Magazine Journal intime

Ego-Journal 36/

Par Deuxcentcinquanteetun @DeuxCent51
Mon état d'âme me pousse vers des vents violents, auto-destructeur sur un plan psychologique et sociable. Ces vents transportent non pas de la haine mais une forme de misanthropie sentimentale, d'isolement ultra exacerbée. Ma raison sait que ce n'est pas la bonne voix, mais mes mots, mes écrits sont de plus en plus en replis, me forgeant une carapace, une armure que plus personne ne pourra traverser.
C'est ma façon de me protéger, mais c'est aussi un cercle irréel de magie noire qui me poussera à mes extrémités. Mais d'une certaine façon, je sens aussi que c'est une des façons de me "réaliser", d'être enfin moi.
Mon empathie extrême me pousse à me tourner vers les autres, non pour moi, mais pour eux-mêmes, me vidant de toute mon énergie, de toute mon existence, livrant mon horloge biologique au bon vouloir de ses individus, qui ne sont pas sans valeur. Pour être clair, je ne me pense pas supérieur, bien au contraire. Mais je ne peux non plus ignorer ce que je suis. Et ce tic-tac des relations humaines régit par des codes que j'ignore ou ne maîtrise pas, me pousse à me mettre en retrait.
Et c'est tout le contraire de ce que je veux maintenant. Je veux ÊTRE ! Je veux VIVRE ! Non pas pour les autres, mais d'abord pour ce que je ressens. Je veux être un Soleil en super-nova, explosant de milles feux, ne conservant aucune limite sociale dans mes sentiments et mes réflexions. Bien sûr, je ne veux faire du mal à personne (empathie oblige), et c'est donc un combat journalier que je mène pour maîtriser ce feu destructeur. S'il doit l'être, ce ne doit être que ma propre désintégration, et non de ceux qui m'entourent.
Mes nuits sont maintenant remplis de rêves totalement faux. Je ne sais même plus où je suis, ce que je vis réellement. Il m'arrive de m'éveiller et de me croire dans la chambre d'amour, auprès de ma déesse. J'imagine des histoires absurdes et qui ne pourront JAMAIS voir le jour, où le phœnix de l'amour renaît de ses cendres. Mais tout ceci sont des mirages.
Chacun de ces rêves sont un avertissement à mon égo : tu refuses de vivre, de ressentir réellement. Et tant que tu le refuseras, il m'obligera à observer des illusions viciées par nature, gangrénant ma nature profonde par à-coups successifs, poussant les larmes de fond se briser sur mes murailles fragiles.
Je ne veux pas être indifférent ! Non, je veux être une émotion pure, un esprit biologique portant un cœur bien vivant et acceptant la souffrance comme un état normal, admis et accepté.
Souffrir, c'est ressentir cette existence fragile, c'est éprouver l'enthousiasme de la vie. C'est vivre.
Certains disent : Pour être heureux, vivons cachés !
Moi je dis : Pour être vivant, sachons souffrir ! Cela permettra aussi de ressentir de manière décuplée les subtils bonheurs fugaces du hasard : un regard charmant, un mot gentil, une attitude corporelle (pour peu que je la comprenne) positive.
Mais je sais aussi que le mur que je construit rendra plus difficile l'existence même de ces moments. C'est pourquoi l'écriture est un moyen pour moi de continuer à projeter en dehors de cette fortification des bouteilles à la mer, non pas pour me sauver, mais pour permettre parfois à quelques individus de les saisir, de les apprécier et, au travers de quelques persiennes non guerrières, me retourner des instants d'enchantement.

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