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Culte du dimanche : L’Ours, de Jean-Jacques Annaud

Publié le 08 mars 2015 par Fredp @FredMyscreens

Culte du dimanche : L’Ours, de  Jean-Jacques Annaud

Avec la sortie récente du Dernier Loup, il était bien naturel de revenir sur le premier film à animaux de Jean-Jacques Annaud. Il s’agit bien sûr de l’Ours qui a ému tant de personnes.

Culte du dimanche : L’Ours, de  Jean-Jacques Annaud

Après le succès d’un film aussi audacieux que la Guerre du Feu, Jean-Jacques Annaud a bénéficié de toute la confiance de son producteur Claude Berri. Il décide donc d’adapter le roman de l’américain James Oliver Curwood, Le Grizzly, écrit au début du XXe siècle. Il s’engage alors dans une longue aventure pour suivre de près l’histoire de cet ourson qui perd sa mère et trouve refuge auprès d’un grand grizzly tout en étant suivi par des chasseurs. Le temps de monter le projet et surtout de dresser les animaux, Annaud va alors se tourner vers un autre projet tout aussi risqué, l’adaptation du Nom de la Rose.

Après son aventure avec les moines et Sean Connery, il retrouve donc ses ours dressés et part tourner en Italie, en Allemagne et en Autriche. Il s’approche comme rarement dans un film de fiction, des animaux pour livrer un récit initiatique familial poignant et parfois même plus humain que bon nombre d’histoires. Comme dans de nombreux contes, notre héros est donc orphelin, perdant sa mère dans une déchirante scène dès le début du film. Le petit, seul dans un monde sauvage qu’il ne connait pas encore va trouver refuge auprès d’un ours immense qu’il imagine évidemment comme un parent d’adoption mais auprès duquel il devra faire ses preuves.

Culte du dimanche : L’Ours, de  Jean-Jacques Annaud

Le petit ours va devoir apprendre à chasser, à pêcher, à manger les bons aliments (la scène des champignons aura traumatisé plus d’un enfant) tout en surmontant le deuil de sa mère qui lui donne encore des cauchemars. Et là dessus vient s’ajouter la menace des hommes. Le film étant entièrement tourné du point de vue des animaux, les humains paraissent alors atroces, de même que leurs chiens de chasse. Car Jean-Jacques Annaud a donné tellement d’humanité, d’émotion aux ours dans leurs attitudes et dans leurs grognements que l’on se place forcément de leur côté. D’ailleurs, on signalera que le réalisateur regarde aussi la sauvagerie animale en face, montrant clairement tout le côté saignant de la chasse ou de l’attaque des chiens qui fait mal au coeur.

Culte du dimanche : L’Ours, de  Jean-Jacques Annaud

Mais le récit initiatique de ce jeune ourson qui apprend la vie dans un monde sauvage revêt aussi une autre dimension lorsque l’on commence à s’intéresser un peu plus au chasseur campé par Tchéky Karyo. En effet, au contact de l’ours, il va commencer à comprendre la beauté de la nature sauvage et le respect qu’elle impose, le faisant alors douter. Jean-Jacques Annaud impose ainsi une vision de l’homme qui se doit d’être humble face à la nature. Un message qui reste suffisamment universel pour que le film reste assez intemporel.

Culte du dimanche : L’Ours, de  Jean-Jacques Annaud

Même si quelques passages du film ont un peu vieilli à l’image de ce rêve en stop motion, la beauté des paysage, la maîtrise du dressage et la personnalité des ours impressionnent et touchent toujours autant. Impossible de ne pas être attendri par le petit Youk. Et les français ne s’y sont pas trompé en réservant un triomphe au film avec plus de 9 millions de spectateurs. Même à l’international le film a excellemment bien fonctionné (il faut dire que la quasi absence de dialogue aide à franchir les frontières), permettant alors à Jean-Jacques Annaud de décrocher un nouveau César du meilleur réalisateur.


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