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L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 36

Par Deuxcentcinquanteetun @DeuxCent51

Chapitre 36

Les gris-unis me servent de relais. Je reçois les informations que les rescapés sont en sécurité. Près de mille personnes ! Dans le même temps, l'architecte m'indique que les sabotages du train et les pièges le long des chemins possibles sont en place. Quant au chef, il m'indique que les portes de la Cité s'ouvrent, et comme prévu par Charles-Maurice, les armées avancent fièrement sur leurs montures de métal et de feu. Ils sont prêts à les recevoir. Ils attendent qu'ils arrivent juste après la lisière de la forêt qui borde la Cité.
Et toi Léto ? Que fais-tu ? Es-tu prêt ? Que pouvons-nous faire ? Dis moi quelque chose, s'il te plait ! Je ne sais même plus comment tenir... Mes enfants ont quitté la chambre et sont venus à côté de moi, malgré l'interdiction du poète. Il est désolé. Il me dit qu'il a tout fait pour les décourager, que ce n'était pas de leur âge. Je le sais. Mais ils sont têtus ! Comme leur mère ! Il sourit à cette phrase. Mes enfants me regardent fixement. Qu'avez-vous ? Pourquoi me fixez-vous ainsi ?
"Léto hésite à rentrer en contact avec toi. Il a peur de te fatiguer..."
Non ! Je suis remise ! Je ne peux pas ne pas l'entendre. Et vous êtes trop jeunes, désolé, pour servir d'intermédiaires ! Ils hochent la tête. Ils se reculent, dans un coin de la pièce, prenant la main du poète, suivis par leur nourrices gris-unies.
"Puisque tu dis que tu es prête, je vais donc reprendre le contact avec toi... Mais si je sens que tu faiblis, je couperais le signal. Nous sommes d'accord ?"
Oui, Léto, nous sommes d'accord ! Sais-tu ce qu'il se passe ? Ce que nous avons essayé de faire pour te donner du temps ? Pouvons-nous faire autre chose ? Dis moi !
"Vous en avez même presque trop fait ! Mais c'est normal. Je ne vous ai rien dit. Vos hommes vont se faire déchiqueter lors du premier accrochage ! Est-ce bien utile ?"
Il nous faut bien les retarder... Si nous ne faisons rien, dans une heure, ou deux, ils seront ici. Et nous ne serons plus...
"Ne perds pas confiance ! Je suis enfin prêt !"
Mais que va-tu faire ? Dis moi ?
"A toi, je veux bien le dire. En fait, non ! Je ne vais pas te le dire. Je vais te le montrer. Je vais te laisser te connecter à moi, si tu peux, et voir à travers mes yeux..."
Et soudain, je le trouve, dans la cité. Je pénètre dans son comguide et suis ses nerfs optiques, aidé par lui qui me guide et me facilite le chemin. Et je vois ! Je vois la place du Conseil, entourée et bondée de gardes surarmés. Ils doivent craindre évidemment encore des actions suicides de nos infiltrés. Ils ignorent que nous n'avons plus personne !
"Si, moi !"
Oui, pardon Léto ! Tu es là, toi ! Mais que peux-tu faire face à une telle armée ! Et je le vois qui se concentre, d'abord sur les alentours de la place. Les uns après les autres, les hommes s'écroulent. Sont-ils morts ?
"J'espère que non ! Je veux éviter autant que possible d'autres morts, comme de votre côté !"
Et en même temps, je vois sa projection mentale s'arrêter sur l'avant garde de l'armée qui est sortie de la Cité. Elle s'approche de l'orée du bois. Mais elle se fige tout d'un coup ! Les véhicules voient leur moteur stopper brutalement, provoquant des accidents, minimes, mais suffisant pour immobiliser toute une armée. Le lieu est particulièrement bien choisi puisque la route à cet endroit est étroite et ne permet pas de passer à côté des véhicules endommagés. C'est l'affolement ! Les cris des gradés se multiplient ! Les mécaniciens, qui sont à l'arrière partent en courant vers l'avant. Les voilà bloqués pour un bon moment !
Léto, penses à toi ! Tu vas surement te faire détecter ! Ils ont un système de détection des comguides.
"Je sais ! Mais votre brouillage me donne un peu de temps..."
Léto, sur ta droite ! Attention !
Je m'étonne moi-même de ma capacité à voir à travers lui. J'ai dû crier sans m'en rendre compte car Charles-Maurice et Jean accourent près de moi. Léto, quant à lui, tourne la tête sur la droite et immobilise immédiatement les quelques gardes qui l'avaient repérés et qui s'apprêtaient à tirer sur lui.
"Léto a commencé à intervenir ?" me demande Jean.
Oui, je suis connectée directement avec lui ! Il va se faire tuer ! Ils sont si nombreux !
"Mais je croyais que vous lui aviez interdit d'user de son comguide !" gronde Charles-Maurice.
"Parce que vous croyez que l'on peut empêcher Juliette de faire ce qu'elle veut ? Surtout quand il s'agit de Léto ? Allons ! C'est deux là sont inséparables depuis qu'ils se sont rencontrés !"
Ne dit pas cela, Jean ! Léto est mon ami ! Et là, il est en danger. Ce qu'il entreprend est difficile. Je ne sais pas s'il va y arriver. Il vient de bloquer les troupes envoyées contre nous.
"Oui, nous avons vu l'incident se produire, mais nous ne savions pas que c'était ce Léto qui en était l'auteur ! Pourquoi a-t-il fait cela ?" demande avec toujours cet air bourru Charles-Maurice.
Parce qu'il ne voulait pas que nous nous sacrifions pour rien ! Il a immobilisé l'armée, le temps que lui puisse intervenir.
"Et que veut il faire ?" continue-t-il.
Si j'en crois la configuration des lieux, il commence par assurer la mise hors service des armées disposées autour de la place du Conseil, avant de s'attaquer celle de la place elle-même, avant de passer au Conseil. Mais vu le nombre, c'est un exercice périlleux. Désolé, mais il faut que je reste concentrée. Je viens déjà de lui sauver la vie une fois. Je peux sans doute lui être encore utile. S'il vous plait, laissez moi !
Jean se retire et reprend le contact avec les gris-unis qui confirment l'immobilisation de l'armée d'invasion. Charles-Maurice, quant à lui, sort de la pièce, pour je ne sais quelle raison, énervé. Sans doute, oui, parce que l'intervention de Léto a empêché son plan d'entrée en jeu. Mais cela ne durera pas longtemps. Ils finiront par réparer les véhicules, et là, son plan verra le jour, hélas pour nos hommes.
J'ignore toute la salle dans laquelle je me situe pour me concentrer sur Léto. Il enchaîne les actions ciblées sur les gardes. Peu savent où il se trouve, et à chaque fois, il les paralyse, éliminant la menace. Ainsi, pour le moment, il continue à agir en restant caché. Moi, je lui sers d'une autre paire d'yeux, et je lui signale ce qu'il peut potentiellement ne pas voir. Nous agissons de concert, moi comme observatrice, comme vigie, lui comme acteur.

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