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Alimentation, sport, hygiène de vie après bébé et "diktats" sur le corps des femmes: mon point de vue

Publié le 21 septembre 2015 par Unechambreamoi

Alimentation, sport, hygiène après bébé

ben oui, elle est canon.


Suite au billet de Marie des Mamans Testent, "l'injonction permanente faite au corps des femmes", j'ai découvert l'existence de la coach sportive Lucile Woodward, et sa mise au point "à propos de mon job" après la polémique ayant suivi son billet "ne me parlez plus de kilos de grossesse".
Ayant suivi avec plaisir, ces derniers mois, les progrès sportifs et l'amincissement de Marie sur son blog, j'ai été un peu surprise par sa réaction. Je suis donc allée voir le blog de la coach pour me faire mon avis... d'autant plus que les sujets du corps, de la remise en forme après bébé, me parlent (j'en ai fait une rubrique), et que je publie régulièrement des billets sur la question (avec de parcimonieuses photos pour illustrer le tout.)
Eh bien, pour tout vous dire, j'aime bien sa mise au point sur son job de coach sportive, et le ton de son blog en général.
Elle ne s'adresse pas à toutes les femmes, pas à celles qui sont bien dans leur corps (kilos en "trop" ou pas), ni à celle qui refusent de céder à un canon de beauté interprété par elles comme un "diktat"... elle s'adresse aux femmes qui se sentent encombrées par les kilos, qui veulent voir des changements opérés sur leur corps et viennent lui demander des conseils/de la motivation.
J'imagine que si des femmes font la démarche d'aller taper à la porte d'une coach (ou même de lire son blog) c'est pour perdre des kilos et se muscler, et donc sont prêtes à bouleverser un peu leurs habitudes et leur confort.
Une coach est précisément là pour ça... Pas pour leur chanter une berceuse au coin du feu, ni leur cuisiner de bons petits plats en sauce, mais pour "bouger" un peu ses coachées, leur mettre un petit coup de pied aux fesses quand elles ont un peu la flemme d'y aller  ou se cachent derrière des excuses -"il fait froid, je suis fatiguée, je suis gourmande, j'aime trop le sucré, je ne suis pas sportive", etc- (on est tous pareil...et ce n'est jamais agréable de se faire tirer du canapé en plein mois de novembre!)
C'est comme dans tous les domaines; pour arriver à un résultat, il faut des efforts, de la patience, de la persévérance (et ce n'est pas facile)
Et le sport est la discipline par excellence ou il faut faire montre des ces qualités.
Je ne vois pas bien où est le problème en fait... Ni en quoi son message serait une culpabilisation de TOUTES.
Le message est véhiculé par une coach sportive, il ne me parait pas complètement loufoque qu'elle illustre ses propos en ayant un corps mince et musclé. Je ne comprends pas bien ce soulèvement de commentaires pour l'accuser d'entretenir de quelconques diktats. Si elle affirmait toute la journée qu'elle se gavait de cassoulet et de chocolat sans jamais prendre un gramme, je comprendrais qu'on lui reproche son hypocrisie, et même de mentir. Mais là... il n'y a pas tromperie sur la marchandise.
J'ai aussi du mal à concevoir qu'on lui reproche son manque de "bienveillance". Ce mot est galvaudé, utilisé à toutes les sauces en ce moment (à lire, le billet "bienveillance mon cul" de Myzotte) et ne me parait pas pertinent dans ce domaine précis.
Si on est bien dans son corps, qu'on ne veut pas faire de sport (et heureusement on en a tout à fait le droit), ou même si on veut mincir sans effort (là c'est plus compliqué), ou qu'on veut entendre que nos habitudes sont bonnes, et qu'on n'a aucune modification à apporter, on ne va pas voir un coach sportif (on va voir sa meilleure amie -ou sa meilleur ennemie, tiens-, à la limite son chocolatier ou son charcutier...;-)
Un prof de sport n'est pas là pour nous caresser dans le sens du poil, il est là pour nous aider à nous dépasser, à prolonger l'effort une fois le moment difficile atteint. On le maudit intérieurement, on le déteste, il est énervant... mais une fois la séance finie, quand on constate qu'on a atteint un objectif, qu'on a "réussi", on est fier de nous, et on n'a qu'une envie: lui dire merci.
Mes quinze ans de danse ne m'ont jamais apporté de "bienveillance": mes profs étaient exigeantes (ce n'est pas un gros mot), voire dures. Elles nous en demandaient beaucoup. Et pourtant, je revenais à mes cours avec plaisir, et qu'est ce que je les ai aimées, mes profs.
Je ressens la même chose maintenant au yoga. C'est justement cette exigence que je recherche en allant à mon cours, suivie de la gratitude que je ressens à l'égard de mon prof.
Il y a évidemment de la bienveillance à avoir sur les différents corps, les morphologies; un prof qui serait dans le jugement esthétique et personnel serait à fuir (et dans mon cours il y a tous les types de physique!). En revanche le prof est là pour nous faire transpirer et "souffrir", pas pour compatir ou nous trouver des excuses.
Alors certes, j'ai eu la chance de grandir avec le sport, cela m'a peut-être endurcie, rendue plus exigeante avec moi-même que si je n'en avais jamais fait.
Mais n'importe quel prof, dans n'importe quel domaine, qu'il soit intellectuel ou créatif, sera exigeant et demandera à l'élève de fournir des efforts. Pour progresser, on ne peut pas se passer de cette étape, c'est mathématique.
Ce joli concept de "bienveillance" cache souvent des notions un peu moins nobles, comme l'hypocrisie, la complaisance, la condescendance... appelons un chat un chat, c'est plus simple pour tout le monde.
Ces valeurs positives véhiculées par le sport, telles que la réussite, le dépassement de soi, l'effort, l'endurance, la patience... ont mauvaise presse, notamment en France... pourtant je les trouve belles!
Non, "quand on veut on peut" n'est pas une insulte ou une culpabilisation facile, c'est une phrase qui peut aider dans bien des situations de la vie. Elle ne signifie pas qu'on doive réussir à tous les coups, ni jamais se tromper... elle n'est pas cassante ni castratrice, au contraire elle est libératoire, elle a le mérite d'être motivante et juste.
Quand on voit un modèle de réussite, une personne qui s'est enrichie, certains choisissent de le dénigrer, "ah c'est forcément un pourri", ou de se placer en victime, d'autres voient plutôt ce modèle comme quelque chose d'inspirant, et qui ne leur enlève rien. Question de point de vue.
Après, je conçois que la démarche de montrer ses réussites, montrer qu'on peut y arriver, pourtant dictée par un naturel, un enthousiasme et une fierté toutes personnelles, puissent cependant déclencher de la jalousie, de l'aigreur chez une partie du lectorat, voire être considérées comme exhibitionnistes ou narcissiques. Là encore tout dépend d'où on se place, et quand on publie sur le net (ça me concerne... je vous parle assez de ma passion pour le yoga et la remise en forme après bébé pour avoir conscience que ça puisse, légitimement ou pas, saouler certaines!) on doit forcément se poser la question du juste dosage.... et ça vaut pour tous les sujets. Même si on ne doit pas tomber dans l'auto-censure ou la fausse-modestie/mièvrerie non-plus... à vouloir plaire à tout le monde, on ne plait plus à personne...
Véhiculer un exemple positif, oui, tomber dans l'auto-satisfaction et l'égocentrisme permanent, c'est donc à éviter, bien évidemment.
Quant à l'injonction, aux diktats que certaines ressentent en la lisant: je comprends tout à fait qu'on n'aie pas envie de s'affamer pour entrer dans un 36, ou de coller à l'image véhiculée par la pub. Mais ce n'est justement pas cela qu'elle promeut!
Souvent dans mes billets sur le sujet, que je pèse et réfléchis bien avant de les publier, je dis et répète mon point de vue sur la question: Quand on choisit d'en faire, on ne doit pas faire du sport pour entrer dans des cases esthétiques, rentrer dans le jean de son adolescence ou attraper un mec comme nous le vendent les magazines féminins! (d'ailleurs, ça fait bien longtemps que je ne les lis plus, ces magazines féminins).
On doit le faire pour soi, parce qu'on s'aime, pour se faire un cadeau. C'est un entretien de la machine-corps, comme on va chez le dentiste ou qu'on se coupe les ongles: quelque chose de positif qui doit devenir "normal"... et qui doit avant tout nous procurer du plaisir, de la joie, de l'épanouissement. Sinon à quoi bon?
Peu importe le poids qu'on fait, sa morphologie... ronde, pulpeuse ou crevette, ce n'est pas le sujet: faire du sport, rééquilibrer son alimentation, se raffermir, permet bien souvent d'être mieux dans son corps et de s'aimer plus. Aucun rapport avec la balance.
C'est aussi simple que ça!
J'entends des femmes disant, comme un constat d'impuissance: "oui mais il y a une inégalité face au poids: morphologie, milieu social, moyens financiers, éducation...". C'est tout à fait vrai! Mais justement, pourquoi voir les conseils d'une coach comme une menace? c'est plutôt une opportunité, gratuite et accessible, d'obtenir des conseils et astuces de bon sens qui fonctionnent, encore une fois, pour celles qui le souhaitent. Un bonus, rien de plus.
Là où certaines femmes se sentent visées directement en ressentant une injonction esthétique, je vois plutôt un partage de bonnes pratiques, une attitude positive, un encouragement à la pratique du sport pour la santé et le bien-être... en aucun cas un jugement.
Les athlètes féminines qui remportent des victoires l'année suivant leur accouchement véhiculent-elles un exemple négatif pour les femmes? Michelle Obama qui se bouge pour pousser les jeunes américains à faire comme elle (car il est bien là, le problème de notre société de consommation et d'abondance: le surpoids, la sédentarité et la nourriture industrielle), promeut-elle l'anorexie, le culte du corps maigre exigé par le monde de la mode? Je ne le crois pas...
Encore une fois il n'y a d'obligation pour personne, personne n'est obligé de suivre ses conseils... (Un peu comme une blogueuse de DIY, elle donne des techniques mais personne n'est obligé d'aimer ni de fabriquer des masques de carnaval en carton-pâte à sa pause-dej... l'accuser de jouer à la "femme parfaite-qui coud-qui cuisine-qui dessine-qui est jolie- n'est pas pertinent... elle s'intéresse simplement à un domaine différent d'autres personnes)
Pour finir, je conçois tout à fait que sa démarche ne parle pas à toutes... mais de mon point de vue, je trouve encourageant le message "on peut être jeune maman et en forme, voire moins rouillée, plus tonique, plus en forme qu'avant".
Elle apporte des témoignages positifs, des réponses concrètes, claires et honnêtes à celles qui en formulent la demande. Elle fait juste son job, quoi.
A chacune de faire (ou pas) ensuite à son gout,  à l'intensité souhaitée... personne ne sera scrutée ni observée ni jugée à la fin!
Mais même sans être coach sportif, même en faisant une heure et demi de sport par semaine, on peut déjà observer des résultats positifs. Sans forcément avoir "un corps canon", ni ressembler à la "femme parfaite" (image fantasmée qui nous pourrit bien la vie, mais qu'on s'est surtout construite toute seule comme une grande). Mais en se trouvant belle et bien dans son corps, en acceptant toutes ses imperfections. En étant en phase avec soi.
 Et ça, c'est bon!
"Je mange trop, sans doute pour compenser, pour me rassurer. J'ai l'estomac rempli de regrets. Le soir je m'affale devant la télévision, épuisé, avec la ferme intention de ne plus me nourrir. On mange trop dans ce pays. Trop gras, trop riche, trop. On ferait bien de n'avaler que le strict nécessaire. On s'en porterait mieux. Je suis sûr que mon corps n'a pas besoin du dixième de ce que j'ingère chaque jour. Quand je me regarde dans la glace, mon gras me dégoûte (...)
J'exhale un soupir de fatigue, je lève ma lourde carcasse et vais jeter l'emballage de la tablette de chocolat que je viens de terminer. Si je voulais, je pourrais me faire vomir, discrètement. Ça m'éviterait de grossir... J'aimerais tant avoir un corps musclé, noueux, sans graisse, et cette dégaine naturelle qu'ont les minces, sur qui tous les vêtements tombent avec intelligence. Pour me consoler de mes kilos en trop, je méprise les amoureux de leur corps, qui font de la musculation en s'admirant dans une glace. Leurs muscles sont la preuve flagrante d'un narcissisme bébête."

("Catholique anonyme", de Thierry Bizot)

à lire, mes autres billets sur le sujet:
Ce corps, sur mon rapport au corps
Retrouver son corps après les grossesses, avec mes astuces et techniques pour rééquilibrer mes habitudes... et le bilan, quatre mois après.
Elle et moi, le début de la fin... parceque j'ai définitivement arrêté de lire des magazines féminins!

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