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Kiki

Publié le 16 mars 2015 par Loulou Coco

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   Kiki (9 titres), de Vincent Malone et Jean-Louis Cornalba

   Planquez-vous, y a le kiki qui débarque ! Non je ne fais pas d’allusion graveleuse sur un site dédié à la littérature jeunesse. Non, je ne parle pas des peluches très années 90 toutes en poils et en pouces suçotés. Je vous parle d’un nouveau héros qui va se battre bec et ongles pour ravir votre cœur.

Tout en poils !

L’ancien Kiki …

Ki c’est Kiki ?

Très bonne question. Kiki c’est le héros d’une série de 9 titres parus dans une drôle de collection : L’Ours qui pète chez Seuil Jeunesse. Rien qu’au nom, vous devinez l’ambiance dans les bureaux : ça doit bosser sévère. Kiki donc est un petit pingouin que l’on suit dans des aventures totalement délirantes et politiquement incorrectes. Parce que Kiki a un sale caractère et que ça lui attire pas mal d’ennuis, ou en tout cas, les ennuis adorent attirer Kiki. Il est entouré de toute une bande d’amis (un ours, un pélican, un lapin, un renne, un crocodile et un calamar) qui l’aideront comme ils peuvent dans ses périlleuses aventures.

... le nouveau Kiki

… le nouveau Kiki

K’est-ce ki fait ?

Tous les titres de la saga de Kiki possèdent un titre disons … évocateur. Je vous laisse juge :

  • Kiki fait caca (2013)
  • Kiki, king de la banquise (2013)
  • Kiki fout le camp (2013)
  • Kiki kiffe l’école (2013)
  • Kiki en Amérique (2013)
  • Kiki a un kiki (2014)
  • Kiki et l’œuf de Pâques (2014)
  • Kiki est toc-toc (2014)
  • Kiki fait des crêpes (2015) 

C’est beau. Tant de poésie laisse songeur.

Lorsqu'on découvre pour la première fois la liste des titres de Kiki ... et leurs résumés

Lorsqu’on découvre pour la première fois la liste des titres de Kiki … et leurs résumés

K’est-ce ki dit ?

Je n’ai lu que deux titres de Kiki et je compte bien mettre la main sur les autres. Mais en attendant, je vais vous chroniquer les deux titres qui trônent déjà sur ma bibliothèque (entre Le Seigneur des anneaux et Molière), à savoir : Kiki, king de la banquise et Kiki en Amérique.

Kiki, King de la banquise :

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On commence l’histoire de manière classique. On nous présente maman pingouin et papa pingouin avant même que Kiki ne soit une mauvaise idée dans leur petite tête. Entre les deux, c’est le coup de foudre, et forcément à la suite d’un « clin d’œil coquin », ça fait « cradaboum schlaka ». Quelques secondes plus tard (ce sont des rapides chez les pingouins), hop Kiki sort de sa coquille pour conquérir le monde. Enfin au départ, Kiki est plutôt sage. Il fait « le casse-cou avec une catapulte et des cailloux », mais il porte un casque ; il taquine le cachalot mais toujours à bout de pique. Le seul soucis de Kiki, c’est qu’il est mauvais à l’école et qu’il se retrouve trop souvent sur le banc des ânes.
Mais voilà, cette petite vie tranquille bascule le jour où la banquise craque. Le papa de Kiki tombe dans la mer et se fait gober par le cachalot (la vengeance est un plat qui se mange salé). La maman de Kiki, sur son petit iceberg, ne survivra pas à sa rencontre contre le Titanic (remarquez, l’inverse est vrai également). Kiki est seul, terriblement seul. Les jours passent et il commence à halluciner, lorsque, miracle, les écolos viennent le sauver. Mais les écolos ne sont que des « sadiques » qui utilisent les animaux pour tester les cosmétiques. Armé d’une petite cuillère, Kiki creuse, creuse, pour libérer tout le monde. Les écolos les pourchassent, mais Kiki est plus fort et sauve tout le monde d’une fin terrible et vogue en zodiac à moteur vers de nouvelles aventures. Direction : l’Amérique.

L’histoire est déjà drôle à la base. L’humour n’est pas forcément pour les enfants, puisqu’on y trouve de nombreuses références culturelles assez pointues et un vocabulaire soit cru / soit compliqué. Pourtant les dessins sont minimalistes, presque enfantins et cela donne un contraste amusant entre le texte et l’image. La structure du livre a également de quoi étonner. Nul doute qu’il vous faudra au moins deux lectures pour capter toutes les répliques. Parce que l’image se découpe en deux : une partie supérieur qui occupe le tiers de la page et qui nous montre Kiki en action et une partie inférieure qui nous montre les « dessous » de la banquise et qui nous gratifie de délicieux commentaires sur les actions de Kiki.

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 Kiki en Amérique

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Kiki et ses amis pensaient débarquer comme ça en Amérique. Mais dès que leur zodiac touche le sol américain, surprise : la New York Police Squad est là pour les cueillir. Kiki est pris pour un activiste d’Al-Quaïda. Kiki et ses amis sont alors obligés de passer par la case prison. Ils y font de belles rencontres jusqu’à ce qu’un ténor du barreau n’arrive à les faire libérer. Seulement voilà, une fois libre, il leur faut de l’argent pour vivre, ou bien ils risquent fort de devenir sans-abri. Kiki repère une annonce pour un casting. Avec son charme naturel, Kiki a vite fait d’envoûter les producteurs. De là, tout s’enchaine, l’American Dream devient réel et Kiki enchaine les films, les suites, les préquels, et les sequels à vitesse grand V. Il passe de plateau en plateau, de talk show en talk show. Kiki fatigue, mais il ne peut pas arrêter, il est lié par un contrat aux producteurs. Alors Kiki sombre dans l’alcool et la drogue. Il devient aigri, il enchaine les apparitions minables dans les pubs de banlieue. Jusqu’à ce que ses amis décident de lui sauver les fesses et de l’enlever à sa vie. Ils le kidnappent, l’enferment dans le coffre et roulent en cadillac vers de nouvelles aventures. Direction : le Mexique.

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Véritable critique de la société américaine et d’Hollywood, Kiki en Amérique fait preuve d’une liberté de ton surprenante. Beaucoup plus délirantes que dans le tome précédent, les aventures de Kiki s’enchaînent à une vitesse folle. Pas un seul temps mort et c’est tant mieux. Les dessins, simplistes, contrastent toujours autant avec le texte. La structure en deux parties de l’image est toujours présente, quoi que plus subtile. L’auteur et le dessinateur ont préféré introduire ça et là des personnages « commentateurs » plutôt que de véritablement casser leur image en deux. Cela ne change rien à l’affaire : c’est drôle et on en redemande.

K’est-ce k’on en pense ?

Pour moi, ces albums ne sont clairement pas pour les petits. Ce sont des perles d’humour noir et de second degré. Il faut donc un lectorat qui soit en âge de comprendre tout ça.  Certains titres sont cependant plus accessibles que d’autres et il est tout à fait envisageable de le faire lire à un enfant sans qu’il  comprenne toutes les blagues. Il pourra toujours le relire plus tard.
J’ai pour ma part adoré le ton du livre et le décalage dessin/texte qui est mis en place. Kiki est mignon oui, ses aventures pas forcément. Les références à la culture pop, très présentes dans chacun des tomes, sont aussi un régal pour la lectrice/consommatrice que je suis. C’est un vrai plaisir que de chercher à quoi telle ou telle réplique fait allusion.
En bref, à ne pas mettre entre toutes les mains mais tellement délicieux.

Le Recap’ :

Points positifs :

  • Un humour décapant
  • De nombreuses références à la culture pop
  • Une critique sous-jacente de notre société

Points négatifs :

  • Des albums qui ne sont pas tous pour les enfants
  • Un vocabulaire soit trop cru soit trop compliqué pour les plus jeunes

Bonne lecture les Cocos !


Auteurs : Vincent Malone & Jean-Louis Cornalba
Editeur : Seuil Jeunesse (collection L’ours qui pète)
Date de Parution : De 2013 à Aujourd’hui
Public cible : A partir de 8 ans / 10 ans pour l’humour


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