Magazine Journal intime

Ego-Journal 52/

Par Deuxcentcinquanteetun @DeuxCent51
Le monde s'ouvre sous mes pieds, il déambule tel un cadavre aux mouvement saccadés, ne ressentant pas la douceur de l'herbe sous ses talons. Il m'engouffre dans un puits sans fond que je me plais peut-être à creuser. Masochiste peut-être, conscient de ma viduité certainement ! Qui suis-je pour espérer être quelqu'un qui ait de la valeur, quelqu'un qui puisse compter pour un autre ? Ma Roxane, la seule qui avait réussie à percer mes murailles millénaires, elle-aussi à finir par voir qui je suis réellement, et dégoûtée, affolée, apeurée, elle s'en est allée, ne me laissant qu'un souvenir doux d'une époque où seuls mes rêves me restent aujourd'hui.
Oui, j'ai des compétences professionnelles. Oui, je suis empathique et capable de porter mon attention sur d'autres pour les aider à sortir de leur propre trou. Oui, je suis adaptatif et pragmatique, y compris dans les situations difficiles. Mais moi, qui suis-je ? Tout ceci n'est pas moi. Ce ne sont que des relations éphémères avec mon environnement extérieur. Certains appèleraient cela la vie. Mais je ne conçois pas ma vie sans vivre moi-même.
J'écris, essayant par ce biais naïf et puéril, de faire que cette vie là à laquelle j'aspire prenne au moins une forme concrète, sur ce papier numérique, à défaut de la vivre réellement.
Pourquoi ne puis-je pas être ces héros imaginaires qui peuplent mon esprit comme autant de modèles ? Pourquoi suis-je réduit à cette médiocrité inhumaine ? Pourquoi ne suis-je pas capable de laisser aller, d'abandonner mon âme et de laisser le fil du temps accomplir son œuvre, en laissant cette maladie héréditaire finir son travail et mettre enfin un terme à cette souffrance, ce voyage absurde et sans objectif. Cette maladie, nous l'avons tous : c'est la vie.
Mais cette vie, je ne la veux pas productiviste. Je ne la veux pas consommatrice. Je ne la veux pas individualiste. Je ne la veux pas "sociable". Je ne la veux pas utilitaire.
Je voudrais, rêve impossible, sauf au travers de mes traces numériques et donc virtuelles, qu'elle soit beauté, grandeur, honnêteté, fière et magnifique, super nova rayonnant jusqu'à son extinction.
Laisser une trace ? Est-ce vraiment mon but ? Pour le moment, ce n'est que l'un des rares effets de cette aventure littéraire. Mais est-ce là un objectif pour moi ? Est-ce que je cherche la reconnaissance ? Mais alors pour quoi faire ? Être une bête de foire que l'on expose et que l'on médaille ? Je ne supporte pas les honneurs, reconnaissances attribuées trop facilement à des hommes qui ne le méritent pas, et souvent par copinage, alliance, soumission ou compromission.
Je cherche peut-être à trouver d'autres "humains" qui ont les mêmes envies, les mêmes rêves fous et irréalisables ? Parfois, je croise au travers de quelques échanges des âmes qui me parlent et qui me disent : tu n'es pas seul ! Cela me réconforte, je ne peux le nier. Et si cela leur parle et leur apporte quelque chose, je suis alors même heureux. Mais si cela leur apporte de la peine, de la douleur, de la souffrance, alors je me sens malheureux car ce n'est pas mon but. Je ne veux faire souffrir personne. Je ne peux pas rendre heureux tout le monde, je n'y arrive même pas pour moi-même, et je n'y suis surtout pas arriver pour ma déesse, même après 25 années, ni même je le crains pour mes propres enfants.
Suis-je donc un monstre inadapté ou suis-je simplement humain, mais incompris car n'arrivant pas à exprimer de façon compréhensible ce que je suis et ce que je ressens ?
Je ne tourne pas en rond, je tourne autour de moi-même. je m'ausculte, je me dissèque, je m'observe pour essayer de comprendre ce "phénomène", c'est-à-dire moi-même. Je tente un chemin difficile visant à savoir ENFIN qui je suis, ce que je suis et de pouvoir vivre ENFIN et non pas survivre dans un monde exogène qui ignore mes propres besoins, mes propres aspirations.
Je ne suis pas égoïste, individualiste ou nombriliste, mais mon état me pousse à temporairement, jusqu'à ce que je trouve ma propre solution, ma propre voie, à me retirer de cette société qui pour moi est nocive, pour le moment. J'espère sincèrement trouver cette voie... et vivre enfin parmi les humains.

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