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Comment envoyer son manuscrit à un éditeur

Par Lise Marie Jaillant

Le dilettante
Originally uploaded by ClydeHouse

"J' ai envoyé un recueil de nouvelles aux éditions du Dilettante qui a dû leur parvenir le 15 mai. Comme je suis impatiente de recevoir une réponse (!), j'aimerais savoir combien de temps après l' envoi de votre manuscrit vous avez reçu leur réponse. Selon leur site, il faut patienter entre un et deux mois.

Je n' ai pas envoyé mon manuscrit avec accusé réception. A votre avis, devrais-je les rappeler pour savoir s' ils ont bien reçu mon manuscrit ?", m'écrit une lectrice.

Ah, l'impatience des wannabes! J'étais pareille quand j'ai envoyé mon roman pour la première fois: je surveillais ma boîte aux lettres et mon téléphone en permanence.

Back to reality: il suffit de faire preuve d'un peu d'imagination et d'essayer de vous mettre à la place d'un éditeur. Vous croyez vraiment que votre roman l'intéresse? Une maison d'édition, même de taille modeste, reçoit des dizaines de manuscrits par jour. Dans le meilleur des cas, un stagiaire est vaguement en charge de les parcourir. Dans le pire, votre précieux roman partira directement à la poubelle.

Et c'est là l'erreur de beaucoup d'apprenti-écrivains: croire que leur cher roman, auquel ils ont consacré des mois voire des années de leur vie, a une quelconque valeur. L'éditeur ne s'approche pas de la slush pile en se disant: "Quelle pépite vais-je trouver aujourd'hui? Quel nouveau Houellebecq vais-je dénicher?" Pour lui, un pile de manuscrits représente du papier imprimé. Rien de plus.

Conséquences: rien ne sert d'envoyer son manuscrit en recommandé. Et rien ne sert de relancer une maison d'édition qui ne vous répond pas. Les éditeurs n'ont que mépris pour les wannabes qui ont l'audace de déranger leur repos (voir l'avis de Léo Scheer à ce sujet).

Quant au Dilettante, c'est une des rares maisons à justifier les refus par une lettre personnalisée. Leurs avis peuvent être cassants, mais tout reste préférable à une lettre-type de refus.

Il n'empêche que le Dilettante ne publie que des écrivains au carnet d'adresses bien fourni (genre: ami de Jean-Baptiste Gendarme et publiant dans la revue Décapage)

Mais pour répondre à la question, j'ai reçu la réponse du Dilettante un mois et demi après avoir envoyé mon manuscrit. Voilà, il n'y a plus qu'à s'armer de patience...

[Ma rubrique "Les conseils de Wrath" vous est ouverte. Envoyez vos questions à wrath_lmj[at]yahoo.fr ]


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LES COMMENTAIRES (1)

Par Un Lecteur
posté le 21 novembre à 11:44
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Eh bien moi, j'ai une aventure peu commune à raconter.

En 2007, j'ai envoyé un manuscrit au comité de lecture de nombreuses maisons d'édition. Je n'ai reçu que des refus ; un certain nombre d'éditeurs n'ont tout simplement pas répondu à cet envoi, parmi lesquels “Les Éditions du Bord-de-l'Eau”, sises dans le sud-ouest de la France.
Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, quelque temps après, sur le blog de cet éditeur, un éloge de mon manuscrit par le directeur de la maison, M. Dominique-Emmanuel Blanchard :

« J’ai noté que ça arrivait souvent comme ça : après des semaines d’indigences littéraires surgissent, deux, trois manuscrits qui m’enchantent. Hier c’était “Malateste”, aujourd’hui c’est “Apostrophe aux contemporains de ma mort”. Que l’on ne s’y trompe pas : il s’agit d’une œuvre réjouissante malgré son titre. À commencer par son style. L’ai-je assez déplorée cette pauvreté du style dans ce qui tombe dans la boîte postale et sur les messageries de BDL ! Et voilà que coup sur coup le style renaît, ne cesse de renaître de ses cendres (je vous épargnerai le cliché du Phénix, enfin, presque). Voulez-vous un exemple de ce fameux style dont il m’arrive de rebattre les oreilles des incrédules ? Oui, n’est-ce pas ? Voici donc : “Ensuite je ne sais plus, j’ai un trou de mémoire. Je crois que les événements se sont précipités. Qu’on sache seulement que d’assis je me suis retrouvé couché sur le dos, qu’il n’était plus à côté de moi, mais sur moi, et que de paroles entre nous il ne pouvait être question, car il s’affairait à rendre la chose impossible à lui comme à moi.” »

http://domi33.blogs.sudouest.com/archive/2007/12/20/deb-le-style-bordel.html

Je n'ai jamais eu aucunes nouvelles de cet éditeur.

(Heureusement j'ai trouvé il y a peu un autre éditeur).

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