Magazine Journal intime

Ego-journal 53/

Par Deuxcentcinquanteetun @DeuxCent51
Sont-ce les effets des médicaments ou est-ce que je commence à trouver un chemin plus consensuel où mon âme arbitre et calme ma raison et mon cœur dans un ensemble presque cohérent ? Certes, mes nuits, et surtout mes réveils, sont toujours souffrances et résonances de mes émotions à fleur de carcasse. Mais je ressens un calme, planté en plein milieu de ma tempête, un bateau qui enfin tient bon, qui tangue certes, mais qui ne se remplit pas, sombrant peut à peu, de mes larmes.
J'alterne des écrits Spleen mais aussi presque'Idéal, tel que le nom de ma collection l'envisageait. Je ne doute pas que je suis très loin de pouvoir assurer cette alternance, nécessaire et salutaire, mais je la constate aujourd'hui.
Je n'ai pas plus d'espoir. Je ne suis pas non plus plus désespéré. Je suis dévasté mais je me reconstruis. Ce que je ne sais pas c'est si mes bases sont solides et qu'elles me permettront de construire mon temple sur lequel je bâtirais ma vie, hébergeant mon être avec respect et bienveillance.
Je ne sais pas non plus si ce temple résistera aux assauts extérieurs d'un monde que je rejette en grande partie. Mais j'y vois aussi tant de belles choses : l'art, les aspirations humanistes, la fraternité. Je n'y suis pas insensible, loin s'en faut, mais elles se font si rares.
N'ayant pas vécu des millénaires, et ne maîtrisant pas l'histoire de l'humanité, je ne peux porter de jugement sur le fait que notre chemin commun est en évolution positive ou si nous répétons les mêmes erreurs collectives à l'infini, avec plus de moyens de destruction et d'avilissement. Je garde l'espoir que notre voie fraternelle l'emporte chaque jour un peu plus, même si les effets négatifs continuent d'exister et de se répandre. Mais sont-ils plus nombreux ou sont-ils des reliquats qui petit à petit tendent à décroitre.
En tout cas, je ne peux pas supporter ce système qui écrase l'humain. Rien que le monde du travail est une machine à broyer, inhumaine, où le productivisme est la règle, les profits sont la loi. Je ne peux accepter ce modèle car il est aux antipodes de mes convictions, de ma quête d'universalité mais aussi ma quête personnelle, certes individuelle mais qui se veut tendre la main aux autres.
C'est dans cet esprit que mon âme rassemble mes deux mondes, raison et cœur, vers un idéal inatteignable mais pourtant pour moi indispensable. Et je le ressens de plus en plus. Ce n'est pas une béatitude, car je suis trop rationnel pour croire en l'impossible, mais je veux croire en l'homme et la femme. Je veux croire en moi, en ma capacité à montrer un exemple d'une autre façon de vivre et exister. Je ne veux pas être un guide, ni un gourou, là aussi ma raison et mon âme m'en préserve. Je ne connais que trop bien les effets dévastateurs de croyances irréfléchies. Il faut que chacun trouve sa propre voix, son propre chemin. Mais j'espère donner quelques repères, non dogmatiques, tant l'humain est si différent, pris un par un.
Mon empathie me conduit à me plonger dans cet inconnu qui est le mien, non pas seulement pour moi, mais peut-être, rêvant un peu, pour quelques autres.
Je porte ma croix, mais ce n'est que la mienne. Je ne prétends pas porter celle des autres. Je souhaite simplement avoir été. J'ai connu l'amour, et je ne le regrette pas, même si celui-ci s'en est allé, restant unilatéral, ancré en moi pour toujours et à jamais, Je préfère garder ces souvenirs et cet amour comme un don de ma vie. L'abandon de Roxane, je préfère le voir comme l'occasion qui m'est donnée de me mettre enfin en mouvement, d'exister et enfin de vivre, fut-il un voyage douloureux et contradictoire.

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