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The Neon Demon - Nicolas Winding Refn (2016)

Par Just1 @JustinKwedi
The Neon Demon - Nicolas Winding Refn (2016)Une jeune fille débarque à Los Angeles. Son rêve est de devenir mannequin. Son ascension fulgurante, sa beauté et sa pureté suscitent jalousies et convoitises. Certaines filles s'inclinent devant elle, d'autres sont prêtes à tout pour lui voler sa beauté.
De la rivalité féminine sur fond de milieu artistique concurrentiel, un argument qui a déjà donné de grands films avec le Eve (1950) de Joseph L. Mankiewicz ou son génial pendant vulgaire Showgirls (1995) de Paul Verhoeven. A chaque fois la forme rejoignait l'imagerie que l'on se faisait du cadre dépeint : verbeuse, romanesque et piquante dans Eveet son milieu du théâtre ; clinquante, tape à l'œil et hypersexuée chez les stripteaseuses de Las Vegas de Showgirls. Nicolas Winding Refn ne procède pas autrement avec ses tops model ambitieux de LA avec un visuel inventif, sophistiqué et papier glacé dont la froideur et la distance renvoie aux couvertures de magazine de mode à la Helmut Newton.
The Neon Demon - Nicolas Winding Refn (2016)La plongée de l'oie blanche Jesse (Elle Fanning fascinante) dans cet univers fascine dans un premier temps, distillant malaise et mystère à travers avec quelques scènes somptueuses :l’ouverture figeant une image macabre dans un magistral travelling arrière, une séance photo aussi voyeuriste que clinique avec son arrière-plan immaculé, l’apparition nocturne d’un cougar dans le motel... Le sommet est atteint avec l'extraordinaire scène de premier défilé de Jesse où tout le narcissisme naissant du personnage passe par l'expérimentation formelle, tout en couleurs, lumières baroque et jeu de miroir. Malheureusement l’intérêt du film s’estompe à ce moment précis et on constatera qu'à part cette recherche plastique Refn n'a absolument rien à dire, ou en tout cas rien de neuf. La métaphore rivalité/cannibalisme/vampirisme est bien balourde et déjà vue, les éléments plus originaux (la dimension plus occulte du personnage de Jenna Malone) n’étant là que pour servir de la belle image lorgnant sur les court-métrages de Kenneth Anger sans le côté original et/ou outrageant. 
The Neon Demon - Nicolas Winding Refn (2016)La dernière partie n'est plus qu'un océan de vacuité où le brio formel ne fait plus illusion sur l'aspect totalement creux de la chose. On ressentait déjà un peu cela dans Drive(là aussi passé la bagarre dans l'ascenseur le film n'avait plus rien à dire) ou Only God Forgive, et Refn s'est sans doute cru malin et à propos en servant ce vide au milieu superficiel de la mode mais il tombe dans ce qu'il semble vouloir dénoncer. Les rares bonnes idées (Jesse se montrant la plus vénéneuse précisément au moment où elle va se perdre) ne sauvent pas l'ensemble et le générique clippesque trahi définitivement le manque de substance de l'ensemble. L'émotion existait sous la férocité du trait de Eve et Showgirls, elle se dilue dans le trip son et lumière de Refn. 
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