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[Vidéo] Extrait de la semaine #11 J'ai tué ma mère de Xavier Dolan (2009)

Par Jordan More-Chevalier @KinoJmc

C'est la fête des Mères et quoi de plus réjouissant que de revoir un extrait du premier (et meilleur) film de Xavier Dolan J'ai tué ma mère. Sorti en 2009, le jeune réalisateur a alors 20 ans et démontre déjà tout son talent en interprétant, réalisant et produisant son premier long-métrage, présenté la même année à la Quinzaine des réalisateurs.

Abordant le sujet de la haine infantile avec une étonnante maturité, le réalisateur de Laurence Anyways fait preuve d'un savoir-faire et d'une virtuosité qui imprimera sa filmographie ; Des Amours imaginaires à Mommy, il présente un cinéma pop et accessible tout en conservant les exigences d'un cinéma d'auteur plus orthodoxe.

On retrouve dans le film les actrices fétiches du metteur en scène canadien : Anne Dorval dans le rôle de la mère et Suzanne Clément dans celui du professeur bienveillant. Dolan parvient à prendre assez de recul pour juger ses personnages à la lumière de leurs qualités et de leurs défauts, ne tombant pas dans l'écueil simpliste de la jeunesse contre l'autorité parentale, il dissèque avec grande perspicacité les relations conflictuelles entre une mère et son fils, le scénario est alors balancé entre déclaration de haine et d'amour.

Comme toujours dans les films de Dolan, les pères sont aux abonnés absents, présentés comme une pathétique figure d'autorité qui n'assume jamais ses responsabilités affectives (il va de soi que le réalisateur québécois s'est inspiré d'expériences personnelles), il se montre beaucoup plus tendre et compréhensif envers les mères et ne s'adonne jamais à un dualisme primaire.

Avec une filmographie déjà bien fournie et une sélection comme membre du jury cette année à Cannes, Xavier Dolan s'est aujourd'hui imposé comme un personnage incontournable du 7e Art. Pourtant, c'est bien dans ce premier film que l'on pourra puiser à la genèse de ses inspirations. En effet, il y a dans J'ai tué ma mère, cette fragilité, cette sobriété et paradoxalement cette rigueur que l'on s'impose dans la réalisation fiévreuse d'un tout premier long afin de combler les lacunes, qui sublime le film et lui donne toute son authenticité.


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