degrés. Mais malgré cela, nous doublons la saleuse qui s'active à rendre la route plus sûre. Il faut compter 65 kilomètres avant d'arriver à destination. Sur le trajet, l'artisan du Bic « Demi-portion » assure l'ambiance, le son percutant de « Dragon rash» arrache les enceintes de la caisse. L'habitacle vibre sous la pression des basses. Ça met du baume au cœur en attendant que le palpitant atteigne des sommets. Nous sommes enthousiastes à l'idée de participer à cette belle épreuve que nous avions découverte l'an dernier, nous en avons gardé de bons souvenirs.   
En arrivant à Teningen, nous passons prendre nos tickets pour les plages de l'endurance. Dans le gymnase, devant les bénévoles qui s'activent à tout préparer, des centaines de carrés d'étoffe numérotés dorment dans des cartons. Chaque dossard attend son heure, son candidat au bonheur. Tout à l'heure, au départ, nous serons près de 600. Et quand la course aura rendu son verdict, le tirage de la loterie pédestre ne comptera qu'un numéro gagnant.
Dans un coin de la salle, de grandes tables bien garnies en gâteaux attendent les plus gourmands. On retrouve pêle-mêle, tartes aux pommes, torche aux marrons, tropézienne, petits fours et autres mets exquis... Mais si quelques fines gueules s'autorisent une dégustation pré-épreuve, le sportif consciencieux, lui, attendra la fin du bal pour flatter son palais.  
À 10h, la température affiche 2 degrés, le soleil a pris ses quartiers mais quelques plaques de verglas demeurent çà et là. Durant l'échauffement, nous sommes forcés d'avancer à tâtons. Aujourd'hui, la prudence sera de mise. À une semaine des régionaux de cross, ce serait idiot de se blesser. Entre bitume givré et chemins plein de boue, mon objectif sera de rester debout. Peu concerné par l'enjeu, je vais aborder l'épreuve du jour comme un bon entrainement dans l'optique de l'Ecotrail de Paris, un événement pour lequel je me prépare sans compter les kilomètres. Cela dit même sans prétentions, une course reste une course, avec un dossard épinglé sur le torse on se prend facilement au jeu. Alors accrocher le podium serait génial mais si je peux gratter la victoire je ne vais pas me gêner.
 
Championnat d’Alsace de Cross Country 2015: Un p’tit Gregory peut en cacher un grand !
C'est sous le soleil qu'à 11h15 précise, l'armée de cavaleurs, dont Carole et moi faisons partie, part à l'assaut du domaine forestier en empruntant une bande bitumée pas encore tout à fait dégivrée. Rapidement, cinq hommes occupent la tête de course. Je m'époumone au milieu de ce quinté parti sur des bases raisonnables (3'06 au 1er km). Parfois, avec mes chaussures de compète aux semelles hyper lisses, je dérape sur le plancher frileux, j'ai carrément l'impression de glisser sur une peau de banane. Cela a pour effet de refroidir mes ardeurs. Heureusement, ça ne dure pas trop, 2km tout au plus.  
Ensuite, terminé le macadam, nous entrons de plain-pied dans l'Allmendfeld, un domaine forestier comptant plus de 1300 hectares dans laquelle on retrouve différentes sortes d'arbres et diverses espèces d'animaux rares et menacées. Suite aux fortes pluies de la semaine passée, de la boue s'est accumulée sur les sentiers que nous empruntons.
 
Carole et moi devant le gymnase quelques instants
avant la remise des prix 
Sur certains secteurs, les appuis sont lourds et fuyants. À chaque fois que ça tourne, je ralenti fortement pour limiter les risques de chute. Comme en cross-country, je patine dans la gadoue et relance du mieux possible à chaque sortie de virage. Seulement, à force, ça use, ça use... Et pas que les souliers. Ça use aussi la mécanique bien huilé. Dieu que j'aimerai avoir des semelles cloutées !  
 
Au 3e km, un trio prend la poudre d'escampette suite à l'accélération produite par un Lukas Naegele au top de sa forme. Celui-ci est accompagné par Benedikt Hoffmann et Jorg Forster. Je n'ai pas pu répondre à cette attaque mais tout n'est pas perdu puisque je ne concède pas trop de terrain. Je maintiens l'écart légèrement en retrait, à l'affût du moindre faux pas. Cela me permet d'observer, de voir qui est bien ou pas, et quand la défaillance survient, sans hésiter, je saute sur l'occasion pour récupérer une 3e place synonyme de podium. 
 
Lorsque j'arrive à hauteur de Jorg Forster (Fribourg), celui-ci tente désespérément d'accrocher ma foulée mais assez rapidement il perd pied et je me retrouve seul en chasse derrière Lukas Naegele (PTSV Jahn Freiburg) et Benedikt Hoffmann (TSG Heilbronn), les deux hommes forts du jour, qui se dispute âprement la victoire.
Au 9km, nous quittons le domaine forestier pour retrouver une petite parcelle de goudron bordée par une rangée d'arbres. Dans ce coin particulièrement sombre et humide, le soleil n'a pas pu percer, la chaussée est particulièrement glissante. Il faut jouer les équilibristes pour avancer. Derrière, mes poursuivants ont lâchés prise et devant, ils sont trop loin pour que je puisse aller les chercher. Au bout de la dernière ligne droite, j'aperçois l'arche gonflable aux couleurs du sponsor de l'épreuve. Les jeux sont faits.   
 
Lukas Naegele qui avait échoué au pied du podium l'an dernier, à cette fois fait plier Benedikt Hoffmann en toute fin de course pour s'adjuger la victoire. Je franchis la ligne en 3e position, bouclant le circuit en 32'12, assez loin des 31'48 que j'avais signé lors de la précédente édition. En cause, l'état des sols sur le circuit et une prise de risque minimale. Le chrono que je signe reflète bien mon degré d'implication. Peu concerné par l'événement, j'ai couru machinalement machinallemand, réalisant au passage une bonne séance d'entrainement. Dans ces conditions, je suis ravi de goûter aux joies du podium.
 
Dans la zone d'arrivée, un journaliste m'aborde, me questionne, me demande de lui livrer mes impressions, le tout dans la langue de Merkel. Oulah ! Mon p'tit vieux, c'est pas gagné ! Car, même si je maîtrise plus ou moins l'allemand, dans mon lexique parler «couramment» signifie courir. Quand j'ai des baskets aux pieds, j'parle plus le français, ni l'allemand, ni même la langue des signes, j'parle «couramment»... la langue tirée. 
 
De retour au vestiaire, je me change rapidement afin d'accueillir ma championne qui ne va pas tarder à arriver. Peu à peu les amateurs de course à pied achèvent leur effort. Certains en souriant, d'autres en grinçant des dents. Je rejoins Carole dans le dernier kilomètre et l'accompagne jusqu'aux abords de l'arche de la délivrance.  Une fois n'est pas coutume, elle signe une jolie performance.
 
Dans la zone d'arrivée, ça papote, ça rigole. On s'fait la bise, la bonne humeur est de mise. Sur son nuage, le coureur du dimanche est à la fête, ce matin, il a eu droit à sa dose hebdomadaire d'endorphines. Demain, pendant qu'il s'époumonera avec les as du marketing, le coureur du lundi goûtera aux joies du footing. Il y a un vieil adage qui dit que l'habitude est une seconde nature. Pour rien au monde, je n'échangerai une seconde passée avec dame nature. Comment voulez-vous lutter contre quelque chose d'instinctif ?
 
 
24. Teninger Allmendlauf - Sonntag, 18. Januar 2015
10 km Hauptlauf Start : 11.15 Uhr
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Sur le podium avec Lukas Naegele et Benedikt Hoffmann
 
1 00:31:31.0 2 Lukas Naegele PTSV Jahn Freiburg / ASICS   
2 00:31:36.9 705 Benedikt Hoffmann TSG Heilbronn 
3 00:32:13.3 3 Samir Baala St Louis RC
4 00:32:36.3 703 Jörg Förster Tune 
5 00:32:50.3 350 Florian Adami TV Riegel
6 00:32:51.2 1 Jan Förster TV Rheinau 
7 00:33:51.6 5 Raffael Schaffrik SV Waldkirch 
8 00:33:57.3 313 Felix Pauli AHS Freiburg
9 00:34:01.4 6 Victor Larisch TuS Lörrach-Stetten
10 00:34:02.4 264 Balthasar Larisch SV Waldkirch
Remerciements à Karl-Hermann Murst
pour les photos qui illustrent ce petit compte-rendu
 

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