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Coule la Seine, de Fred Vargas

Publié le 02 juin 2015 par Clarabel
Coule la Seine, de Fred Vargas

L'écoute de ce livre audio ne dure que 2 h 55, et pour cause, ce sont seulement 3 courtes nouvelles rassemblées dans un seul ouvrage : Salut et liberté ; La Nuit des brutes ; Cinq francs pièce. Chacune ont en commun de mettre en scène notre cher Adamsberg dans des affaires plutôt secondaires et sordides, mais où le personnage du clochard tient un rôle primordial. C'est peu, pas très croustillant, mais c'est toujours un vrai régal de lire la plume de Fred Vargas et d'être en compagnie du commissaire et de Danglard. Ce duo improbable et attachant. L'un fait le bruit des vagues, l'autre le bruit du vent. L'un se fie à l'instinct et croit aux forces de l'humanité, l'autre se fie à la réflexion et croit aux forces du vin blanc. Ne cherchez pas, on atteint des sphères cosmiques inexplicables. Et cette étincelle, Jacques Frantz l'a bien cernée en interprétant une lecture enflammée et virevoltante pour Audiolib (3ème collaboration, après Thierry Janssen et François Berland). Vivement le mois de juin, pour la sortie de Temps glaciaires !

Audiolib ♦ mai 2015 ♦ texte lu par Jacques Frantz (durée : 2h 55) ♦ éditions Viviane Hamy, novembre 2002

" Ton collègue blond est assez emmerdant mais je l'aime bien, et puis il est généreux. Il se pose des questions sans fond, il s'inquiète et ça fait le bruit des vagues. Toi en revanche, tu fais le bruit du vent. Ça se voit à ta manière de marcher, tu suis ton souffle. Ton ami blond voit une flaque. Il s'arrête, examine la chose et il la contourne, il prépare bien son affaire. Toi, tu ne vois même pas cette flaque mais tu passes à côté sans le savoir, au flair. Tu piges ? T'es comme un magicien... "

♦♦♦

" Danglard connaissait assez le commissaire pour comprendre, à la variation d'intensité de son visage, que quelque chose d'intéressant s'était produit ce matin. Mais il se méfiait. Adamsberg et lui avaient des conceptions très éloignées de ce qu'on appelle un "truc intéressant". Ainsi, le commissaire trouvait assez intéressant de ne rien faire, alors que Danglard trouvait cela mortellement paniquant. Le lieutenant jeta un coup d'oeil soupçonneux à la feuille de papier blanc qui voletait entre les mains d'Adamsberg. À vrai dire, il s'était accoutumé à cet homme, tout en s'irritant d'un comportement inconciliable avec sa propre manière d'exister. Adamsberg se fiait à l'instinct et croyait aux forces de l'humanité, Danglard se fiait à la réflexion et croyait aux forces du vin blanc. "


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