Magazine Journal intime

Titre provisoire : l'isolement ultra connecté 10/ (chapitre 12)

Par Deuxcentcinquanteetun @DeuxCent51

Chapitre 12


Le lendemain, dans la salle commune, je continue la lecture du tome 3 de Dune, toujours à ma même table. A la table où se trouvait d'habitude le gris passif, un autre a pris sa place. Comme d'habitude, nous semblons attendre que la pression des beiges retombent et s'éloignent de nous. Puis les premiers échanges commencent :
  • Bonjour, comprends tu ce que j'exprime ?
  • Parfaitement !
Ok , il n'est vraiment pas comme l'autre gris, plus court, plus concis manifestement. Voyons ce que cela donne :
  • Je voudrais savoir ce que tu penses, ce qu'il faudrait faire et pourquoi ?
  • Je penses qu'il faut que nous nous libérions, et donc sortir de cet endroit pour trouver un lieu à nous, sans surveillance. Il nous faut nous trouver un endroit où l'on pourrait enfin être libre.
  • Donc c'est la liberté qui est ton besoin. Peux tu préciser ?
  • Être libre de penser, de parler libéré du comguide, capable de conserver pour soi certaines pensées, et ne partager que ce qui a de l'importance à mes yeux.
  • Comment vois tu cette libération, cette sortie ?
  • Il faudra nous préparer différents éléments : des armes, un plan des lieux, un plan d'action.
  • Des armes ? Est-ce vraiment nécessaire ? Je ne vois ici aucun beige avec des armes...
  • Tu oublies ceux à l'entrée qui eux sont armés.
  • Ca, c'est si on sort par la grande porte. Y-a-t-il un autre moyen de sortir sans provoquer de violences ?
Le gris réfléchit. Il me regarde avec étonnement mais aussi intérêt.
  • En effet, il est possible d'imaginer une autre façon de sortir. Mais cela peut être compliqué. Par contre, cela pourrait pacifier cette évasion, si c'est là ce que j'entends de ta décision.
  • Je ne décide de rien. Je ne suis pas un chef. Je demande l'avis de chacun et j'essaierais de vous proposer un plan, issus de vos différentes hypothèses, qui selon moi pourrait marcher. Mais libre à vous de le changer, de le refuser ou d'en proposer un autre...
Toujours aussi surpris, il prend encore une pause, puis reprend :
  • Il avait raison. Tu es différent et tu peux être celui que l'on attendait. Ton approche démontre une volonté de collégialité, de ne pas prendre le pouvoir. Je suis donc entièrement derrière toi et je me mets à ta disposition.
  • C'est un honneur que tu me fais, même si je ne sais pas si je le mérite. Pour commencer, je pense que le pré-requis serait d'avoir une forme de plan des lieux et des placements des points de contrôles afin d'avoir une vision d'ensemble avant d'entamer tout choix d'options. Qu'en penses tu ?
  • Je suis d'accord. C'est la première étape. Je m'en charge, compte sur moi.
  • J'ai une question, qui peut sembler stupide, mais jusqu'ici je ne m'adressais qu'à une seule personne, dont je connais même pas le nom. Comment ferons nous pour nous adresser aux uns et aux autres sans avoir des noms, fussent-ils des codes ?
  • Excellent, j'adore ! Appelle moi l'architecte ! L'autre gris beige, celui avec qui tu as commencé ton initiation, appelle le le poète.
  • Ok, et pour moi ? Tu as une idée ?
  • Evidemment : Leto !
Je suis surpris. Je comprends bien la relation avec le livre de Dune, mais pourquoi justement ce personnage trouble. Je n'ai ni sa prescience ni sa longévité...
  • Leto ? Je sais que ce sont des noms de code, mais pourquoi celui-ci ?
  • Tu ne le sais pas encore. Cela viendra. Fais nous confiance, Leto ! 
  • Difficile d'assumer un tel nom, mais puisque tu me dis que je finirais par comprendre, même si j'en doute, ou plutôt cela me fait peur, disons pour le moment que ce sera mon nom de code. Combien sommes nous dans le jeu ?
  • 7 personnes ! Toi, moi, le poète et 4 autres que tu rencontreras les jours suivants.
Pendant notre conversation, ayant toujours une attention aux beiges déambulant dans la pièce, j'observe que l'un d'entre eux nous observe d'une façon insistante.
  • Il fait interrompre, on nous surveille.
L'architecte, dans un mouvement de replacement de sa chaise, observe du coin de l'œil et confirme d'un regard la fin de notre discussion. 
Après un moment à reprendre activement ma lecture du livre, le beige est retourné à ses occupations, détournement son attention sur nous. Mais je sens qu'il faudra être plus attentif la prochaine fois.
  • Il faudra que l'on change d'organisation. Il est trop évident que prenant la place du poète, quelque chose se passait entre nous. Fais passer le message. Le prochain devra trouver une autre table et me faire un signe pour que je le trouve.
  • Quel signe ?
Je réfléchis. Il a raison, je propose mais je n'avais pas fini ma réflexion. Nos échanges étant possiblement surveillés, il me faudra être plus précis et concis avant de m'exprimer à nouveau.
  • Le symbole de l'espoir !
  • Parfait !
Et la journée se poursuit jusqu'au soir ainsi, plongé dans ma lecture. J'entame le 4ème tome. Puis je retourne dans ma chambre. 
Le projet se dessine doucement. Sortir, oui mais comment ? Le plan est la première pierre. Quelles autres étapes ? Je dois réfléchir et anticiper mes questions et essayer de gérer ce groupe de 7 personnes.

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