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Contes Zen

Par Deuxcentcinquanteetun @DeuxCent51
Je trouve ces histoires tellement révélatrices de l'esprit Zen que je me permets de vous les transmettre à mon tour. (Source : "Le bol et le bâton, 120 contes Zen racontés par Maître Taisen Deshimaru")

Quelques pétales sur le tatami

Rikyu, le fondateur de la cérémonie du thé de l'école de Chanoyu, reçut un jour, en présent, de
très belles fleurs des tsuba kides, de la part du chef du temple voisin de Daitoku-ji, à Kyoto.
Un jeune moine les lui apporta. Juste devant la salle de thé, il fit tomber les belles fleurs sur le sol. Tous les pétales s'en détachèrent d'un coup, il ne restait que les tiges. Le jeune moine, confus, s'excusa auprès de Rikyu qui répondit :
« Entrez dans la salle de thé. »
Devant la niche, le tokonoma, Rikyu posa simplement un vase à ikebana vide. Puis il enfonça les tiges des fleurs et, par terre, sur le tatami, tout autour du vase, il disposa harmonieusement les pétales.
C'était très beau, naturel, simple. Rikyu dit alors au petit moine :
  • « Lorsque vous m'avez apporté ces fleurs, elles étaient Shiki :
    • Shiki soku ze shiki : le phénomène est le phénomène. 
  • En tombant, elles sont devenues Ku, il n'y avait plus de fleurs :
    • Shiki soku ze ku, le phénomène est Ku, Rien.
  • Selon le sens commun elles auraient pu rester telles quelles :
    • Ku Soku ze ku, Ku est Ku, le Rien est Rien.
  • Mais maintenant elles embellissent la pièce :
    • Ku soku ze shiki, Ku - Rien est le phénomène. »
Avec rien, cette pièce est devenue très belle, beaucoup plus belle qu'en employant plein d'éléments de décoration. Juste quelques pétales déposés sur le tatami autour d'un vase sans fleurs dans le tokonoma.
Cette histoire reflète l'esprit de la cérémonie du thé.

Qui est responsable ?

Deux époux se querellaient. Ils en vinrent à se battre. Aussi un jugement fut-il demandé.
Lequel avait raison, le mari ou la femme ? Lequel a offensé l'autre ?
Pas de réponse.
Alors le juge demanda au fils :
"Lequel des deux a commencé ? C'est ton père ou c'est ta mère ?"
Le garçon répondit :
"Je ne peux pas affirmer si c'est seulement ma mère ou si c'est seulement mon père."

Ne pas fuir

Sariputra, le grand disciple du Bouddha, était assis en zazen, au bord d'un lac. A la surface de l'eau, de nombreux poissons sautaient. Sariputra changea de place et s'installa dans un endroit plus retiré. Mais le chant des oiseaux dérangeait son zazen. Les pensées affluaient, les illusions s'élevaient... Les oiseaux et les poissons le troublaient, aussi décida-t-il de les tuer et de les manger. Mais l'indigestion le rendit malade.
Cette anecdote est un fait de jeunesse de Sariputra. Inutile de cherche à fuir le bruit de l'eau ou le chant des oiseaux. Le trouble vient de notre esprit.

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