Magazine Journal intime

Ego-journal 55/

Par Deuxcentcinquanteetun @DeuxCent51
Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, ou presque. Hier je suis parti avec la ferme intention de changer de mode d'emploi, d'être moi-même. Pour être honnête, ce ne fut pas une grande réussite, ni un grand échec non plus.Ce fut une journée de plus, comme les autres, mais où à l'intérieur j'ai essayé d'être en cohérence. Hélas, les événements me poussent à me renfermer, encore et encore. Je lutte, mais la lutte est si difficile. J'ai quelques soutiens, mais sont-ils suffisants ? Je vais essayer quand même de regarder le verre à moitié plein, pour changer. Mais c'est si douloureux.
Dans le milieu professionnel, ma franchise a fonctionné mais jusqu'à un certain point. Sans doute faut-il du temps à mes interlocuteurs pour appréhender mes propos et les interpréter de la manière logique donc je les ai exprimés, puisqu'il s'agissait de travail, et donc d'analytique.
Dans le milieu personnel, une pique innocente et sans doute involontaire quant à la nature de ce que j'écris, m'a profondément blessé, mais je n'en ai rien dit. Je dois accepter les avis, mêmes négatifs de mes productions. Inégales certes, mais sincères. C'est ce que j'aurais aimé entendre. Mais seule le qualificatif négatif fut formulé. Je m'attendais à mieux, mais en même temps, je comprends les cheminements de la pensée qui ont conduit à cette affirmation. Je ne peux pas lui en vouloir, mais mes émotions étaient remontées en flèche à ce moment là de la discussion. Et j'avais toutes les peines du monde à dire tout simplement, passé le moment de politesse où l'on répond mécaniquement : ça va, alors qu'en fait non, rien ne va. Je coule, je m'enfonce et je fais des efforts incroyables pour surnager dans ce tourbillon de ma vie qui m'emporte dans mes profondeurs. Mais je ne lui en veux pas ce matin.
Hélas, elle a bifurqué ensuite sur un sujet sensible, celui de l'avenir de mes enfants, et les informations remontées étaient si tronquées et si illogiques, non pragmatiques, que je suis parti alors dans un mode classique chez moi : expliquer par le menu tous les éléments sous la forme d'une démonstration mathématique de la situation et des options qui se présentaient, pour n'aboutir toujours et encore à la solution de compromis que j'avais déjà proposée. Mais mon ton, sans doute en partie non contrôlé par l'épisode précédent, sans doute aussi car cela touchait à l'avenir de mes enfants, sans considération peur eux dans l'analyse rapportée, que mon ton était "agacé", non pas en colère, mais ne comprenant, comme à mon habitude, pourquoi les autres ne perçoivent pas la logique de mes arguments et ne se contentent que d'une approche émotionnelle lorsque la situation impose d'être pragmatique. Mes excuses présentées n'ont rien changé. Je pense avoir perdu, encore, quelqu'un qui comptait pour moi. Et tout cela car je voulais préserver mes enfants. Oui, j'ai eu tort d'utiliser ce ton. Mais j'ai beau faire tous les efforts, mon aspect émotionnel appuie mes arguments, sans les dénaturer, mais pour leur apporter la force de leur démonstration.
Je sais, c'est inadmissible dans cette société, dans ces rapports humains qui interdit toute forme d'émotions dans les échanges intra-espèce. Mais qui puis-je, je n'ai fait que suivre mon chemin, être et vivre, être honnête avec moi-même et exprimer mon cœur en même temps que ma raison.
Peut-être le temps arrangera les choses...
En attendant, je me retrouve encore plus isolé. C'est une personne que je respectais au plus haut point, je comprends son point de vue, sa réaction, mais je dois dire que je m'attendais à autre chose, de plus personnel. Mais las, c'était impossible, surtout vu sa position.
Bref, aujourd'hui, j'entame ma journée avec une boule au ventre, un remord mais pas tout à fait, des excuses sincères mais tout en assumant que j'ai le droit d'avoir de la peine. Faut-il donc que je cache, encore et encore, aux autres ce que je ressens pour coexister ?
A quoi bon exister dans ce cas, si ce n'est que pour vivre dans sa tête ou via ses pages numériques ? L'idée ici de cette phrase n'est pas le suicide, mais bien une question philosophique. Pourquoi sommes-nous ici ? Et quand je dis "nous", je parle bien de cette humanité et non de moi tout seul derrière mon clavier, fumant cigarette sur cigarette, les larmes s'écoulant sur mes genoux, et heureusement pas sur mon clavier (l'électricité et l'eau ne font pas bon ménage).
Je n'ai toujours pas trouvé la réponse, mais je continue à la chercher. Peut-être est-ce là d'ailleurs la réponse : chercher un sens à cette vie, à nos vie... sans forcément le trouver.
Alors je vais continuer à me battre, en moi-même, en essayant de moduler mes réactions vis-à-vis des autres, comme par le passé. Par contre, je ne veux plus jouer "au clown" de service comme je le faisais souvent, pour paraphraser : l'humour est la politesse du désespoir. Mais je ne veux plus me mentir à ce point, et mentir ainsi aux autres. Je ne veux pas non plus être une tombe, j'accepte les rires, les colères, l'amour, les sentiments de toutes formes, et les relations sociales de nature différentes. Mais vis-à-vis de ce que j'appelais "mes proches", j'aurais voulu être un peu plus transparent. Je me suis trompé. Ce dernier point est une erreur manifeste, pour la majorité d'entre eux, ils n'y sont pas prêt ni n'en exprime le désir.
Dure leçon, mais je l'intègre...

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