Magazine Journal intime

Ego-Journal 77

Par Deuxcentcinquanteetun @DeuxCent51
En référence à un post de Jean-Jacques SOLLIER :
37 ans ont passé... Qu'est-ce qui a changé??? Posons-nous les bonnes questions....
 Et pourtant!!!
SI JEUNESSE SAVAIT, SI VIEILLESSE POUVAIT...
QUAND JEUNESSE VOULAIT SAVOIR, VIEILLESSE POINT NE VOULAIT...
19/03/1980, la colère de  (JEUNESSE) Daniel Balavoine face à (VIEILLESSE) François Mitterrand.

Malheureusement, et ce n'est que mon point de vue :
La génération de Daniel Balavoine (dont je pense faire partie) n'a pas tenu ses promesses, le post baby boom, et donc les personnes actuellement "aux fonctions" (notez que je n'ai pas écrit "au pouvoir"), élevés dans un esprit post "68", libertaire, plein d'espoirs, ont virés de bord. Cette génération a conduit notre société à un individualisme forcené et un consumérisme assumé et vanté aussi bien qu'un dictat des chiffres en tous genres (économiques, rentabilités, dette des états, optimisation des coûts, ...).
Tout ceci est au détriment de la seule valeur que défendait Daniel Balavoine à l'époque : la valeur humaine, l'espoir, l'avenir...
Nous, génération des quadra et des quinqua, avons remplacé nos idéaux plus que bi-centenaire (Liberté, Égalité, Fraternité) par des principes socio-économiques essentiellement axés sur le profit (personnel ou collectif), en oubliant la valeur humaine, notre Terre qui se désagrège, et l'absence de transcendance...
Nos parents avaient encore cette transcendance, l'espoir. Le chômage était certes présent mais montait doucement, et la possibilité de monter dans l'échelle sociale selon le principe républicain du mérite existait. Aujourd'hui, le chômage est de masse, l'échelle sociale est réservée à un très faible nombre (les statistiques de niveaux de formations comparativement au niveau social des parents est explicite). Il était possible d'être un "self made man/woman". Aujourd'hui, point de diplôme, point d'expérience (que l'on demande simultanément, avec une hypocrisie flagrante : comment avoir 10 ans d'expériences, un Bac+4 et moins de 30 ans !), point d'avenir radieux.
Et cela touche même les grandes écoles, celles dont pourtant la renommée autrefois assurait l'emploi "garanti". Il n'est plus rare de voir des anciens élèves de grandes écoles en difficultés d'emploi.
Mais plus que le chômage, qui n'est qu'une finalité de notre mode de société et non une cause, c'est l'absence d'idéaux, de respects des êtres humains qui provoquent le plus de dégâts dans notre cité. Regardez les discours sur l'immigration, le traitement des immigrés, clandestins ou non, le mythe du mur entre l'Europe et le reste du monde (tout comme le mur de Mr Trump entre le Mexique et les USA), qui ne peut pas ne pas rappeler un autre mur tout aussi célèbre qui nous aura pris plus de quarante années pour le détruire.
Nos enfants d'aujourd'hui sont perdus, et tous les leviers sont bloqués pour que ceux-ci puissent à nouveau s'exprimer et faire bouger les lignes. L'ordre établi ne veut pas changer le cours des choses, il ne veut que préserver ses profits actuels. Quelques exemples ?
- Le traité de Paris sur le climat : quasiment abandonné et sans effet
- Le respect de la vie et non de la survie des gens : salaires minimum à la baisse de plus en plus, jusqu'à l'extrême en Europe même (exemple : l'Allemagne), retraites pourtant méritées qui s'affaissent d'années en années, avec d'ailleurs une probable disparition du principe même de la retraite un jour ou l'autre (reculer l'âge de la retraite sous prétexte que la durée de vie augmente, sans tenir compte de la pénibilité, du corps, qui, même s'il vit plus longtemps, connaît ses limites naturelles mais que le marché veut ignorer), sécurité sociale et dé-remboursements sauvages (les médicaments retirés ne le sont pas pour cause d'inefficacité mais parce qu'ils sont les plus utilisés car les plus efficaces : exemple, les bas de contention utilisés dans les hôpitaux pour limiter les effets veineux non remboursés alors que très efficace et sans effet secondaire que l'on remplace par des médicaments aux effets désastreux sur le foie), ...
"Indignez-vous" est tout autant d'actualité, mais a été écrit par une sage personne (Stéphane Hessel) dont l'âge est hélas peut-être un frein avec la nécessité que la jeunesse le lise et s'exprime (si seulement ils lisaient !). Et comme le disait Balavoine, une jeunesse qui désespère, ou hélas maintenant qui n'espère plus rien, se tourne vers la violence. Cela n'excuse pas la violence, ne contre interprétez pas mes propos. Mais en l'absence d'idéal, de transcendance, le jeune adulte va chercher une autre transcendance là où il peut, et parfois la pire.
La Terre se meurt, la jeunesse ne croit plus en rien (je ne parle pas de religion ici mais d'idéaux), si ce n'est le sacro-saint nouveau triptyque : argent, pouvoir, désirs.
C'est donc à nous, génération qui avons les courroies de distribution, de faire bouger les lignes pour que les jeunes prennent enfin le relais. Sinon, ce sera la catastrophe, qui est déjà hélas en route...
A nous de nous indigner, de faire en sorte de passer le message, de dégripper la machine, et de laisser aux jeunes, qui sont intelligents et créatifs, peut être plus que nous, pour imaginer une autre société, plus humaine, plus en phase écologiquement, plus dans l'esprit de notre devise toujours aussi révolutionnaire.

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