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[CONCOURS] Qui es-tu ?

Publié le 26 février 2015 par Vanillette
Voilà, voilà, nous y sommes. Il y a une dizaine de jours donc, je lançais le concours Je suis Moi, un genre d'atelier d'écriture collectif destiné à mettre le bazar dans les croyances populaires, celles là même qui consistent à dire qu'il y a d'un côté ceux qui souffrent/sont anormaux/sont bizarres... et de l'autre ceux qui soignent/éduquent/savent/etc...
[CONCOURS] Qui es-tu ? Vous avez été très très nombreux à participer, avec parfois une sincérité étonnante. Alors déjà un grand merci, vraiment, d'avoir donné un peu de vous à travers ces quelques mots. Ensuite, j'ai décidé au vu du nombre de textes reçus de mettre deux "cadeaux" en lot :
1. Un exemplaire dédicacé du livre "Les habitants voyageurs. Chroniques de la folie en mouvement"
2. Un cours au choix parmi les cours disponibles sur ce blog.
Mais pour l'instant, l'heure est au vote.
Pour ce faire, j'ai choisi d'utiliser Facebook qui me semble le truc le plus simple à utiliser pour tout le monde. Les deux textes obtenant le plus de "J'aime" (c'est moi ou elle veut rien dire ma phrase, là ?) seront les textes gagnants, annoncés le 5 mars à 17h.

Note : j'ai choisi de publier les textes tels qu'ils m'ont été envoyés, sans correction donc.
Pour une meilleure lisibilité, je vous propose des liens directs :
Les 10 premiers textes Du texte 11 au texte 20 Du texte 21 au texte 27
Bonne lecture (et bon courage pour le vote) !
TEXTE 1
A l'heure actuelle, je peux dire que je suis moi...
Oui oui, je dis bien "à l'heure actuelle" !
Car lorsque j'avais 4 ans, je n'étais pas moi, mais l'enfant qui se baladait de tribunal en tribunal et qui pourtant n'avait rien demandé...
Car lorsque j'avais 5 ans, je n'étais pas moi, mais l'enfant dont maman avait eu la garde mais p't'être que moi, je voulais aller chez papa...
Car lorsque j'avais 8 ans, je n'étais pas moi, mais la grande soeur de ce petit garçon que le papa avait abandonné, lui, maman et moi...
Car lorsque j'avais 10 ans, je n'étais pas moi, mais la fille dont la maman "pétait un plomb" et se nourrissait au Temesta...
Car lorsque j'avais 12 ans, je n'étais pas moi, mais j'étais cette fille avec l'oeil au beurre noir, dont tout le monde se moquait à l'école...
Car lorsque j'avais 14 ans, je n'étais pas moi, mais j'étais cette fille dans un lit d'hopital, parce que j'ai voulu arrêter de souffrir...
Car lorsque j'avais 15 ans, je n'étais pas moi, mais j'étais cette fille, patiente d'un service psychiatrique...
Car lorsque j'avais 18 ans, je n'étais pas moi, mais j'étais cette fille qui était devenue SDF... Maintenant, j'ai 22 ans, quelques cicatrices morales et physiques...
Maintenant, j'ai 22 ans, et j'assume mon homosexualité...
Maintenant, j'ai 22 ans, et je suis amoureuse...
Maintenant, j'ai 22 ans, et parfois, j'subis la vie...
Maintenant, j'ai 22 ans, et malgré tout celà, je vis...
Maintenant, j'ai 22 ans et je suis fière de dire que je suis -enfin-moi...
M., 22 ans
TEXTE 2
Je ne sais pas qui je suis. Ou bien je le sais mais je ne veux pas l'être. En fait brûle au fond de moi une douleur, ou un vide. Ça peut brûler le vide ? Moi ça me chamboule la tête le vide.. Et je la remplis de plein de questions, toujours des questions. Je ne suis qu'à tes yeux, qu'à ses yeux. A mes yeux, c'est pas terrible. En fait si, ça l'est !! D'être comme ça, comme moi, et de le garder au fond de soi. Parfois j'ai envie de le hurler à la face du monde, pour être aux yeux du monde.. On est si petits sur ce monde hein ?! Dans l'univers, sous les étoiles.. Être ou n'être pas, telle est ma question. Je suis née, Ou ne le suis je pas ? Tout simplement envie de renaître .. et d'être.. mais quoi ??? QUI ?
Anonyme
TEXTE 3
J'suis un individu sans Toi (T)...
A qui il arrive de ne pas respecter pas les lois
Parce que parfois elles ne me conviennent pas
Je suis las…
De faire de faux pas
On m’a dit que je ne devais pas
Il paraît que c’est la société qui dit ça
J’ai alors voulu connaître mon karma
J’me suis dit peut-être que ça t’aidera
Et il m’a dit « tu sais quoi ? »
Fais c’que tu veux TOI
De toute façon j'y crois pas
Alors j’ai décidé de rester MOI
Puis j’sais pas si quelqu’un sera là
Le jour où mon Etre disparaitra
J'suis un individu sans Toi (T)
Mais j’me dis peut-être que tu reviendras…
Ibtissem
TEXTE 4
Moi je me souviens que dès mes cinq ans, je réclamais au Père Noël un petit-frère. Oh, ma mère a bien essayé de me décourager : « Mais ce sera peut-être une petite-sœur. » Et moi de répondre : « Non, je sais que ce sera un petit-frère. », « Mais il te prendra tes jouets et les cassera ! », « C’est pas grave ça ! ». Je n’en démordais pas. Qu’est-ce que j’ai pu les gonfler.
Et puis, un jour de mai (ouai le vieux en rouge a de drôles de délais de livraison), quand j’avais huit ans, voilà qu’il pointe le bout de son nez. Je me rappelle notre première rencontre. Un tout petit truc avec une tignasse brune qui flemmardait dans son lit à l’hôpital. Je m’approche, j’effleure sa petite main et là, il m’attrape le doigt, le serre et ne me lâche plus. « Maman, il m’a reconnu ! » Cette image est restée très nette dans ma mémoire. Comme une reconnaissance mutuelle. Ce petit geste réflexe scellait pour moi notre fraternité.
Quelques années ont passé et puis, comme parfois dans les histoires de famille, le pater s’est barré. Je me rappelle le déménagement, ma mère qui bosse à n’en plus finir et surtout l’air triste de mon fréro : « Les copains à l’école, ils me disent que ça sert à rien que je fasse le cadeau de la fête des pères parce-que j’ai pas de papa. » Qu’est-ce qu’il a pu me faire de la peine à cette époque…
 -Ah t’as pas de papa, mais tu m’as moi fréro ! T’inquiète pas, c’est dur mais on est tous les deux, c’est tout ce qui compte !- Voilà ce que je me disais.
Et on a grandi comme ça, toujours l’un avec l’autre. J’ai tenté de le protéger, de lui apprendre, de le réconforter, de le conseiller…D’être là pour lui quoi.
Aujourd’hui, c’est devenu un jeune homme que j’admire. Je suis heureux de l’avoir dans ma vie et je sais que nous serons toujours frères et donc jamais vraiment seuls dans ce monde.
Bérone
TEXTE 5
Aujourd'hui, j'ai rencontré des gens qui vivent à Calais. Ils ne sont pas calaisiens, ils ne sont pas français, ils ne le seront sûrement jamais. Ils sont là en transit. En attente de passer, ou pas, la frontière de leur "bonheur". La où leur eldorado les attend, en quête d'une autre vie, qu'ils espèrent meilleure. Ce sont des "migrants" comme on les appelle. Ils étaient 500 à attendre l'unique repas quotidien. J'ai eu le plaisir de leur distribuer ce repas si important, si essentiel, le repas de la survie. J'ai été dans une "jungle" c'est comme ça qu'on appelle les campements de fortunes dans lesquels ils tentent de survivre. J'ai échangé avec eux, serré des mains, enlassé des inconnus. J'ai vu des enfants affamés, des femmes amaigries, des hommes enragés, déterminés. Mais avant tout j'ai rencontré des Humains, des vrais, comme on en croise peu. J'ai vécu en immersion la misère humaine comme on ne peut même pas se l'imaginer. J'ai vu des hommes forts, courageux, qui gardent le sourire au-delà des épreuves que leur propose la vie. Leurs journées sont rythmées par l'attente, le froid, la rue, la faim, le racisme, la violence, mais aussi l'empathie, l'entraide, le soutien, l'espoir. Trop plein d émotions. Bien loin de la vision de nos écrans télévisés, dénaturée, modifiée, amplifiée, grotesque, mensongère, j'ai été à Calais...
Educatrice spécialisée en formation
TEXTE 6
Femme, Bretonne, exilée, éducatrice, blessée, grande enfant, optimiste, croyante, aimante, voyageuse, curieuse, chiante, tolérante, gentille, amoureuse, discrète, pas grande gueule, pas jalouse, mais un peu quand même, de plus en plus émotive, fatiguée, inquiète, parfois folle, simple, vraie, sincère, pas à ma place à Paris, nostalgique, rancunière parfois, souriante, sauvage, marrante, fidèle, indépendante (sans doute trop), évoluante, changeante, grandissante, forte, fragile, fière, têtue, arrangeante, ouverte, observatrice, pas conne, plutôt jolie (c'est ce qu'on m'a dit), pas vénale, silencieuse.
Mais surtout, "Je suis moi" grâce à eux, ma famille, mes amis, mes amours, toutes ces personnes rencontrées plus ou moins longtemps depuis un quart de siècle. Ce sont eux qui font ce que je suis...
Annaïg

TEXTE 7
Je suis née de l’union de deux personnes qui ont finit par se détacher l’une et l’autre dans une fracture plutôt brutale qui laissa dans l’histoire de chacun des fêlures indélébiles mais qui avant s’aimaient et qui, dans cet amour, ont donnée naissance à trois petites nanas. Dans la maison de cet amour, il y avait pas mal de livres, des discours anarchistes et des règles de vie, une cabane, un potager, un poêle à bois, des légumes du jardin, quelques poules et lapin ; des chats et surtout de la place pour la vie. Pour les autres. Pour le temps. Pour inviter les copains, pour partager des crêpes, pour faire du vélo, pour la culture, pour découvrir, pour devenir soi-même mais aussi pour faire face à la réalité. J’appris dans un désordre de discussion, d’images et de livre qu’on avait tué les Indiens d’Amérique, qui était Emilio Zapata, qu’on nous faisait bouffer des OGM, que la prison tuait, ce qu’était un syndicat, ce que les plus fort faisaient aux plus faibles, ce que les diktats de l’argent faisaient aux humains et ce que la société pouvaient faire à mes semblables. Pourtant ou peut-être parce que, j’avais peur de l’autre, peur des situations nouvelles et j’étais la petite fille à lunette qui se cachait derrière ses main qui s’agitaient sans cesse et ses histoire abracadabrante pour rentrer en contact avec l’autre. Se sentant indéniablement et profondément différente. Pas toujours comme elle l’aurait voulu, avec d’autres rêves et d’autres airs en tête.
Plus tard la maison de cet amour disparu, je n’étais plus une enfant. Depuis quelques temps. Cela n’eut pas l’effet de blessure attendu, ces murs n’étaient pas ceux de mon adolescence, mes rêves de fuite furent exaucés. Deux adultes empruntaient un chemin différent, je les saluais de la main et d’une manière peu consciente me dissociais de leur histoire. A 16 ans, je pu me nourrir de matières un peu folles qui effrayèrent comme il se doit les adultes qui m’entouraient. J’allais peu à l’école. J’apprenais ma liberté et cela fut une succession de moment de gloire qui hurlait la vie, le plaisir de cette vie et l’affreux sentiments des limites de cette liberté. De ma souffrance d’être humain à part entière, vivant la conséquence de ses actes, subissant de plein fouet l’environnement dans lequel on lui demanderait d’être adulte. Je fus heureuse de la manière palpitante qu’apporte les premières fois. Je tombai amoureuse et, de ce fait, fit l’expérience de la perte, du contact de la peau contre la peau, de l’envie de donner et aussi celle de reprendre. Je rencontrai l’autre dans la parole, la musique, les festivals, les câlins, le sexe, la violence, la peur, la joie, le doute, les drogues, les rires, les pleurs. Je me trouvais plusieurs chez moi : une chambre d’internat orange, un grenier poussiéreux, la maison de ma grand-mère, des cafés où trainer mes vieilles bottines et mes cheveux emmêlés, mes amis. Je fis la connaissance de gens qui entraient dans ma vie pour en laisser des traces indélébiles et qui encore maintenant marquent mes yeux, ma peau, mon existence. Je fis profondément l’expérience des Autres, de l’Amour et du temps qui passe. Et cela me fit parfois mal. J’abimais ma peau pour ne plus sentir de douleur, je déchargeais sur mon entourage, j’eu l’impression que j’allais disparaître, je m’en voulu, j’en voulu aux autres et souvent j’ai fui mais la fuite ne fait-elle pas partie du combat ? J’ai souvent désobéis, j’ai souvent méprisé les contraintes. J’appris la photographie comme si j’apprenais à garder des traces et j’encrais en moi la profonde peur de la perte. Toujours, les livres et les mots m’accompagnaient et la poésie sauvait tout.
Je grandis
Et je suis moi. J’ai 25 ans et au vu de mon rapport chaotique avec l’école, j’ai fait pas mal de petits boulots. J’ai tant que bien que mal tenté de trouver une place dans le monde qui m’entoure. Je suis toujours très passionnée mais j’ai appris à souffler, à déposer, à laisser la place à mes émotions. J’ai beaucoup de difficulté à dormir car je suis anxieuse sur le sens de ce qui m’entoure. Sur la manière dont évolue mon pays, sur le peu de place réservé à l’humain, sur moi, sur mes angoisses qui bloquent tout. Je préfère travailler à mi-temps, parce que j’aime lire, faire de la photographie, des dessins, des petits plats et aussi l’amour, regarder des films, traîner dans les salles de concert, parler avec les gens, découvrir d’autres points de vue, regarder la mer, prendre le train, rien faire et dormir à ma guise. J’ai envie de profiter, de vivre simplement, d’avoir du temps pour les gens autour de moi. J’ai repris une formation d’éducateur spécialisé en cours du soir, j’apprend le désir d’apprendre et cela me passionne. L’enfant, l’adulte et l’adolescente qui sont en moi ont été chahutées, elles se sont rencontré pour parler du présent et pour être, aux côtés de l’Autre, cette jeune fille pleine de doute, de souffrance et de joie, nourrie par la culture, les livres, les idées et l’amour, consciente de ses peurs, de son expérience dans toute sa beauté, sa subjectivité et sa dureté. J’ai frémis du plus profond de mon âme aux côtés d’enfants placés dans un service résidentiel, je me suis détesté au sein de ces mandats, j’ai eu peur du contrôle et du pouvoir, des humains épuisés par leur travail qui enfermaient d’autres humains dans leur cadre. J’ai eu des nuits pleines d’angoisse dans les cauchemars des gamins, j’ai eu envie de fuir devant des mères qui hurlaient et j’ai eu peur, quand, dans les yeux de certains jeunes, je croyais m’apercevoir. J’ai eu peur des institutions et des préjugés. Mais j’ai aussi vu l’espoir, ce qui renait sans cesse, des rires et des épaules pour s’appuyer. J’ai donné puis j’ai reçu, beaucoup et j’ai frémis de ce plaisir du partage. J’ai rencontré des gens qui aimaient leur métier, qui parlait de respect, de liberté, de subjectivité, d’engagement, qui parlait d’être humain à être humain, j’ai eu des tas de sourire en dedans pour continuer mon chemin. Ensuite, je me suis lancé dans le travail avec les adolescents en décrochage scolaire et je me tend la main, souvent, pour me relever de mes blessures ou du moins pour les voir de près et les observer, tenter de les accepter parce qu’elles sont moi aussi. Je fuis toujours, de manière régulière mais je reviens ensuite. Avec les petites nanas que sont mes sœurs, ces adultes qui s’aimaient que sont mes parents, mes solides compagnons de voyages que sont mes amis, je m’autorise à me voir en face de manière régulière, je me dis la vérité et dans toute ma complexité, je suis moi.
Non signé
TEXTE 8
Je suis une “éduc”, comprendre une éducatrice spécialisée (“en quoi?” et puis “vous allez éduquer qui?” : paroles de Parents) qui bosse 35h / semaine en SESSAD et j’adore ça.
Je suis maman, entendre “maaaaaammaaaann…??!!!”, d’une enfant qui va assez bien et la fille d’une mère qui reçoit l’article “la gentillesse est un vilain défaut” et j’adore avoir osé faire ça.
Je suis l’amante, l’amie, l’amour d’un mec qui a toujours eu peur d’avoir un cancer. Et qui pour ne pas avoir eu peur pour rien a donc eu un cancer du rein. Je suis donc celle qui aime un mono-rein et j’adore rire de ça.
Je suis dyslexique, si j’étais un enfant aujourd’hui je serai reconnue comme étant en situation de handicap. Je n’aurais pas à renoncer à mon sport préféré le samedi pour aller en rééducation orthophonique, j’aurais le droit de ne pas faire la dictée, de ne pas être humiliée pour lire devant tout le monde et même à un adulte pour m’aider.
Rien n’est parfait (et surtout pas moi!), et j’adore me battre pour avoir le droit à l’imperfection.`
Audrey Carre

TEXTE 9
Je suis cette petite fille soumise et en rondeurs. Trop de rondeurs qui me font entendre « rentre ton ventre » à longueur de journée. Je suis cette adolescente qui prend tous les risques parce que la mort ne lui fait pas peur. Tellement pas que je la frôle avec mes 38 kilos d’anorexique. Je suis cette jeune femme qui a repris du poids et une vie sociale mais qui se retrouve enfermée dans cet appartement à quatre verrous afin de se mettre dans un lit qu’elle ne voulait pas, pour recevoir ce corps étranger et rejeté.
Je suis cette mère de 19 ans qui doit gérer seule ce petit bout d’homme surprise à qui j’ai choisi de donner une chance. Tout ça c’est moi.
Moi, pleine de souffrances, de rancoeurs, de colère mais aussi de joies, de rencontres et de palpitations.
Je suis aussi sa rencontre : Lui, cet homme, son odeur, ses yeux et ses bras qui prennent enfin soin de moi. Je suis la naissance de ce deuxième enfant, cris, sang, explosion émotionnelle, suspension temporelle et ce deuxième amour inconditionnel.
Aujourd’hui c’est Moi, sans Lui mais toujours avec Eux. Cette femme blessée mais reconstruite et riche de tout ça, qui achève sa formation d’éducatrice en se posant toujours autant de questions, mais les bonnes. Moi c’est l’Amour, la Résilience, le Pardon, Mère et Rebelle à la fois ! Vive la vie !
Lou
TEXTE 10
Alors là il est tellement rare de pouvoir se confier et se décrire avec sincérité et dire ce qu'on veut a des gens que l'on ne connaît pas que je saute sur l'occasion... Youpi !!!
JE SUIS... Il paraît qu'on est tous quelqu'un... peut être... Je suis quelqu'un qui n'aime pas les règles désolée Celia et Toi aussi qui va devoir enfin si tu veux lire ce texte qui va certainement faire plus de 10 lignes... Ok si ça t'emmerde t’embête et que tu aimes pas lire arrête maintenant, mais tu louper quelque chose peut être... JE SUIS... peut être Révoltée par ce monde, par ces gens, par le fait que certains arrive a être parfait et pas moi !!! Je suis une maman de 4 enfants, de 13 ans a 7 mois avec trois pères différents on ne fait pas que des bonnes rencontre la première fois . J'ai laissé le premier a la garde de son père (le premier papa donc) et la troisième (4 ans) pareil au deuxième père... Alors bien sur je suis une mère indigne qui pense que le papa a autant de droit que la maman et ne voit pas ou est le problème en laissant la garde a l'un ou a l'autre même si j'habite a 250 km et 800 km de ces deux papas...Putain mais merde c'est quoi ces jugements de mère indigne !!?? Pourquoi les mères sont elles obligées de se taper toute les merdes de l'enfance ??
JE SUIS... Jalouse, de Toi oui Toi... J'arrive pas à éduquer mes enfants sans les punir, j'arrive pas a tenir les punitions non plus d'ailleurs malgré tout les bouquins sur l’éducation positive à la maison et toussa... J'ai passé un concours l’année dernière pour être educ spé j'ai eue l’écrit 13 et l'oral 13 mais la liste d’admis était trop grande j’étais classé 134 eme, pour 50 places pas prise...je suis donc retournée à mon maternage des deux seuls enfants qui me reste :) dommage j'aurai presque pu avoir une vie active riche avec plein de truc a raconter. Du coup je sais pas trop de quoi parler là, à cet instant précis... Il m'arrive de fumer dans le salon pendant que bébé dort mère indigne, de pas me laver les cheveux pendant 3 jours parce qu'ils sont trop chiant a coiffer peut être parce que je me coiffe que quand je les lave. Je suis Jalouse, je t'envie Toi !
De l'émotion, de l'émotion... oui je peux t'en donner peut être, oui-oui, tiens je vais te raconter vite fais mon accouchement : vite fait parce que JE SUIS une maman qui accouche super vite. Première contraction a 7h appel au samu qui eux appelle les pompiers mon bled est tellement paumé que la première maternité est a 45 min en voiture. Pompier arrive a 7h25 je suis dans mon lit j'agonise.. les pompiers comprennent vite pourquoi ils sont la en même temps faut dire que c'est pas trop compliqué ils essaient tant bien que mal de me mettre sur le brancard, me passe par la fenêtre couloir trop étroit pour le brancard me place a l'envers dans le camion ambulance manœuvre inverse et c'est bon je suis bien installée. Le samu arrive, les pompiers sont paniqués... le médecin regarde et me dit il est la pousser je dis non il me dit pourquoi ? Je di j'ai peur d'avoir mal !! il me dit madame vous avez accouché déjà oui vous aurez mal vous le savez oui c'est vrai on est bête très bête quand on a mal je pousse une seule fois ma petite poupée est la, c'est une petite fée !! voilà c’était il y a 7 mois !
JE SUIS UNE MAMAN , UNE ENVIEUSE et aussi un peu Toi peut être... ;)
Laetitia
TEXTE 11 Le secret
Là, quelque part entre la terre et le ciel. J'ai su ce secret qui m'envahissait tout entière depuis toujours. Je le savais. Maintenant, il fallait des mots. Des mots qui rassurent et qui comblent un être en demande. Le visage de ma mère était grave, émacié, en pointe vers l'avant.
L'avant, c'était bien de cela qu'il s'agissait.
Ses yeux fuyaient les miens. Acculée, le temps avait stoppé. Mon ange passait.
L'amour est parfois une entrave. Il aveugle celui qui donne et ébloui celui qui reçoit.
On n'y voit plus rien. Il rend aveugle et sourd.
Chaque jour de ma vie, j'ai été comme suspendue dans le vide, avec cette épée qui m'attendait prête à perforer chacun de mes organes. Ma vie m'a apportée son lot de cauchemars et de fantômes, de rêves déchus, de faux-semblants mais j'en ai ri. Ignorant, bravant la mort, faisant un pied de nez insolant à tout ce qui semblait être conventionnel.
Hypnotique, précise et provocatrice, je narguais les dangers sur ma courbe de vie pour dire cette poésie lumineuse qui semblait ancrée en moi malgré tout.
De la poésie j'en avais. Une once de lumière aussi. J'ai mis sur la route des petites étincelles de vie qui m'ont sauvée. Tout ça me ramenait à la vie. Résilience, impatience, insouciance.
Il est temps pour moi de revenir à ma vie. De l'embrasser et de lui promettre de la chérir jusqu'à l'infini. Un enfant serait ma joie désormais.
Partagée entre le désir et l'angoisse de parler, elle était là, assise, fébrile, figée. Voilà, la règle qu'elle s'était imposé : se taire, nous protéger. Je la pressais et regardais intensément tous les interstices de son visage, chacune de ses mimiques étaient passées au crible. Tout allait changer. Il y aurait un avant et un après. J'en avais l'intime conviction.
Alors, je la priais de communier dans un désir de partager ce qu'elle avait gardé en sommeil.
Secret d'alcôve, secret des origines, elle allait tout me dire. Je ne serai plus là quelque part entre la terre et le ciel. Je serai moi.
Lili
TEXTE 12
Je suis moi. Née sous x il y a 24 ans et pourtant tellement la fille de mes parents, ceux qui sont arrivés à mes 3 mois . Je suis moi, qui me dépatouille avec une fille de 4 ans, qui vient de perdre son référent : son papy que nous aimions tellement. Je suis moi, monitrice éducatrice en formation, qui me rend chaque jours avec le sourire dans cette maison d'enfants, avec des petits abîmés de 2 à 7 ans. Je suis moi : complètement toqué du ménage et du rangement, qui ne peut rien entamé sans avoir rangé mon sac, ma maison, etc (mon esprit ?). Je suis moi, trop bavarde, trop excessive, trop gaffeuse. Je suis moi, qui aime le bruit du silence, et les balades au milieu des champs. Nous sommes nous, et tellement plus encore.
Anonyme
TEXTE 13 Miroir mon bon miroir
C’était l’heure, comme tout les matins.
Debout Denise Faut y aller se dit elle.
Sans tarder direction salle de bains, comme tout les matins.
Les traits tendus, la marque du sommeil en rouge sur sa peau blanche
La voilà en face de son miroir, ses yeux piquaient un peu
Après les avoirs frottés elle se regarda, comme tout les matins
Mais aujourd’hui elle ne souriait pas,
Elle ne souriait plus depuis un moment, fatigués, las de la vie
Elle se levait sans conviction.
Elle en avait contre la vie, elle trouvait bien des choses injustes…
L’homme est un animal, il court à sa perte...
Et soudain elle se vit ; Faire d’autres gestes,
Elle se regardait mais son image semblait être quelqu’un d’autre
Elle se pencha, son autre elle fit de même…
Elle se releva,
Son image était toujours penchée vers l’avant !
- Mais ! mais qui es tu ?
- Ben c’est moi, et toi ? qui es tu ?
- Ben, c’est moi !
Elle se parlait, les yeux grands ouverts, et elle se répondait.
Quelque chose ne tournait pas rond,
Apres un petit moment pour comprendre ou pour accepter,
Elle entama une discussion avec elle même, avec son autre elle, celle du miroir.
Se sentant en confiance elle demanda :
- Ca va ?
- Bof pas trop,
- Ha bon ? dis moi, moi c’est pareil je me sens pas trop bien en ce moment
- Ben moi j’ai des soucis de genoux.
- Moi aussi, c’est drôle ça, et en plus j’arrive pas à oublier le cancer de mon mari
- Oo c’est comme moi, ça me rend triste, mais triste
- ….
Leurs conversation dura presque une heure, elle échangèrent leurs vies, leurs impressions
Chacune servant de reflet à l’histoire de l’autre, chacune répondant aux questionnements de l’autre… 
Cette rencontre magique avec une autre image de soi pouvait bouleverser une existence.
Elle parla de sa vie, remonta dans le temps, empruntant les pages noirs, racontant les moments de bonheur, allant jusqu'à se faire des aveux…
Apprenant ce qu’elle, elle avait vécu, ce qu’elle, elle avait enduré et comment elle, elle avait fait pour toujours rester droite, elle s’étonna…
Ces mots résonnèrent dans sa tête : « toujours rester droite »…
Elle sourit Son image lui sourit aussi,
Elle venait de se voir, comme jamais personne n’avait pu la voir,
Flatté, honoré, encouragé par cette rencontre elle passa une bonne journée, une depuis longtemps. Se rencontrer lui avait ôté un poids.
Le lendemain, elle se leva plus vite que d’habitude, et se retrouva très vite dans la salle de bain.
Mais elle n’était plus là, elle ne se voyait plus comme hier
Elle avait pourtant changé,
Le sourire peut être, le teint rose sûrement,
Elle se sourit et lança à travers le miroir :
- Je sais que t’es là, que t’a toujours été là, merci d’être passé me voir, merci pour cette discutions hier matin, merci de t’être confié et de m’avoir écouté, je vais continuer mais prends soins de toi comme je vais prendre soins de moi. Maintenant que je te connais un peu, dans un certain sens je me sens mieux.
Elle ouvrit la bouche tira la langue et dit « 33 »
- Tout va bien ! rassure toi ! Ce n’est pas si fou de se voir deux, non.
Elle repartit vivre une seconde belle journée, avec le sourire,
Et depuis ce jour Denise continu de se lever de la même manière, comme tout les matins
Mais depuis ce jour seulement, elle se sourit dans cette glace, elle sourit à l’image de ce miroir, elle sourit à la vie…et cela la réconforte…
Merci mon miroir !
JR
TEXTE 14
En quête d’identité,
Je me suis beaucoup cherchée.
Ado, ne trouvant pas de réponses,
J’ai essayé la défonce.
Ça endort les sentiments,
Mais ça n'aide pas vraiment.
Aujourd’hui devenue "adulte",
Je suis toujours une grande flippée,
Je fuis les lieux de culte,
Pour mieux trouver MA vérité.
Et je m’en approche un peu,
Quand je me rapproche de toi.
Toi qui es un peu comme moi,
Toi qui as aussi des bleus.
Et on avance en se questionnant,
Et on grandit en avançant,
Et on sourit en grandissant.
Et on avance...

TEXTE 15 Comme une radio à piles du bled
Je n’ai pas les cheveux blancs ou gris, j’ai les cheveux denses et noirs comme le goudron. Pas celui que mes potes se collent dans les poumons. Je tousse quand ils clopent et eux me regardent, et dans leurs yeux, c’est comme si je me mettais à blanchir et que les touffes de ma tignasse tombaient en poudre devant mes pieds. Mes foutus pieds que je regarde comme un con que je me sens, connement coupable d’être différent dans mon genre. J’entends des rires, mais le vieux et le con que je suis n’a pas compris ce qu’ils disaient, parce que je regardais mes pieds de con. « Hein ? Quoi les gars ? », je dis. Je fixe leurs lèvres qui s’agitent sans mots, alors ils se marrent, fort, et là je les entends. Le grand s’approche de moi. Je me mets un peu de profil parce que je veux comprendre, discrètement, de trois quarts, comme un vieux fourbe que je ne suis pas, je me redresse un peu sur mes pieds de vieux et de con, je souris, pour lui montrer que je suis toujours cool putain. Il se penche vers mon oreille en murmurant « hein, quoi les gars ? », il recule. Son rire transperce le hall du collège, rejoint par une putain de danse sournoise de rires qui dégringole. Je n’ai toujours pas compris ce qu’il a dit. Une foutue acouphène me vient dans l’oreille droite, je porte à ma main pour y toucher un peu et je serre les dents, j’attends que ça passe, je connais, les bruits y’a trop de putains de bruits, j’ai le crâne saturé, crâne de vieux et de con, je continue de sourire, parce que je veux pas me taper la honte de faire répéter encore, je déduis, je fais comme si, parce que ça c’est ce que je sais faire. Alors je ris, je fais jaillir ce rire de mes tripes, et leur regard s’agrandit, et je les entraine à rire plus fort, ça se sert dans mes entrailles, ça me déchire l’âme et le cœur, je le fais sortir putain, je le fabrique, je suis une foutue usine à rire artificiel, J’existe là, je suis là putain, et comme ça, j’arrive à être moi. Alors le grand se ramène et me tape dans le dos en esquissant un sourire avant d’engager la marche du groupe vers le gymnase, il me regarde avec un air bizarre. Je préfère me convaincre qu’il est gentil, que ce regard là il me demande pardon. Et je lui accorde dans le silence de ma tête de vieux et de con, au fond de moi à mesure que les secondes défilent. « Pardon, merci mec, je te pardonne ». Puis il balance son mégot et me lâche en se retournant « allez on va en cours Rach ». J’ai fixé sa bouche, elle a bougé, sous la forme que j’attendais. J’avais déjà compris avant qu’il ne parle, je l’ai lu sur ces lèvres. Pas parce que je suis medium, pas parce que je suis un vieux con, pas parce que j’ai un don, ou que c’est toujours ce qu’il répond, parce que je sais le faire même si j’veux pas, parce que j’ai pas le choix non plus pour être là. Alors je lève mes yeux vers lui et je lui réponds d’un air cool qui dit pardon avec ce claquement de langue. Je tchipe, et il me retchipe, parce que je vois bien ses lèvres bouger là, même si une meuf est passée trop près de moi en hurlant, c’est pas grave, j’ai compris, même si je l’ai pas entendu. Et j’avance, et je suis le deuxième, derrière le grand, et les autres sont derrière moi. Je suis deuxième même si je fume pas, même si je fais répéter pour comprendre, ou que je fais comme si j’avais compris alors que pas, pour pas me foutre le honte, pour être comme les autres même si je le suis pas, même si je suis le vieux con, même si je suis moi. Et je me mets à regarder en l’air les néons du couloir qui défilent au gré de nos pas dans le brouhaha insupportable du hall du collège. Je serre les dents, mon cœur s’agite, entre fierté et douleur. J’ose pas imaginer ce que sera une vie à faire tout ça, invisiblement, sans que personne ne s’en rende compte de ce qu’est putain, d’être ce vieux con de moi. Je porte mes deux mains à mes oreilles, l’acouphène est intense, ce foutu boucan électronique dans ma tête me fait saturer le cerveau. J’éteins mes deux prothèses d’un geste sûr et habitué. Je contemple le défilé des élèves autour de moi, de loin je vois le grand qui bouge ses lèvres en tous sens en gesticulant à mon égard, je souris au milieu de ce mime silencieux et paisible, seul à voir mon monde au milieu de moi, comme un vieux film en noir en blanc où y’a les sous titres en bas, les films chiants là. Je lui réponds un signe de main en lui criant « j’arrive mec » J’ai crié, mais j’ai même pas vraiment entendu ma voix. Un petit bruit de fond comme la vieille radio de ma grand mère au bled quand elle l’a oubliée dans sa cuisine, quand les piles commencent à s’user et sont sur le point de lâcher. Je suis comme une vieille radio du bled. Je me dis qu’il faudrait que les réenclenche, mes prothèses, alors je le fais. Je sors du silence qui est moi. Je m’adapte. Comme tous les jours. Oui je suis un vieux et un con, j’ai 14 ans, je m’appelle Rachid, je vais au collège public de Jean Renoir, et au milieu des entendants, je suis sourd, mais je suis moi.
Lou G.
TEXTE 16
Je ne sais pas si c'est le concours qui a fait écho en moi cette nuit mais ce matin, alors que je me suis décidée à appeler différents services dans lesquels j'ai postulé, je me suis trouvée une occupation.
Je ne sais pas encore si je parviendrai au bout de ce travail que je me suis inventée pour exister mais en tout cas, je laisserai enfin une trace, oui, une trace, un échantillon, un bout de vie ou ma vie...
Je ne sais pas combien de temps cela va durer.
Je ne sais pas encore malgré mes projets si cela fonctionnera, mais en tout cas, j'essaie.
Je suis Moi avec mes interrogations, mes questions, mes doutes. Mais Où I tu? Je ne sais pas , loin , loin de croire qu'un jour moi aussi, je serai disqualifiée, fatiguée, en difficulté. J'y croyais pourtant en ce beau métier, je croyais qu'en me mettant à côté de ceux qui souffrent, en les accompagnant, en les soutenant, je serai plus forte pour eux, pour moi. Mais aujourd'hui, mes espoirs, mes projets, ma vie est bouleversée. Je ne suis plus Moi. Je suis un bout de quelque chose, malade de ce monde déshumanisant...
Mylène, éducatrice en difficulté
TEXTE 17
Je n’ai pas demandé grand-chose, ni ces hommes dans mon lit, ni l’argent qu’ils laissaient à ma mère avant de claquer la porte, ni les moqueries. Ni même de naître d'ailleurs. Je n’ai jamais demandé à ce qu’on enferme ma mère, et encore moins qu’elle continue à me priver d’air après cela.
Je n’ai demandé ni le placement, ni la narration encore et toujours de mon histoire, je n’ai pas demandé à ce qu’on punisse qui que ce soit, et encore moins moi.
Je n’ai pas demandé à m’intégrer, j’étais bien toute seule. Mais pour aller bien, il parait qu’il faut pas être seule, qu’on doit s’ouvrir aux gens. Mais jamais personne ne m’a appris ça. Alors j’ai fait à ma manière. Il parait que ce n’était pas la bonne.
Moi, dès que j’en ai eu les capacités, j’ai juste voulu mener ma barque, maintenant que j’étais sur Terre, autant essayer quelque chose. Mais finalement, à part mes histoires de cul, la maternité bien à elle de ma mère et les conneries que j’ai fait pour "au moins esssayer" comme ils disent, personne n’a jamais vraiment pris le temps de m’écouter, encore moins de m’entendre.
Et maintenant on est deux.
Y’a Moi, avec mon histoire de vie merdique et les casseroles qui me suivront jusqu’à la fin.
Et y’a Je, c’que j’avais imaginé de Moi et de ma vie avant qu’on décide pour moi. Alors s’il te plait, Je, suis Moi.
M.
TEXTE 18
Moi... Un peu de vous, de toi, d'eux... Des rencontres, de la musique, beaucoup de musique, parce que ça me permet de m'évader, de rêver, d'exprimer de vivre... Des joies, des peines, la mort... voulu être medecin légiste pour pas être emmerdé par les patients, et je me retrouve éduc auprès d'ado en mal de vivre, d'être. Qui suis je ? Ai Fais un mémoire sur l'identité. Mes parents déracinés, mère enfin de retour dans ses montagnes et père qui rêve toujours d'ailleurs depuis qu'il a quitté sa Kabilie... Des coups, des cicatrices, de l'amour, des bisous, des câlins, de la tendresse... des larmes, des rires, des sentiments, de la colère, l'envie parfois de tout casser, de tout lacher ! Dilettante parfois, mais assumé. Tourné vers les autres. Plaisir de partager avec les proches et avide de nouvelles rencontres et échanges. Donner aux autres et à moi même lorsque je chantais dans les caf'con' et sur les planches du théatre... Mon amour... Ma famille... Mes amis... Ne rien faire et écouter les oiseaux, regarder les arbres et la vie reprendre son cours au printemps dans mon jardin... aimer la pluie qui tombe sur mon visage... Comme mon chat ronronner dans les bras de mon amour... Être avec mes contradictions, mes failles, mes faiblesses, mes erreurs, mes réussites, mes fiertés... Peu importe le regard des autres... Et de la musique... Ressentir les vibrations dans tout le corps, se laisser emporter... Briser les chaînes, les cases... Transmettre... Comprendre les codes, les normes pour mieux les contourner... je suis moi et pour ceux à qui cela ne plaît pas ce n'est pas important, discutons en, échangeons, mais surtout restons nous... ÊTRE... MOI... TOI... VOUS...
Py

TEXTE 19 Je suis domestiquée
Je suis comme mes chats. Obèses et paresseusement riches. Si courageux qu'ils délaissent le jardin, et ne quittent leur vaste demeure que pour accompagner, bien à l'abri sous son giron, la chienne lors des promenades quotidiennes. D'ailleurs je suis aussi comme ma chienne. Méfiante et soumise. Aboyant parfois contre les passants, occasionnellement contre des voisins, et la plupart du temps contre le vent. Je suis un animal d'ornement dans une cage confortable d'une dizaine de lignes, et je ferme les yeux quand je croise un de mes confrères au bord de l'autoroute.
Je suis un animal parce que finalement j'ai raté ma carrière d'être humain. Je suis un empaillé respirant.
Je suis cette sorte de vache laitière, lobotomisée et toxique, et comme elle, demain, je trouverai le moyen d'empoisonner mes bourreaux.
Juliana
TEXTE 20
Je me demande chaque jour ce qui fait ma spécificité en tant qu'individu, cette valeur "ajoutée" qui me différencie de mes collègues educs. Je me demande chaque jour si être une femme est une "valeur ajoutee", au prorata de toutes les batailles qui ont été mises sur mon chemin parce que JE SUIS UNE FEMME.
Je me demande si je lutte chaque jour pour des valeurs sociales ou des valeurs genrée, si je prêche pour ma paroisse, si j'agis pour moi ou pour les femmes même si j'accompagne chaque usager comme un individu sans distinction, ou plutôt avec les distinctions qu'il accepte de me montrer afin qu'on fasse un bout de chemin éducatif ensemble.
Trop longtemps je me suis demandée si je pourrais vivre avec le harcèlement sexuel, cette épreuve vécue il y a maintenant 10 ans et aussi vite occultée pour ne pas être réduite qu'à ÇA.
Avec le tps, je crois que plutôt que lutter contre, je devrais travailler avec, faire en sorte que ça m'apporte quelquechose dans mon travail... de la compréhension, de la tolérance vu que l'acceptation fait partie du Travail, nous qui conjuguons chaque jour avec le déni des usagers face à des réalités souvent bien pires que nos quotidiens propres.
Je me demande chaque jour, qui je suis, si je suis comme vous ou comme eux, ou un peu des deux.
Suis-je seulement bien placée pour vous accompagner dans la bienveillance alors que j'ai des blessures et des failles moi aussi? Mais finalement, si j'en suis là, c'est surement parce qu'un jour j'ai été reconnue légalement victime de harcèlement sexuel et que pour l'accepter, j'ai choisi de lutter à ma façon, de passer de VICTIME a EDUC, pour me sauver.
Je lis, je m'instruis, je tente de comprendre, et je me pose toujours plus de questions. Je ne saurais peut être jamais qui je suis mais heureusement chaque jour, je fais 1 travail enrichissant pour moi comme pour les autres, un travail qui me donne une chance de ne pas être qu'une victime. Mon expérience fait de moi qui je suis et m'a ouvert une porte: la possibilité de devenir educ.
Tnemres.
TEXTE 21
MOI je ne c’est pas trop qui je sui, comment pourrai je décrirE ce bassar qui est en moi… moI en réalité je ne suis pas comme toi …heureusement tu me dira .Moi on ne me voie pas , on me remarque, on me moque et ont me juge défois quand meme ont me comprend. Moi, quand j’ai commencé a écrir et bien c’etais pas jolie jolie enfin vous voyé quoi pas besoin de d « écrir ». Quand j’ai commencé a lire n’en parlon pas « fleuve était fleur et fleure était flute » bref la mouise quoi. Bon c’est pas simple a comprendre en faite en moi habite alexandra et alexandra souvent elle me deteste, elle m’insulte, elle me crie dessue, si elle le pouvait je croi qu’elle me turai. Moi, je ne veut pas lui faire du mal et pourtant souvent je la fait pleuré. Alexandra à put dire qu’a cause de moi elle était timide, elle était mal à l’aise car on ce moque d’elle. Pendant des années on lui à répéter qu’elle n’arriverai a rien a cause de moi. Alexandra elle a vécu en moi car elle n’arrivait pas a vivre pour elle, mais uniquement à travers moi car bon a force d’entrendre alexandra la dys ba forcement elle a cru qu’elle n’était que ca, mais depuit peu elle a dit STOP … A au faite pardon je ne me suis pas presenter MOI je suis la dyslexie et a cause de tout ces representation, ces préjuger, ces cliché et bien alexandra na pas u le temps de ce presenter .Bon comme les 10 ligne sont passé alors en quelque mots je dirai juste que moi je ne me laisserai plus avoir par les préjuger je ne me ferai pas tué par les cliché mais toi qui est derrière ces représentation, ses stigmate toi je vais te combattre car moi je suis comme sa, moi je suis ALEXANDRA et malgres tout ce que tu as put me faire subir j’ai reussi le parie celui d’etre une éduc spé bien dans ses soulier. 10 ligne Célia c’est trop cour alors a une prochaine en attendant MOI je suis MOI enfin nous on est nous ou moi je suis nous, nan, nous je suis moi, chacun est soit… bref peut importe… Moi je suis Moi et toi ?
Non signé
TEXTE 22
Comme toujours un peu saoul, par ces paroles que je boit, ces écrits que je fuit.
Comme la terre nourricières boit le sang des soldats, comme ce temps où je ne fut pas, et qui pourtant fait que je suis la.
Par ce souffle qui me pousse, vacilles mes pupilles, sur le front de mon impuissance, vibre les balances de l'enfance.
Violences insidieuses,l'âme ne l'oublie jamais, le corps fais semblant d'exulter, face aux affronts du passé.
Ce courant qui me pousse à creuser ma trace, indélébile et si peu tenace, rien ne semble trouver sa place.
Dans l'attente d'un hiver neigeux, d'un été orageux , de ce quelque chose, quelque part, qui n'attend que mon départ.
Je suis moi, je suis là, là... mais où? je ne le sais pas.
Sous ce tendre collier de mousse, parmi ces jeunes fleurs des champs, je meurt et me soumet au temps, que l’espérance pensé pouvoir surpasser.
L'illusion continue...
Ne sors pas, non, ne sors pas, tu es bien la. "
Anonyme
TEXTE 23
Un certain matin, un certain jour, je nais. Et depuis…depuis… Je me suis déployée jusqu’à être trop grande pour moi, et me suis recroquevillée jusqu’à ne plus me voir, j’ai vu mes creux se remplir, et mes pleins se vider. J’ai beaucoup pleuré et pas beaucoup couru. Je me suis menti souvent, et j’ai menti un peu. J’ai été beaucoup aimée, et j’ai fait ce que j’ai pu en retour. Je me suis posé des tas de questions, et je me suis inventé des tas de réponses, même que des fois c’étaient les bonnes. Je me suis cognée à des gens, collée à d’autres, et j’ai appris à les aimer sans me détester. J’ai tremblé fort, fuis un peu, et souris souvent. J’ai murmuré des douleurs et crié des silences. J’ai respiré, craché, je me suis étouffée. Je suis restée hébétée et émerveillée devant la diversité du monde. J’ai eu envie d’embrasser des gens qui ne le voulaient pas. J’ai croisé le soleil et l’ombre, le plein et l’abîme, je me suis croisée des fois. J’ai eu de vraies rencontres et des frôlements, et je continue à chercher. Et certains jours, dans certains regards, je nais.
Marie
TEXTE 24
Je suis moi..... Ces 3 mots m'ont trotté un peu dans la tête avant de saisir ma plume, pardon, mon clavier. Ah voilà, j'en tiens une: je suis un peu à l'ancienne, j'écris avec un joli stylo et dans de jolis carnets quand je veux dire des choses intimes, qui en disent un peu plus sur moi... J'écris des textes, des bouts de mots et quelquefois ça forme des chansons. C'est un début tiens..! Je suis moi, celle qui écrit à la main ses peurs, ses tristesses pour les mettre au loin et les transformer, je mets mes maux en musique avec des mélodies qui se baladent dans mon cœur..
Je suis femme, éducatrice, chanteuse, amoureuse et malade aussi. Je fais avec une espèce d'araignée que j'héberge au fond de mon ventre, elle est très irascible, il a déjà fallu plusieurs fois aller arracher quelques unes de ses toiles tissées sur mes organes. Elle a laissé mon ventre vide la garce, vide et plein de douleurs à la fois. La mère en moi a beaucoup pleuré, la femme a pris son stylo et écrit des chansons, la mère sans enfant a appris à vivre avec. Je ne la nomme pas ici cette araignée car j'ai beaucoup souffert qu'on me résume à elle. Vous savez comme on fait si souvent les éducs: nommer, étiqueter, résumer, ça doit rassurer... Je ne veux pas être résumée, je suis un peu de ça, beaucoup de ci mais réduit au ci ou ça c'est incomplet. Dans mon boulot j'essaie de ne jamais l'oublier, d'apprendre de l'autre, de le laisser me montrer ce qu'il veut que je vois de lui, sans les étiquettes notées partout dans des gros dossiers.
Oups, j'ai dépassé les 10 lignes non ?
Je suis moi. Femme, chanteuse, mélodiste, éducatrice, malade, citoyenne, râleuse, gourmande et.. tellement plus encore; comme toi, et toi, et toi....
Christel
TEXTE 25
Pour pouvoir affirmer que l’on est soi il faut d’abord pouvoir définir qui l’on est. Une image dans un miroir ? Un nom marqué sur une pièce d’identité ? Une empreinte digitale unique ? Un ADN ? Un grain de beauté ? Une fossette ?
Chaque jour je m’identifie autrement suivant l’humeur. Hier j’étais une près adulte pleine de conviction et d’ambition, aujourd’hui je suis une professionnel passionné et demain je serai peut-être une bimbo séduisante ou une vieille fille qui tricote près de la cheminée avec son chat sur les genoux.
L’habille ne fait pas le moine. Souviens-toi de cela. Je suis comme nous tous et en regardant cette fille au maquillage noir je pense qu’elle prie Satan tous les soirs. Quand je regarde ce jeune homme la tête couverte de dreads locks je pense que qu’il a plus de THC que d’eau dans le corps. Quand je vois ce type qui grille un feu rouge et me coupe la route je me dis mais quel …idiot (restons poli). Bref je suis conditionné pour faire de tous un cliché et pourtant je prône la liberté d’être chaque jour une personne nouvelle. Ce n’est pas si simple d’être soi car cela nous impose de faire un choix. De savoir qui l’on veut être, comment on veut être. Je suis une injonction paradoxale. Chaque jour je suis moi, mais pas tous les jours le même moi. Et toi ?
Derathé Samantha
TEXTE 26
Educatrice spécialisée, féministe, survivante, humaniste, utopiste, chanteuse à ses heures perdues.
Un brin de militantisme, un fond de révolutionnaire, des névroses à grand bruit.
Une psychanalyse en cours (ça peut toujours aider). Une trentaine d'année, dont la moitié passée avec des minots.
Animation, éducation nationale, et enfin éducation spécialisée.
Sinon je déteste les mots "retoquer", "évaluation", "bien", "mal", "arrêter", "tarification".
"Ce qui m'oblige d'écrire, j'imagine, est la crainte de devenir fou". Georges Bataille.
Molly Alias
TEXTE 27
A 20 ans j ai décidé d être éducatrice spécialisée...
Attirée par les publics les plus trashs, laissés pour compte de nos sociétés. La taule, les bidonvilles de Dakar, Ouagadougou, le Bois de Boulogne, le 119 et j en passe. J ai tout donné, presque tout de moi, avec une telle avidité, jusqu'à ma vie privée. Des images plein le crâne, des flashs, des cauchemars la nuit, des rencontres exceptionnelles qui ont forgé ma personnalité, ce que je suis devenue et dont je me rappellerai à jamais. Regina, parfois homme, parfois femme la nuit sur les maréchaux parisiens, Rachid roués de coups dans les toilettes d un hôtel miteux de Casablanca me demandant d'être témoin des années plus tard de son mariage, Aminata s'étant fait son chez soi dans une décharge mais toujours au bord d'un fou rire, Nino, adolescent habitué du 119, dont j'attendais les appels hebdomadaires entre anxiété et gaieté... Toutes ces personnes rencontrées m'ont offert des moments de vie, de rires, d'à-côtés, de boules au ventre, de peurs, d'espoirs. Nombre d'entre elles resteront gravées en moi comme des traces indéfectibles d'humanité. Elles ont été ma vie, mon salut, ma rédemption, ma raison de vivre... Et puis une nuit, au milieu d'un bidonville de Ouagadougou, tout a vacillé... Awa, petit fille des rues comme on les appelle, m'a longuement regardé, a pris ma main dans la sienne toute menue, l'a serrée, et m'a murmuré : "ils ont tellement de chance de t'avoir comme maman tes enfants". J ai senti les larmes monter... sans pouvoir les retenir. J avais mis de côté ma vie pendant toutes ces années. Je me suis sentie si petite et si vulnérable... Ce fut ma dernière mission... J ai alors pris conscience de l importance de se bâtir soi-même, d entretenir son propre jardin pour pouvoir faire un bout de chemin avec d autres... Awa, petite fleur des rues, jamais assez je ne te remercierai... La coquille tu as brisé!
Zoé

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