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Foison de vies - Chapitre 20

Par Deuxcentcinquanteetun @DeuxCent51

Chapitre 20

Vie 3

Au cinquième jour avant l'approche du corps céleste inconnu, je mets mon scaphandre et je m'isole dans la pièce où se trouve les panneaux d'accès aux connecteurs de l'ordinateur qui pilote ce vaisseau. J'isole les différents liens et ce qu'ils peuvent transporter. En fait, je n'ai pas trop la connaissance électronique de cet enchevêtrement pour discerner ce qui est utile de ce qui ne l'est pas... Et puis, je me dis que quelque part il y a aussi un boîtier qui rassemble tous ses fils pour fusionner les informations.
Je suis donc les fils et j'arrive effectivement sur une sorte d'énorme boîte où bien d'autres viennent encore s'y fusionner. Je décide de brancher un dérivateur radio sur le plus gros des câbles, en espérant que c'est une bonne solution. De l'autre côté, bien protégé avec ma combinaison, j'ouvre la malle qui contient ce que j'ai ramassé. Pour les cartes spatiales, on verra après. L'ordinateur devrait être capable de me dire quoi en faire. Non, je me concentre sur ce petit robot que j'ai construit. Je lui ai implanté un haut-parleur, déniché dans les réserves, ainsi qu'un système digital qui fera office de synthèse vocale. Avec ma tablette, je fais des essais en envoyant un signal sur le récepteur radio de la caisse à savon.
"Un... deux... trois..."
Bon, la vois est métallique, mais c'est compréhensible. J'ajoute les pièces du cerveau central que j'ai récupérée, ainsi que les pièces de rechanges, elles aussi irradiées, pour en faire un cerveau "mobile". Le poids est conséquence, mais le mécanisme d'entrainement le supportera. Il faudra qu'il me suive pour que je l'entende...
Après une matinée à tout assembler, toujours sans soudure, je pense que j'ai fini. J'allume le nouvel ordinateur central, mobile, ainsi que l'émetteur-récepteur sur le boîtier centralisateur. Et j'attends...
Au bout de plusieurs minutes, rien... Aucun son, aucun changement. Qu'est-ce qui ne fonctionne pas ? Je rescrute mes branchements, mais je ne vois rien d'anormal, hormis la forme horrible de ce dépôt de pièces en tous genres. Je finis par lâche à haute voix : Pourquoi tu ne parles pas ?
"Parce que vous n'avez rien demandé." me répond une voix métallique.
Surpris ! Je fais un bond en arrière. La caisse se rapproche de moi.
"Selon mes calculs, ma portée vocale est d'au plus dix mètres. Il vaut mieux que je vous suive en toutes circonstances."
Je reste interdit. Je ne dis plus rien. Pourtant c'est ce que je voulais... Je me calme et je regarde cette boîte difforme. Il me faut passer à l'étape suivante : les cartes ! Je lui demande quoi faire ?
"Tout d'abord, je vous propose de me rebrancher le bras articulé. Je me chargerais ainsi de m'améliorer. Vous avez bien travaillé mais votre assemblage est incomplet et trop fragile. Je risquerais d'être à nouveau indisponible. Pour les cartes, je m'en occupe dans la foulée."
Mais quand est-ce que ce sera prêt ? Tu sais que nous avons une alerte de possible collision avec un corps céleste inconnu est dans moins de cinq jours !
"Oui, je suis au courant. Je vous ai confié les calculs disponibles via l'interface qui me restait. Mais vous ne pouvez pas rester dans votre combinaison indéfiniment. Moi, je ne suis pas sensible aux radiations. J'estime à une heure la connexion de mon bras, et pour le reste, d'ici ce soir, je serais opérationnel. D'ici là, allez vous reposer ! Les capteurs du vaisseau m'indique un besoin de repos intense. Laissez-moi la main !"
Je suis sidéré, mais en même temps, ce qu'il dit est logique. Mon scaphandre n'a plus qu'une heure d'autonomie... Alors je me mets à rebrancher le bras que j'avais déconnecté, en suivant les instructions orales, de cette voix métallique. Une fois terminé, il me propose de me replier dans mes quartiers pour me restaurer et me reposer. Il me réveillera quand il aura fini.
Je me relève, je regarde la machine. Il est déjà en action. Je le vois saisir différentes pièces, et même un chalumeau à énergie noire.
Mais vous ne pouvez pas utiliser ceci dans l'habitacle ! Nous exploserons !
"Évidemment que je ne vais pas l'utiliser ici. Je vais aller dans le sas de décompression, sans sortir, et ainsi être dans le vide sidéral, tout en étant bien collé aux parois du vaisseau. Pour cela, il faut d'abord que j'installe des grappins magnétiques pour ne pas voler dans le vide une fois la décompression opérée."
Mais vous avez besoin d'aide pour faire tout cela !
"Non, j'ai ce qu'il me faut. Merci d'avoir proposer. Mais il vous faut vous reposer maintenant."
Je le regarde traîner la caisse derrière lui, se rajouter par les mêmes moyens que moi, les modules magnétiques à son fuselage, pour se maintenir collé à la paroi. Puis il se dirige vers le compartiment d'accès à l'espace, au vide. Effectivement, j'ai oublié qu'il contrôle le vaisseau et donc tous les mécanismes, sans avoir de main, sauf ce bras artificiel rudimentaire.
Je me sens las, et j'ai faim. J'enlève mon scaphandre une fois dans le compartiment sain. Je passe ensuite d'abord à la cuisine pour me faire un repas correct et chaud. Puis une fois rassasié, je me dirige vers ma cabine. Je m'allonge et je plonge dans un sommeil profond. Je suis épuisé.

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