Magazine Journal intime

Foison de vies - Chapitre 11

Par Deuxcentcinquanteetun @DeuxCent51

Chapitre 11

Vie 3

Deux jours que la catastrophe évitée de justesse s'est produite. Deux jours que je fais le tour sur les écrans, dans le vaisseau, des éléments qui ont été atteints par les radiations Solaires. Les dégâts sont moins graves que je ne le craignais. Certes, j'ai perdu la communication avec mon ordinateur de bord, mais ses fonctions vitales sont en marche et il continue de co-piloter celui-ci. Mais j'ai pu constaté aussi que certains de ses capteurs externes étaient endommagés. Il est muet mais aussi partiellement aveugle. Et je ne peux pas avoir le regard constamment penché sur les consoles pour m'assurer qu'il n'y ait pas d'autres dangers à venir. Il me faut remédier à cette situation.
De plus, la mémoire cartes des systèmes connus se trouvait dans la zone irradiée. Après réflexion, il me semble que c'est plus ennuyeux que je ne le pensais en premier abord. Certes, l'objectif est d'aller vers l'inconnu, pour qu'il devienne connu, mais je n'ai plus aucun point de repère pour savoir si ce que je vois sont des éléments connus ou pas, et pire, si des dangers déjà identifiés se présenteront devant moi.
Du fait du taux de radioactivité dans la zone concernée, je ne peux pour le moment rien faire. Il me faudrait trouver un moyen pour rendre cette zone à nouveau saine, pour moi. Par contre, pour le moment, je peux faire une sortie extra-habitacle et tenter de réparer les senseurs du bâtiment, ceci afin d'avoir des informations plus fiables sur ce qui va nous entourer. J'ai repéré grâce au tableau de bord les trois éléments défaillants : la sonde ultra-violet dans la partie électromagnétique, la sonde scattéromètrique qui mesure la lumière diffuse et la sonde de spectromètre de masse. Pour chacune, j'ai trouvé les pièces de rechanges, heureusement non atteintes par l'orage Solaire.
Une fois mon scaphandre mis en place, les pièces de rechanges dans une boîte rattachée à ma ceinture, je me faufile dans le sas de décompression. L'endroit est exigüe. Il a certes été prévue que je puisse avoir besoin de faire des sorties dans l'espace, mais pas de manière répétée, mais uniquement occasionnellement, comme le cas de figure présent. Les plans de cette machine spatiale sont heureusement intacts, eux. J'ai pu ainsi étudier avec soin leur emplacement, les probables pièces qui ont dû griller et la façon d'opérer. En termes d'outils, ils sont rudimentaires : un tournevis électrique avec torche intégré, un soudeur de précision ne nécessitant pas d'oxygène. Ce dernier utilise le même principe que le moteur qui s'appuie sur l'énergie noire qui nous entoure, il la concentre et produit ainsi une chaleur suffisante pour provoquer des soudures fiables.
J'attache ma combinaison avec un harnais sur les rappels de survie. Il ne faudrait pas que je sois expulsé loin du vaisseau sans pouvoir revenir dedans. De plus, il faut que je fasse attention à ne pas m'approcher des absorbeurs d'énergies et de matières noires. Cela serait fâcheux pour moi...
J'appuie sur le bouton de décompression. Je sens ma combinaison qui s'étend, la pression extérieure étant vide. Un sentiment d'élargissement léger prend mon corps, heureusement limité par la combinaison qui assure une pression stable à l'intérieur. Le sas extérieur s'ouvre enfin. Pas de phénomène d'aspiration puisqu'il n'y a déjà plus rien dans la zone exigüe de décompression. Je sors en suivant les coursives, des barres le long du vaisseau, qui permettent en s'agrippant dessus et en tirant avec les mains, de suivre différents chemins, dont ceux qui m'intéressent.
Me voici face à la sonde électromagnétique. J'ouvre le couvercle vissé, et j'observe les différents composants électronique. Tous sauf un, comme les indicateurs sur le tableau de bord, sont en bon état. C'est la partie la plus simple. Je saisis la carte endommagée, la range dans ma boîte et la remplace par une neuve. La carte endommagée pourra peut-être être réparée et servir encore de pièce de rechange si nécessaire.
La sonde scattérométrique est un  peu plus loin. Il ne me faut pas longtemps pour comprendre que c'est la pièce de diffraction qui a été déstabilisée. C'est mieux, je n'ai pas à la remplacer mais juste à la réajuster. Une fois l'opération terminée, je me dirige maintenant vers le spectromètre de masse. J'ai toujours aimé cet outil durant mes occupations sur ma petite planète... Il a pris un sacré choc. Les traces de brulures, pourtant en l'absence d'oxygène, sont visibles. C'est presque l'intégralité de la sonde qui est hors d'état. Après un bilan, je ne pense pas pouvoir la réparer totalement, mais lui faire recouvrir une partie de ses fonctions. On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a...
Voilà, déjà plus d'une heure que je suis dehors, un bip-bip strident sonne dans mon casque : un signal d'alarme. Je scrute l'état de ma combinaison, de mes réserves en oxygène. Non, rien ! Il doit y avoir autre chose. Mais je n'ai pas accès au tableau de bord d'ici, la voix de l'ordinateur était sensé me servie d'interface. Je me dépêche donc de rentrer.
Une fois dans la zone de décompression, je referme le sas extérieur, l'alarme ne s'arrêtant pas. J'actionne le système de repressurisation... Quelques dizaines de secondes plus tard, le sas intérieur s'ouvre et je m'y faufile. J'enlève ma combinaison le plus vite possible, en prenant soin de poser et d'amarrer la caisse que j'avais transporté à l'extérieur avec moi. Je me dirige vers la cabine centrale. Déjà, je comprends qu'il y a un problème, la gravité artificielle est déficiente. Je vole dans mon vaisseau. Ceci dit, c'est moins fatiguant et me permet d'aller beaucoup plus vite jusqu'à la console.
Je me sangle et j'ausculte les informations. Un voyant rouge est clairement au-dessus d'une zone du tableau de bord. Il s'agit des informations que remonte le spectromètre de masse. Il indique qu'une distorsion inconnue est à proximité de notre trajectoire. OK, mais de quel type de distorsion parle-t-on ? Hélas, non seulement l'ordinateur ne me répond pas mais le spectromètre est incomplet pour me répondre. Je bascule sur les autres sondes. Côté lumière et aux éléments électromagnétiques, rien ! Il n'y a rien. Côté cartes ? Ah, oui c'est vrai ! Les cartes sont inopérationnelles... Quelle distance et combien de temps avant de croiser cette zone potentiellement dangereuse ? Le calculateur indique huit jours terrestres. Bon, cela me laisse du temps pour peaufiner mes hypothèses et surtout, pour essayer de résoudre ce problème de communication avec l'ordinateur de bord. Voilà un exemple typique où connaître ses hypothèses, les remettre en cause et lui en soumettre d'autres seraient bien utile. Ils n'ont pas prévu de système de secours, un clavier ou je ne sais quoi. 
Et oui, la parole est selon eux un moyen d'échange plus efficace et plus rapide que n'importe quel autre moyen... Mais les accrocs à cette façon de penser n'ont même pas prévu un plan B... Donc il faut que je répare cette partie. Mais pour cela, il faut commencer par régler le problème des radiations résiduelles, mais d'un taux élevé, trop élevé, dans le compartiment concerné.

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