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Méfiez-vous des contrefaçons

Publié le 27 février 2015 par Stéphanie @Sariahlit
Méfiez-vous des contrefaçonsBoucher Agnès
292 pages
Éditions Hélène Jacob (2014)
Gide a écrit : « Famille, je vous hais ». De son côté, Woody Allen « préfère l’incinération à l’enterrement et les deux à un week-end avec sa famille »…
La famille, on a beau la fuir, elle vous revient souvent dans la figure comme un boomerang faussement facétieux. Quand ce retour prend l’allure de jeu de massacre dans les rues de Paris, où les femmes tombent comme des mouches sous les doigts d’un tueur acharné, cela devient carrément insupportable…
En même temps, Victoire Meldec ne voit pas pourquoi elle devrait se sentir concernée, même après sa rencontre musclée avec le meurtrier, et malgré ce que chacun s’acharne à lui répéter, jusqu’au commissaire Tahar Agnelli, indécrottable individualiste, finalement pas si insensible que cela au charme de la donzelle.
Mais sommes-nous vraiment celui – ou celle – que chacun de nous prétend être ? Quels sont ces masques dont nous nous servons pour cacher nos peurs et nos désirs, enfouis au plus profond de notre inconscient, collectif ou individuel ?
Tout cela peut-il finir un jour, et les Parisiennes profiteront-elles enfin du retour du printemps sans plus craindre le pire… ?

Extrait :
« Prétendre que Ludovique n’esquisse pas un geste de recul lorsqu’elle découvre Victoire sur le palier serait mentir. Puis elle l’attire dans ses bras, effleure du bout des doigts le visage meurtri, l’embrasse délicatement là où elle devine qu’elle ne lui fera aucun mal.
-Quel fils de pute t’a mise dans un tel état ?
Victoire se dégage d’un violent coup d’épaule. Au moins avec Gustave, elle savait pouvoir éviter toute sensiblerie, sentiment purulent et désolant qu’elle a toujours détesté. Elle s’est fait amocher, et alors ? Pas de quoi en faire tout un plat ! Sa bouche tuméfiée n’est même plus douloureuse, tout juste gonflée. Seule la plaie qui serpente de son front à sa tempe n’a rien de seyant. Si elle pouvait, Victoire se ferait une joie de raconter à Ludovique le mauvais coup qu’elle a flanqué à son agresseur, mais parler du poignard équivaut à raconter la longue histoire des pneus et cela est impossible, du moins à ce stade précoce de leur relation. Ludovique doit la prendre comme elle est, ou bien elle ne se reverront plus. »

Avis de Nathalie :
Pour commencer, quelques remarques sur l’écriture. J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire car je n’ai pas tout à fait adhéré au style d’écriture de l’auteure. Le problème ne réside pas dans la syntaxe mais plutôt dans le choix de certains mots et un vocabulaire parfois argotique avec lequel j’ai eu du mal. Cependant, la dynamique et le rythme de l’intrigue vont crescendo au fur et à mesure de l’avancée du lecteur dans le livre comme dans tout bon polar qui se respecte. Pour ce qui est des dialogues, ils nous permettent d’en savoir plus sur les relations entre les personnages et l’avancée de l’intrigue. Le vocabulaire employé, en accord avec l’âge des personnages et leur statut social, rend parfois la lecture difficile non pas en terme de compréhension mais plutôt stylistique. En effet, certaines phrases ont parfois un rythme un petit peu étrange. Le temps du récit se fait principalement au présent mais on retrouve aussi quelques passages au passé (ceux dont il est question de la vie passée des personnages). Enfin, on retrouve les point de vue de plusieurs personnages dont le témoin d’un des meurtres, une journaliste, un enquêteur et le meurtrier. Maintenant, quelques remarques sur l’histoire. L’intrigue est bien préparée mais parfois un petit peu prévisible : dans les actions des personnages, l’avancée de l’enquête. On retrouve aussi plusieurs clichés sur la police dont on pourrait bien se passer. Par exemple le tandem bon flic/ mauvais flic. Ou encore, le petit vieux qui pense que tous les policiers frappent les témoins. On retrouve aussi tout un panel de personnages bien définis : le machiste, l’homosexuelle, l’impétueuse, l’indifférent, le psychopathe, etc…Cela est un bon point car on peut facilement différencier les personnages. C’est une intrigue plutôt originale, non pas dans son déroulement, mais dans le fait que l’ont suit aussi les agissement du tueur au travers de chapitres avec son point de vue. Mais, la fin de l’histoire n’en reste pas moins assez prévisible : je me doutais depuis un bout de temps de l’identité du tueur. L’histoire menée sur plusieurs fronts nous permet d’avoir plusieurs point de vue sur la progression de l’intrigue sans, cependant, être répétitif dans ce qui est raconté. En effet, chaque chapitre se déroule à une date précise et chaque fois à une heure différente. Cela permet d’avoir plusieurs points de vue tout en avançant dans l’histoire et l’intrigue. Les personnages, assez différents les uns des autres, ont chacun un passé assez compliqué et trouble. On ne peut que s’attacher à eux. Cependant, j’ai eu énormément de mal à m’attacher au personnage de Victoire, une femme assez misanthrope qui se fiche de tout le monde. En conclusion, malgré un vocabulaire et un personnage principal auquel j’ai eu du mal à adhérer, j’ai passé un assez bon moment avec ce livre. Je recommande de le lire à toute personne aimant les polars, il en vaut bien la peine.
Chroniqué pour Sariah'lit dans le cadre du projet "A la découverte d'auteurs francophones".
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