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Loin de la Foule Déchaînée, critique

Publié le 01 juin 2015 par Fredp @FredMyscreens

Loin de la Foule Déchaînée, critique

Le danois Thomas Vinterberg quitte ses terres pour adapter l’un des chef d’oeuvre de la littérature anglaise avec un joli casting. Résultat, Loin de la Foule Déchaînée est une grande pièce romanesque magnifiée, un beau moment de cinéma comme on n’en fait plus.

Loin de la Foule Déchaînée, critique
Ayant fait parler de lui à Cannes pour Festen et la Chasse, le danois Thomas Vinterberg quitte ses terres nordiques pour s’installer en Angleterre le temps d’un film qui peu sembler moins personnel mais auquel il donne justement beaucoup de personnalité. En effet, le réalisateur adapte le récit Loin de la Foule Déchaînée de Thomas Hardy, récit romanesque en costume se déroulant dans la campagne anglaise où une jeune femme hérite d’une ferme et doit faire ses preuves dans un milieu masculin tout en devant gérer ses différents prétendants.

Avec son style naturaliste, proche de la terre et des personnages, Vinterberg plante d’emblée le décor et sa manière de raconter l’histoire, à la manière d’un grand film romanesque et intimiste. Il va ainsi rester au plus près des émotions de ses personnages et en particulier de Bathsheba Everdene, jeune héritière au caractère fort qui préfère son indépendance aux histoires d’amour contrariées auxquelles elle ne pourra pourtant pas échapper. Se déroulant sur une bonne année, l’histoire nous montre ainsi un contexte (la campagne de l’Angleterre victorienne) dans lequel les femmes devaient encore mériter leur place mais où, en jouant adroitement, elles pouvaient bien avoir la main mise sur les hommes.

Loin de la Foule Déchaînée, critique

Épousant les paysages et couchers de soleil de manière sublime pour nous emporter dans cette romance rurale de manière magnifique et authentique, le réalisateur adopte un vrai sens du romantisme et de la dramaturgie pour rendre parfaitement justice au livre qu’il adapte parfois mot pour mot (le sens du dialogue est parfait) avec bon nombre de scènes sublimes (comme celle du chant au dîner). Et surtout, il s’attache à nous présenter des personnages complexes, loin de l’amoureux transi ou de la jeune  effrontée et romantique. La jeune Bathsheba doit faire ici avec un mari impétueux et détestable mais que l’on comprend dans son désespoir amoureux et à un prétendant qui pourrait la mettre à l’abri du besoin en s’oubliant soi-même (parfait Michael Sheen tout en subtilité).

Loin de la Foule Déchaînée, critique

Mais c’est surtout le couple phare du film que l’on admire. Bathsheba Everdene est une femme passionnante, forte, déterminée, qui apprend de ses erreurs pour mener à bien son affaire, et Mr Oak est bien son pilier, l’amoureux qui ne traînera pourtant pas toujours derrière sa bien aimée, se faisant rapidement une raison pour être juste présent et de bon conseil en cas de besoin. Incarnés par les impeccables et très justes Carey Mulligan et Matthias Schoenaerts, ils irradient littéralement l’écran à chaque scène ensemble, jusqu’à la fin. Devant la caméra qui capture chacuns de leur no dits, de leurs regards, le couple nous offre alors de beaux instants de romantisme british comme on n’en fait plus.

Loin de la Foule Déchaînée, critique

Loin de la Foule Déchaînée est donc sans doute la plus belle proposition de cinéma romanesque au sens noble du terme comme on n’en a pas vu depuis longtemps, portée par des personnages forts et impeccablement interprétés et une réalisation naturelle qui valorise le texte initial de l’auteur et  ne se laisse pas porter par les violons pour rester au plus proche de la nature des sentiments.


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