Magazine Culture

Peinture - Les deux amies dans la peinture autour des années 1900

Par Mmediene
Ernest Hemingway raconte dans son récit autobiographique Paris est une fête le Paris des années 20 dans ce qu'il a de festif, de tolérant et surtout d'anonyme pour les femmes qui ont choisi de vivre en marge des conventions sociales. Ce nouvel ordre lesbien où le pouvoir du mâle est bousculé se répand, à la toute fin du XIXème et au début de XXème, dans les cercles bohèmes et artistes des grandes villes pour devenir très vite un véritable phénomène de société si imprévisible qu'il provoque une révolution indolore qui redistribue les rôles dans l'architecture sociale de la bohème parisienne. Ces toiles souvent explicites, parfois très crues, parfois très douces et, pour certaines, savamment ambigües, parlent toutes, non du fait qui est montré mais parle aussi de l'homme qui est dans le peintre. En peinture les notions de violence ou de paix relèvent du registre de la peinture d'histoire ou de genre. Mais je crois qu'elles s'appliquent aussi à la catégorie des scènes de vie (comme dans les cartes postales coloniales) représentées dans les tableaux à caractère lesbiens. Une fois ces toiles vues, ce qui reste dans l'esprit du regardeur, en plus de la nappe de lassitude qui colle à ces femmes (Les deux amies de Picasso), c'est le chant silencieux des Femmes damnées de Baudelaire qui semble les figer dans leur geste inaccompli d'amour coupable. Et ce qui reste encore, qui demeure longtemps inscrit dans nos yeux, c'est leur regard vide et leur ventre creux qui semblent les pousser à l'ultime saut queThéodore Chassériaufait franchir à Sapho dans la mer de Leucade.

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Mmediene 1502 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines