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De la flore maritime de Lorraine dans le Pays du Saulnois

Publié le 07 septembre 2015 par Groupe Ble Lorraine @BLElorraine

A plus de 400 km du littoral, la Lorraine possède un patrimoine maritime unique en milieu continental. Dans la partie orientale du Parc Naturel Régional de Lorraine (PNRL), les mares et les prés salées de la vallée de la Seille, près de Marsal et de Vic-sur-Seille, recèlent en effet une flore exceptionnelle sur près de 250 hectares.

salicorne Marsal

Salicorne dans les mares salées de Marsal (Crédits photo : Conseil Départemental de la Moselle)

Plusieurs variétés halophiles, c’est-à-dire qui aiment le sel, composent l’herbier de ces îlots. On peut notamment y observer la Ruppie maritime, une plante herbacée aquatique coutumière des eaux salées, la Renoncule de Baudot, le Buplèvre grêle ou encore l’Aster maritime, belle marguerite de 20 à 100 cm qui pousse au bord des fossés ou des mares salées. On trouve également deux variétés de Salicorne, la Salicorne de Vic (Salicornia vicensis), qui ne se rencontre qu’à Vic-sur-Seille et nulle part ailleurs, et la Salicorne d’Europe ou Salicorne rougissante (Salicornia brachystachya). Plus répandue, cette dernière, appelée Passe Pierre dans le Saulnois, s’épanouit dans ces milieux halophiles si elle a de la place. Chaque automne, des employés du PNRL coupent les roseaux à la main pour qu’ils ne colonisent pas intégralement l’espace en étouffant le reste. Très rares en Lorraine, ces deux variétés de Salicorne sont sous haute surveillance. La récolte de Passe Pierre est désormais interdite.

Toutes ces plantes halophiles se répartissent de façon plus ou moins concentrique à la périphérie des sources salées, selon un gradient de salinité et d’humidité décroissant. Cet écosystème fragile est la résurgence d’un passé multimillénaire, dont l’origine remonte il y a un peu plus de 200 millions d’années. La Lorraine était alors recouverte par les eaux chaudes et peu profondes de la Mer de Thétys. En se retirant, l’océan laissa au sous-sol bien des richesses. Un or blanc exploité plus tard par l’homme et qui fit la richesse et la prospérité du Pays du Saulnois. L’évaporation d’une lagune dans la vallée de la Seille a permis au sel de s’accumuler avant de cristalliser. Les sédiments argileux venus ensuite recouvrir la couche salifère l’ont toutefois laissée affleurer par endroits, libérant des sources chargées de saumure. On en recense encore une douzaine aujourd’hui dans la plaine alluviale de la Grande Seille et, dans une moindre mesure, dans la vallée de la Nied.

Ces milieux sont le repère d’une multitude d’oiseaux, d’amphibiens et d’insectes, à l’image du courlis cendré, du râle des genêts, du tarier des prés ou encore du crapaud sonneur à ventre jaune.

A noter qu’un sentier pédagogique en bois de quelques centaines de mètres permet de découvrir et de serpenter à travers cet incroyable univers maritime à la sortie de la cité fortifiée de Marsal.

(Source : RL du 30/07/2015)


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