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Une Année à Mildiou !

Par Gilles24 @osmosebio

Ce printemps 2016 est particulièrement propice au développement de cette maladie cryptogamique tant redoutée par les jardiniers : le mildiou.

De nombreux jardiniers y sont donc ainsi déjà confrontés avec ce printemps "pourri"... et ce qu'ils aient traité ou pas (avec de telles conditions, même la bouillie bordelaise n'est pas toujours suffisante).

D'ailleurs, quelques jours après la parution de mon article présentant mon potager, mes pommes de terre étaient ravagées... et les tomates en partie atteintes.

Nous verrons plus loin comment réagir, mais pour l'instant essayons de mieux comprendre cette maladie.

Q'est-ce que le mildiou ?

Le mildiou est donc une maladie cryptogamique, ce qui signifie qu'elle est causée par un champignon microscopique ( phytophtora infestans pour le mildiou sévissant sur la tomate ou la pommes de terre, Peronospora parasitica pour les crucifères ou plasmopara viticola pour la vigne).

Le mildiou se manifeste tout d'abord par des tâches jaunâtres et d'aspect huileux sur la face supérieure des feuilles. Sur la face inférieur, on observera un feutrage.

Rapidement ces tâches noirciront et le feuillage se desséchera complètement en quelques jours.

De même des tâches concentriques brunâtres peuvent apparaître sur les tiges et causer rapidement le brunissement des bouquets terminaux qui vont se recroqueviller et mourir.

Enfin, les fruits vont pourrir...

Si la plante est entièrement atteinte, elle se desséchera complètement en quelques jours.

Les conditions de développement du mildiou

Le champignon responsable du mildiou hiverne dans le sol et ses germes sont transmis par voie aérienne dans des conditions d'humidité importante et des températures moyennes (la maladie cesse de se développer lorsque les températures sont supérieures à 26-28°C)

Prévenir le mildiou

Protéger de la pluie

La méthode de protection la plus efficace contre le mildiou consiste à protéger les plants de la pluie.

Que ce soit avec un simple auvent transparent, une housse spéciale à tomates ou plus simplement une serre (bâche plastique ou verre), le simple fait de cultiver sous abri limitera très fortement les risques de mildiou, à condition toutefois de suffisamment aérer la serre, sans quoi la forte humidité résultant d'une mauvaise aération, en ralentissant le séchage des plants, risque elle aussi d'engendrer du mildiou (ou autres maladies cryptogamiques).

Je cultive habituellement la grande majorité de mes tomates sous serre... mais je n'ai pas encore trouvé le temps de déménager l'une de mes serres...

Sélectionner des variétés plus résistantes

Des hybrides ont été créées pour une meilleure résistance au mildiou. On trouve aussi aujourd'hui des plants greffés dans ce but...

Mais, si comme moi, seules les variétés anciennes trouvent grâce à vos yeux, sachez que certaines variétés résistent mieux. J'ai ainsi pu constater chez moi que les tomates Saint-Pierre, la Rose de Berne ou encore la Golden Jubelee étaient moins facilement atteintes que la Cœur de Bœuf ou la Noire de Crimée par exemple. J'ai également noté que certaines d'entre-elles (en particulier la Golden Jubelee) continuaient à produire sans problème des fruits sains malgré la présence de la maladie.

Je tiens à préciser qu'un variété peut mieux résister dans certaines conditions mais pas forcément dans d'autres. A vous donc de faire vos propres observations...

Ne pas tailler

Les plaies engendrées par la taille sont des portes d'entrée du mildiou et autres maladies cryptogamiques.

Le fait de ne pas tailler limitera donc les risques. Toutefois, il est alors essentiel d'espacer plus les plants pour permettre une aération suffisante.

Traiter en préventif

Les différents traitements existants ne guériront pas le mildiou. Ils sont toutefois utiles en préventif, avant l'apparition de la maladie, mais également lorsque celle-ci est présente et pour éviter alors qu'elle ne se propage à tout le plant.

La bouillie bordelaise ou autre produits à base de cuivre

Les produits à base de cuivre sont communément utilisés depuis longtemps pour prévenir du mildiou.

Je ferais 3 remarques :

  • les souches de champignon les plus récentes semblent plus virulentes et la bouillie bordelaise n'est plus toujours efficace (d'où la commercialisation de produits de traitements chimiques de plus en plus toxiques);
  • le cuivre est phyto-toxique et nuit en particulier à la floraison (lisez les recommandations d'emploi sur les emballages de bouillie bordelaise);
  • le cuivre s'accumule dans le sol avec des conséquences importantes sur la vie de celui-ci et notamment sur les populations de vers de terre.

Pour ces raisons, je me refuse depuis maintenant quelques années à utiliser du cuivre au jardin.

Le bicarbonate de soude

Le bicarbonate de soude est une alternative intéressante à la bouillie bordelaise :

  • Versez 1 cuillère à café de bicarbonate de soude dans 1 litre d'eau.
  • Ajoutez 1 cuillère à café de savon noir (ou de Marseille).
  • Dès la plantation, vaporisez le mélange sur la plante entière.
  • Répétez l'opération une fois par semaine durant deux mois et après chaque pluie.

Précisons toutefois à l'attention des professionnels que ce produit n'est pas homologué en AB (donc pas autorisé).

Notez également que, tout comme la bouillie bordelaise, le bicarbonate de soude nuit à la floraison.

Le purin de prêle

Des traitements répétés au purin de prêle ( voir ici) ont une certaine efficacité pour prévenir du mildiou...

Éliminer les parties atteintes

Supprimez le feuillage et les branches atteintes (évidemment si cela ne concerne pas tout le plant...). Cela évitera la propagation immédiate.

Vous pouvez mettre les feuilles malades au compost. La montée en température de ce dernier détruira les germes du champignon. Certains considèrent qu'un tel compost aurait même des propriétés protectrices contre le mildiou...

Ne pas cultiver au même endroit

Si le mildiou a sévi chez vous, il sera préférable de vous abstenir de cultiver à nouveau des tomates au même endroit pendant au moins 5 ans.

Réagir face au mildiou

Récolter les pommes de terre

Mes pommes de terre ont donc été fortement touchées par le mildiou en cette fin de juin...

Ma première réaction (après la désolation) fut donc d'éliminer les parties atteintes... et en l'occurrence j'ai donc tout faucher.

Puis j'ai récolté de suite les plants les plus atteints (avant que la maladie ne se propage aux tubercules), avec une belle surprise : très belle récolte ! Il faut dire que les plants étaient très bien développés, L'inconvénient étant que la peau est encore très fine... ces pommes de terre ne se conserveront donc pas très longtemps.

Je prends donc le risque d'en laisser une partie en terre (les plants le moins atteints) mais après avoir aussi fauché le feuillage... puis j'effectuerais quelques traitements à la prêle sur le sol... en espérant que les pommes de terre ne seront pas contaminées.

Et les tomates ?

Sachez que si les plants ne sont pas complètement atteints, et que les conditions météorologiques le permettent, il est possible de stopper la propagation de la maladie.

En l'occurrence, chez moi, les températures sont rapidement montées aux dessus de 30°C (ce qui, comme nous l'avons vu plus haut stoppe le développement de la maladie).

Après avoir éliminer les parties atteintes (feuilles et quelques branches*), j'ai rapidement effectué un traitement au bicarbonate de soude puis également un traitement combiné purin d'ortie/purin de consoude. Je renouvellerai ces traitements tous les 5 jours environs...

*Le fait de ne pas tailler mes pieds de tomates me permet de trouver des rejets sains sur la plupart des plants...

On verra ce que ça va donner...

Et chez vous ? Tout va bien... ou pas ?

Pour identifier avec certitude le mildiou et en complément du présent article, je vous recommande la lecture de l'article publié sur le blog d'Aurélien (voir ici)

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