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Bourem : la politique de « moi qui donne à manger !»

Publié le 15 février 2016 par Almaimoune @blogbourem
Bourem : la politique de « moi qui donne à manger !»

 Toutes politiques ne s’inscrivant pas dans le développement durable ne constituent point un intérêt pour les communautés locales de par le monde en général et de par les villes et villages victimes de conflits en particulier. Les communautés victimes ou non de conflits méritent un développement réfléchi collectivement. Cette réflexion sous-tend une volonté commune et elle a besoin surtout d’appuis productifs fondés sur l’action et qui posent véritablement les jalons d’une amélioration considérable et durable des conditions de vie de l’ensemble de ces communautés.

  Qui doit impulser ces communautés vers des lendemains meilleurs ? La réponse est simple : les autorités politiques locales et les chefs traditionnels. Certaines autorités politiques locales au Mali ont déjà pris conscience de l’enjeu d’accompagner leurs communautés en posant souvent des actes concrets à travers le financement ou la création de petites et moyennes entreprises, la mise en œuvre de projets porteurs d’emploi, l’accès à l’énergie (l’électricité). Certaines se sont même distinguées pour leur combat pour l’accès à l’éducation et à la formation, à l’eau potable de leurs localités, en passant par la protection de l’environnement et l’accès à un assainissement adéquat.

  Cela me fait penser à la localité où récemment j’ai vu distribuer par médias interposés des kilos de mil, du riz… Je ne suis pas convaincu que c’est de cela que cette localité, Bourem, a besoin. L’atteinte des objectifs du millénaire passe par des projets en direction des communautés leur permettant de se prendre en charge.

   Le donner à manger qui semble être le crédo des hommes politiques de cette localité ne contribue ni au développement de la jeunesse ni à celui de l’économie tout court. Si on aime sa communauté, ce sont quelques défis sus-cités qu’on s’attèle à relever. Mais malheureusement, d’autres autorités politiques locales, en qui les communautés ont confié leur destin, ne font pas figure de bon exemple. Dans cette localité du nord du Mali, l’une des plus vieilles, la politique semble être « moi qui donne à manger, donc soutenez moi ».Elles procèdent de la manière suivante : jouer à l’humanitaire en faisant des dons de quelques kilos de mil pour d’aucuns et un sac de mil ou de riz pour d’autres potentiels clients politiques. Et cela une ou deux fois par an.

   Quid des politiques de développement durable ?  Quid du cadre de vie des populations ? Quid de l’avenir des enfants ? Ces questions sont obliquées pour des raisons purement politiques. Au lieu de se battre pour l’accès à l’électricité, d’initier des projets de préservation de la faune (Bourem était connu pour ces autruches…) et de la flore, de favoriser l’employabilité en formant et renforçant les capacités des jeunes. Au lieu  d’inciter à la création d’entreprises, de créer des marres, des oasis et développer par exemple la pisciculture. Mais que non !

   Certaines idées novatrices existent mais leur promoteur ne dispose ni des outils ni de l’accompagnement nécessaire à leur opérationnalisation.Il faut le dire il y’a un manque de volonté politique en matière de développement économique.

   L’urgence c’est faire face au changement climatique visible déjà avec l’aridité des sols notamment à Bourem. C’est l’avancée du sable, c’est la désertification. L’urgence c’est le développement agricole, première source de revenu des populations, c’est l’élevage, c’est le développement du commerce. L’urgence c’est la formation professionnelle des jeunes et des femmes. L’urgence c’est l’accès à l’eau potable et surtout l’alimentation en électricité. Le temps n’est plus de venir dire aux populations que vous avez 10 kilos de mil et retourner dans ses palais loin d’elles.

Alhoudourou A MAIGA

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