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Lettre à Roxane

Par Deuxcentcinquanteetun @DeuxCent51
Mon amie, mon âme-sœur, mon Amour, Roxane,
Un jour, ce fut la nuit. Ce Soleil qui brillait cachait la Lune qui s'épanchait dans mon cœur. Ces mots prononcés, des lames froides et sincères, et moi des larmes brulantes et secrètes, ces mots, qui enfin t'ont libérée, ma Muse adorée, mon Soleil, ma vie. En un instant, une éternité dans une respiration, une inspiration pour absorber et comprendre, une expiration pour mourir sur place, debout, dans un silence de plomb.
Que j'aurais voulu avoir justement un peu de plomb à ma disposition pour disperser cette tête qui avait déjà explosée... Mais je t'ai rendue ta liberté, abandonnant ce qui était devenu un cercueil vivant pour toi, notre appartement.
Une nuit, ce fut le jour. La Lune brillait et m'appelait de ses vœux, mais le Soleil se reflétant sur elle, je ne pouvais m'évanouir dans cet océan devenu si vide et sans intérêt. Tu étais mon centre, ma force gravitationnelle, et ma planète est maintenant à la dérive dans l'espace, frôlant astéroïdes et peut-être un jour passerais-je trop près d'un trou noir.
Il n'y a rien à regretter, si ce n'est ces silences, si ce n'est ces mots incompris, si ce n'est ce temps qui est passé trop vite alors que j'aurais voulu qu'il soit éternel pour continuer à te prendre dans ce qui me sert de bras. Mes bras maintenant ne tiennent qu'un clavier ou stylo pour te parler. Tu ne me lis pas ? Qu'importe, c'est plus beau encore ainsi ! Et mes lèvres ne prononcent plus ces mots silencieux sur ta bouche ou ton cou, ma plume est maintenant seule porteuses de ces quelques fragments d'humanité et de tendresse.
Ici et maintenant, à l'aube, je vis dans mes songes poétiques avec ma Roxane. Ici et maintenant, avant de m'endormir, je vois ton visage, peinture délicate ou peinture abstraite, je ne sais pas. Mais le spectacle non vivant que je perçois pousse mon sang à pulser tout le long de mes veines, et même si mes rêveries sont vaines.
Je le sais, nous n'existe plus. Je le sais, tu es toi, je ne suis rien. Tu dois être heureuse, alors je m'efface, d'un coup de gomme, comme si je n'avais jamais existé. Mes lignes se défont et se refont pour tenter, sans tourner sur moi-même, d'explorer les univers alentours, profitant de ce voyage non prévu, sans contrôle, dans un univers dont le froid et le sombre sont partout. Mais au fond de mon noyau, le feu brûle et il brûlera encore jusqu'à extinction et devenir un astre mort.
Pourquoi pleurer ? La mort est inévitable et fait partie de la vie. Ne dit-on pas que la pire des maladies, c'est la vie car on en meurt à tous les coups ? Mais l'amour que j'écris, la passion, les idéaux que je voudrais porter, ne serait-ce qu'un temps éphémère et perdu, inspirés par l'amour pour toi, peut-être dépasseront-ils l'espace-temps qui nous sépare.
Peut-être finiront par revenir dans tes mains, douces, et qu'un regard, pour une dernière fois, tendre, veuille bien se pencher, par négligence, sur cet amas de boues et de poussières, cette roche inhabitable, ce lac parfois trop tumultueux, ces cascades assourdissantes, mais aussi cette mer d'huile reflétant la Lune, mère de tous les poètes...
Mon amie, mon âme-sœur, mon Amour, Roxane, vis ta plus belle vie maintenant !

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