Magazine Journal intime

Ego-journal 34/

Par Deuxcentcinquanteetun @DeuxCent51
Solitude infinie, je ne sais pas comment me sortir de ma tête si pleine et si vide à la fois. Mon studio est une prison, certes confortable, mais O combien m'isolant. Ma tête voudrait communiquer, voir du monde, mais je n'ai aucun ami, disponible ou prêt à entendre sans rechigner mes délires émotionnels.
Je vois un tunnel, dans lequel je suis déjà, mais qui n'aboutit à rien. Aucune lumière d'espoir, aucun futur envisageable.
Je ne vois plus mes enfants, sauf à de très rares occasions (sorties cinéma un dimanche sur 2, quelques autres sorties de même un dimanche sur 2 que j'essaierais de mettre en place, des demi vacances scolaires dans la mesure de mes capacités liées au travail). La communication n'étant pas leur fort (ni le mien), il est très difficile de maintenir un contact par d'autres moyens (sms, téléphone, courriel). Du coup, je perds toute ma part de parentalité, la distance étant le frein majeur. Auparavant un simple regard me permettait de "sentir" le besoin de parler, d'échanger. Mais là, je ne peux malheureusement rien faire.
De l'autre côté, ma déesse refuse de parler d'elle-même, hormis de son travail, comme si on le ferait à un collègue. C'est déjà ça. Mais dès que je parle d'humanité, d'émotions (et je ne parle pas de sentiments amoureux bien sûr), cela se résume après un gros effort à 2 phrases de 10 mots chacune.
Toute proposition d'aide pour les enfants, ou pour elle essuie un refus implicite.
Sans doute n'est-elle pas prête ? Je pense plutôt que son égo le lui interdit, refusant toute aide : elle se doit d'être la maman merveilleuse assumant tout ! Mais cela ne l'empêche pas de mettre son travail en priorité absolue alors que ses enfants souffrent (de différents éléments : scolaires, émotionnels), et qu'elle ne peut à mon sens d'une part supporter cela toute seule, et d'autre part conserver la priorité à son travail l'empêchant de les aider correctement.
Nous avons demandé une aide externe pour l'un d'entre eux (seul élément où elle a accepté que je sois présent), mais je crains que la facture de cette aide soit importante, quelques soient les aides que nous pourrions percevoir, que nous ne pourrons peut-être pas assumer financièrement ce point. Mais nous verrons. Parfois il faut prioriser les choses, quitte à piocher dans nos économies. Après tout, l'argent n'a pas de valeur, l'être humain, qui plus est quand il s'agit de mes enfants prime sur tout.
Ma déesse me reproche mon ton agressif, alors que je ne suis que factuel et au contraire sans agressivité. Quelque soit le sujet, elle feint d'ignorer le problème : les montants des pensions afin qu'elle puisse avoir un logement décent, l'impossibilité pour moi de conserver un contact simple avec mes enfants (je ne peux pas entrer dans "SON" appartement sans y être invité explicitement), sa relation avec moi qui est oscille entre simple cordialité et collègue de travail, mais uniquement lorsque nous nous croisons. Aucun email, sms sauf à caractère opérationnel et sans aucune chaleur ou amitié, et aucun appel téléphonique. Comme je me dois de respecter ses choix, je ne l'appelle pas non plus, de peur de la déranger, de l'empêcher de faire son chemin d'indépendance et de liberté. Je ne peux donc pas prendre l'initiative.
Elle dit s'intéresser à ce qui m'arrive, ce que je ressens, mais ne me pose aucune question ni cherche à se renseigner, notamment via ce blog. C'est son droit et je le respecte, pour les mêmes raisons (faire son chemin d'indépendance et de liberté). Mais ce reproche m'a profondément affecté, car il est pour moi profondément injuste car relevant de son choix, que je subis et que je suis bien obligé d'accepter.
Pour ce qui me concerne, mes pensées me replongent dans l'état de ma jeunesse : isolement, trop différent des autres personnes, pas d'ami (capable de supporter mes souffrances), incompréhension du monde qui m'entoure, aucun point d'attache, aucune projection dans l'avenir, l'effroi de vivre ainsi comme un robot jusqu'à la fin de mes jours, peur de cette solitude, non pas physique, mais mentale, psychologique.
J'étais et je suis toujours persuadé d'être l'homme d'une seule femme, et celle-ci, unique, m'a quitté. Je ne peux donc même pas une seule seconde imaginer quelqu'une pouvant un jour percer à nouveau cette muraille que je me construis jour après jour, toujours plus forte, toujours plus solide, toujours plus impénétrable. Je me construis un rôle quasi insensible dans le sens de moi vers les autres, tout en restant empathique dans l'autre sens, mais qui me conduit à l'isolement psychologique et émotionnel, rendant impossible toute relation de confiance sans laquelle un amour est impossible.
Et pourtant je brule à l'intérieur, je me consume d'émotions, de pleurs, de rage, de désespoir, d'espoirs déchus, de dépréciation de moi-même, de me sentir inutile, y compris maintenant au niveau professionnel puisque mon centre de gravité qui me maintenait vivant a disparu. Je me retrouve flottant dans l'espace vide et infini, ne me permettant plus d'être efficace. Je le ressens de milles façons. Impossibilité de travailler plus de 8 heures par jour. Certains me disent : c'est très bien, au moins tu ne travailles plus le soir et le week-end ! Mais à part mes écrits narcissiques et blêmissant, que me reste-t-il à faire, profondément associable par excès d'incompréhension du monde qui m'entoure et du refus des codes sociaux qui ne signifient rien pour moi.
Faudra-t-il m'interner, me donnant un ordinateur pour seul compagnon et des cachets pour me maintenir dans un état stable jusqu'à la fin de mes jours ? Mes passions tournées vers l'extérieur sont mortes avec notre séparation.
Je sais qu'en écrivant ses lignes, on pourrait me reprocher de ne regarder que mon nombril, d'être égoïste. Mes ceux-là ne comprendraient pas mon empathie extrême qui m'interdit même de me projeter vers les autres, pour les protéger de ce que je pense être insurmontable par qui que ce soit, moi compris. Et si je ne suis pas capable de m'aider moi-même (ou de me faire aider), comment pourrais-je aider les autres ?
Comment puis-je seulement vivre, non pas au sens matériel, biologique, mais au sens d'un être humain pensant et émotionnel ? Je me raccroche à cette bouée, sans doute crasseuse et sans valeur, que sont ces lignes d'écritures, ne sachant pas si cette bouée me fait dériver par mes propres courants vers une chute définitive, ou si au contraire elle me permettra de survivre le temps nécessaire pour me reconstruire un avenir...

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