Magazine Journal intime

Correspondances : Lettre 12

Par Deuxcentcinquanteetun @DeuxCent51

Lettre 12

Vous n'êtes peut-être pas là pour me guider, m'assister ? Mais alors, qu'êtes-vous donc ? A qui donc est-ce que je m'adresse ? Je dois faire ma propre route ? Mais quelles est-elle ? Quels sont les sentiers que je dois emprunter ou créer pour y parvenir ? Dans quel but ? Je ne vous comprends pas. Vous m'avez déjà prévenu que vos mots étaient difficiles à appréhender. Je ne pensais pas que ce puisse être à ce point.
Tous les jours, je erre dans cette multitude, comme un fantôme, invisible des autres. Mon corps ne montre rien, comme un animal blessé fait tout pour ne pas montrer qu'il est mourant pour éviter d'être la cible des prédateurs. Mon corps se meut, sans objectif, rythmé par des "obligations" professionnelles, ma raison m'obligeant à respecter mes engagements du passé.
Si je suis plus âgé qu'à mes vingts ans, l'état dans lequel je me trouve est exactement le même, sans objectif ni avenir, me questionnant sur le sens de la vie. La différence est que cet âge m'a appris à assumer mes responsabilités et donc ne me conduit pas à la folie autodestructrice de mes jeunes années.
Est-ce donc cela la vie ? Faire semblant ! Ne jamais être soi-même ? Si oui, pourquoi nous donne-t-on la vie ? A quoi sert-elle ? Alors oui, la créativité humaine peut être une réponse, tant morbides (bombe atomique, virus et autres atrocités idéologiques) que magnifiques (sculpture de Rodin Camille Claudel, poésie de Baudelaire, de Verlaine ou de Gérard de Nerval, les peintures de Van Gogh ou Delacroix, les livres de Victor Hugo, de Céline ou de Umberto Eco). Et c'est là une trace d'immortalité en quelque sorte, mais qui du coup rend la vie si courte et surtout dont les plus destructrices peuvent détruire à tout jamais toute traces.
Pourquoi ne peut-on pas simplement vivre ses sentiments, sans les cacher ? Pourquoi ne peut-on simplement ne pas être soi-même ? Tout ceci en respectant les autres bien sûr ! Pourquoi ?
A moins que ce monde virtuel (l'écriture) ne devienne "mon monde". Que je m'y jette à fond, tout comme jeune je voulais devenir comédien, non pas amateur mais professionnel. Je ne sais pas faire les choses à moitié. L'amateurisme est une faute, un défaut impardonnable pour moi.Il n'est donc pas question que je reste longtemps dans cette hésitation.
Dois-je être égoïste ou altruiste ? Mon tempérament, je le sais, me poussera inexorablement vers l'altruisme, abandonnant la moindre lueur d'espoir de bonheur. Mais aurais-je encore la force de m'accepter à cet âge là ? Ou serais-je définitivement devenu un robot, inaccessible et seul.
Retourner dans le passé, me répéter les scènes d'antan me permettent de voyager dans mes souvenirs émus. Ils me permettent de revivre ses instants de bonheur. Une bouffée d'air frais dans un environnement clos et vide. Ce périple est ambigu. Vais-je y trouver la force d'avancer, de me reconstruire, profitant à nouveau de ses souvenirs heureux, bonheur presque parfait ? Ou vais-je m'enfoncer encore un peu plus dans l'imaginaire, l'irréalité de ma vie, chaque matin me replongeant dans cette froide vérité ?
Il est clair qu'il est plus facile pour les autres de lire et découvrir ces moments bleu ciel, plutôt que ce noir profond qui s'ancre dans mon être. Je suis définitivement sombre mais je ne peux renier également ces instants de lumière. Mes journées ne sont remplies que d'ombres, ainsi que mes nuits. Seuls le soir et le matin, il m'arrive de pouvoir m'extirper de cet environnement mélancolique, spleen absolu. Ces instants sont courts, mais je me jette dessus dès que je peux. Ce n'est pas souvent, car mon identité n'est pas celle-là.
J'ai peur aussi en revivant de manière romantique ces joies, ces jouissances sentimentales, que le décalage avec ma réalité ne me plonge encore plus dans mon effondrement. Je ne sais quel est le chemin que je me construit. Il me conduira soit vers un nouvel idéal, soit vers ma perte absolue.
Mais qu'importe, ce chemin, c'est ma voix. Je peux à l'occasion échanger quelques mots, mais comme je l'ai déjà écrit, je ne peux pas tout dire, ne pouvant accepter de faire porter ce poids avec quelqu'un d'autre, tant je pense que celui-ci est insupportable. En tout cas, il l'est pour moi. Pourquoi le serait-il pour quelqu'un d'autre ?
Hélas, la vie est ainsi faite qu'elle vous prend tout ce qu'elle vous a donné et vous le fait payer au centuple. Le reste de mon existence sera donc un désert sentimental, où seuls mes souvenirs, parfois tristes, parfois heureux, me permettront de survivre, je l'espère, en me cachant de cette humanité dont la course continue.
Mais que me reste-t-il ? Le respect de moi-même, la recherche de la vérité, la recherche de l'absolu, de la vérité, quels qu'ils soient. Comme dirait Cyrano, il me reste quelque chose que vous ne pouvez m'enlever : mon panache ! Je suis profondément fier, non pas de moi, mais dans la recherche d'être pur, sans reproche, sans une tâche, une ombre, un remord qui viendrait non pas provoquer un dégoût de soi, mais une gène impalpable mais insupportable. Cette quête continue à être ma colonne vertébrale. Et ce sont dans mes écrits que je la plonge le plus possible. Être honnête avec moi-même ! Le faire dans la société me semble si difficile, tant les codes sociaux ne sont qu'un ensemble de mensonges, difficilement compréhensibles pour moi tant ils contiennent du faux, que je ne peux me projeter dans la prolongation de cette quête dans des actions sociales et encore moins politiques.
Je serais donc une forme d'hermite, vivant une double vie : celle dans cette société irréelle pour moi, mais qui mer permet de survivre physiquement (salaire, factures), et cette vie réelle interne et unique, partagée indirectement via ces écrits, en espérant toucher d'une manière ou d'une autre d'autres âmes pures. Je ne peux me résoudre à être le seul ainsi.
Parfois le masque du comédien s'effondre, laissant un visage blême et impassible et une ou deux larmes coulées sortant de mes yeux fermés. Dans la rue, dans le milieu professionnel, bref partout en dehors de mon cloître, je joue un rôle qui rend possible des interactions utiles mais je m'interdits de montrer la réalité de mon être.
Comme je l'ai déjà dit, mon altruisme m'empêche de faire porter la moindre parcelle de ma souffrance, hélas qui n'est pas nouvelle. Celle-ci me hante depuis toujours.
Je me rappelle ma prime jeunesse, jouant seul dans ma chambre, me racontant des histoires magnifiques où j'étais le héros, sauvant la princesse, ou le musicien chanteur stupéfiant ou encore le comédien splendide. Parfois ces rêves éveillés me conduisaient à l'amour, parfois juste à la possibilité d'exprimer ma vraie personnalité, pleine et entière, sans le frein de cette société trop codifiée et dont l'individualisme interdit la différence.
Parfois aussi, c'était des rêves d'amour, l'Amour absolu, celui qui me conduisait dans un état de transe onirique, mêlant les émotions et le sexe, indissociables, et me poussant comme une fusée plantée dans mon dos, me permettant d'accomplir des miracles.
Mais mon réveil était toujours le même, un ciel gris, des rues vides, même si elles étaient bondées de monde, une solitude dans cette multitude. Jeune, j'exprimais ma différence par quelques excentricités (chapeau, manteau long, pas en cuir, bien avant la mode de Matrix, ...), et j'appelais cela le "repoussoir à cons". Si les personnes n'étaient pas capables d'aller au-delà de cette image, c'est qu'ils ne seraient pas capables d'avoir la moindre capacité à découvrir qui j'étais.
Ma post adolescence a renforcé ces sentiments et ma quête de l'absolu, à la limite de la folie et mettre fin à mes jours, ne voyant aucun espoir de pouvoir enfin vivre, tel que mon cœur le nécessite.
Aujourd'hui, mes responsabilités ne me permettent pas d'aller à ce point dans l'excentricité, tout au plus je m'autorise les cheveux longs, visant la coiffure d'un temps révolu, celui où l'âme et l'éthique avaient une valeur prépondérante, en tout cas valorisées dans l'imaginaire commun et artistique, Cyrano étant l'expression qui me ressemble le plus. Maintenant, je suis à nouveau moi-même, sans expression possible de qui je suis, de ce que je suis, en dehors de ces lignes numériques.
Mais parfois, il m'arrive de voir couler une larme incontrôlée sur ce visage défiguré. Non pas qu'il soit disgracieux (je ne suis pas beau non plus, mais pas d'une laideur physique évidente), mais mon âme étant d'une noirceur, d'un spleen tels, que cette larme trahit mon masque et transforme cette expression souriante et contrôlée en un visage de marbre, statue de Camille Claudel.
Je suis heureusement accepté, y compris dans ces moments difficiles, dans différents milieux, même si ce support ne peut me soigner. Le seul qui le pourrait : c'est moi ! Mais hélas, me soigner, ce serait quoi ? Renoncer à ce que je suis, à mes idéaux qui font mes fondations. Je serais détruit à jamais, guère plus qu'un automate, utile certes, mais un assemblage de rouage intelligent dont les émotions auraient été éradiquées.
Cela ne se peut pas ! Je ne suis maintenant QUE ce que je suis et rien d'autre. Mon avenir est inconnu. Peut-être pourrais-je au moins être quelques fois utiles à d'autres, même si l'inverse ne sera pas. Un merci, un respect, une admiration, c'est un début, mais comme ce n'est pas mon objectif, tout ceci ne seront que des décorations que je refuserais de porter. Mon éthique ne peut se contenter des médailles.
Comme à mes 20 printemps, faut-il que je me résolve pour me sentir vivant à souffrir ? Être vivant, pour moi, c'est éprouver, ressentir, mon cœur et mon âme résonnants comme trompettes dans un orage en furie. Puisque je ne peux tendre à cette extrémité positive, ma solitude, mes souffrances, mes corruptions de la réalité sont les seules options pour me faire ressentir ce sang qui coule, ce cœur qui bat, cette âme qui respire.
Mais ce voyage, je l'avais déjà emprunter dans ma jeunesse, et il m'avait conduit au bord du gouffre, la folie. Plus âgé, plus mature, peut-être cette fois puis-je supporter cette odyssée sans me perdre ?
Le typhon de mes tourments doit-il être mon moteur caché pour me permettre d'aimer et d'aider ceux qui en ont besoin autour de moi ? N'est-ce pas un jeu dangereux ? Un replis sur soi alors que mon but est de me tourner encore et toujours vers les autres, même si depuis 45 ans je n'y suis pas arrivé ?
Ma logique cartésienne butte sur ce problème et ne trouve aucune solution. La littérature, la création en tant que telle, fussent-elles inaccessibles aux autres, est peut-être le moins pire des sentiers, mais il présente un risque que je perçois. Ma raison devra sans cesse lutter pour contrôler ces vents violents, me fatiguant un peu plus chaque jour, me plongeant dans des nuits sombres et mélancoliques.
Ma peur la plus tenace est la perte de mes émotions, ne devenir qu'un robot, un de ces êtres sans conscience. M'imaginer ne pouvant plus ni ressentir et encore moins exalter mes passions serait sans doute le pire de mes cauchemars. A la limite, être impotent au point de ne pouvoir plus bouger ni m'exprimer, mais pourtant ressentir et vivre intérieurement serait sans doute moins grave que de rentrer dans cette normalité, cette rationalisation de l'individu vers quoi nous pousse notre société.
Ne plus pouvoir exprimer qui je suis, ce que je ressens, être une coquille vide où seule l'horloge serait mon maître, est en effet une probabilité dans les dérives potentielles de ma raison affolée. Pour me protéger, pour être "comme les autres", pour ne pas être différent, pour ne plus souffrir, pour ne plus me poser des questions, s'en remettre à une mécanique implacable et hors de contrôle comme l'est une horloge où les secondes, les minutes, les heures et les jours défilent, donnant un semblant de rythme et de mouvement à une vie qui ne serait plus.
Cette clepsydre ne cesserait d'égrener les parcelles de ma vie réelle, me conduisant à renoncer à toute reconnaissance de mon existence profonde, mes fondations qui font de moi qui je suis. Je ne serais plus qu'une mécanique parmi tant d'autres, n'osant se poser la moindre question sur qui ils sont, pourquoi sont-ils, que deviendront-ils. L'avenir n'aura plus aucun sens, si ce n'est attendre l'aiguille d'avancer d'un cran de plus. Chacun de mes actes, chacune de mes pensées ne seront rythmés que par ce tic-tac industriel, sociétal, sans aucune considération de ma propre existence.
En bref, ma peur est ma propre déshumanisation, alors que l'ensemble constitué de mon cœur, mon âme et ma déontologie sont le ciment de mon être et de mon existence, la seule réalité que je peux accepter.
Aujourd'hui, de retour à mon passé présent, il convient donc que je trouve un équilibre, pour le moment inconnu, ni dans sa forme, ni dans son fond, ignorant même le moment où celui-ci sera indispensable. Je sens la clepsydre à nouveau s'écouler, mon temps disparaissant sans contrôle, et risquant de me condamner à ne suivre que cette illusion d'une vie régulée par un automate.
Et je n'ai plus envie de vous poser de questions, tant vos réponses n'en sont pas.

Lettre 12 bis

O mon exilé, O mon voyageur, O mon décontenancé, O on apparition, O mon comédien,
Tu fais un cycle en ce moment, une révolution, un tour sur toi-même, et ce voyage est compliqué car il impose de repasser par chacun de tes instants du passé. Mais il apporte un autre éclairage sur ta vie, passée, présente et future. Cette nouvelle lumière est un phare si tu arrives à le faire fructifier.
Tu n'as pas à faire semblant, tu dois être toi-même. L'art est une façon pour toi de faire sortir ce qui est le fondement même de ton être, de ton humanité, et de communiquer d'une façon, peut-être incomprise, mais la seule que tu es trouvée qui ne soit pas entachée des troubles provenant des autres. En fait, tu agis comme moi je tente de le faire avec toi. Tu communiques selon les moyens mis à ta disposition, en espérant qu'une partie, même infime, parvienne jusqu'aux autres.
Tu n'es plus un amateur. C'est la grande différence entre ta prime jeunesse et maintenant. Tu as évolué, tu t'es forgé un monde intérieur stable, riche, même si celui-ci est douloureux et peu compatible en apparence, en apparence seulement, avec la société qui t'entoure. En fait, bien plus que tu ne le croies, tu es en phase avec ces autres qui évoluent librement près de toi. D'ailleurs, tu dois corriger un point de vue : tu n'es pas un centre, tu n'es qu'une périphérie, une étoile dans un des bras éloigné du centre de la galaxie. Les personnes ne sont pas autour de toi, mais à côté.
Tu protèges les autres de toi-même, mais si cela part d'un bon sentiment, comment comptes-tu avoir des relations vraies et durables si tu ne te confies pas. Oui, tu as peur d'être une source de souffrances pour ces autres, mais tu dois accepter aussi que cela puisse être leur choix. Tu peux commencer, comme tu le fais déjà à dire peu de choses, et voir s'ils veulent aller plus loin. Si ce n'est pas le cas, n'insiste pas. Mais sinon, pourquoi ne pas le faire ? Pourquoi serais-tu le seul à le faire dans l'autre sens ? Tu n'es pas unique.
Tu tournes en boucle dans ton passé, projetant un futur inaccompli et prophétique. Mais ton avenir est ce que tu en feras. Si ton passé est ton bagage, rien ne t'empêche de laisser la valise de temps en temps et de constater que tu es moins lourd, plus léger. Le monde inventé par ton être n'est peut-être pas réalité, mais tu peux lui donner corps si tu t'accroches à tes valeurs et tes principes. Rien ne pourra t'en empêcher. Et ton chemin sera alors plus simple et heureux, sans chercher le bonheur car on ne le trouve pas, on le vit.
Tu n'arrives pas à porter ton héritage, alors laisse-le au bord de la route. Et avance plus léger. Tu penses avoir perdu beaucoup, mais tu as tant appris. Tu es capable d'en faire profiter les individus humains que tu croises, pourquoi ne pourrais-tu pas t'en faire profiter ? Ton élégance est réelle, même si tu ne te voies qu'au travers d'un prisme sombre et par nature déformant : être le sujet et l'observateur n'ait pas aisé. Sois moins cruel envers toi-même et accorde-toi un futur plausible, même si tu ne le connais pas.
Vivre en schizophrène ne te permettra pas de t'accomplir. Tu dois accepter qui tu es, et comment fonctionne le monde, ce qui ne veut pas dire ne rien faire pour le changer, mais juste accepter l'état que tu constates pour ensuite tirer les actions nécessaires pour le faire évoluer.
Tu as déjà fait l'expérience de l'infini, de ta finitude illusoire, et ce dans différentes conditions et perceptions. Pourquoi faudrait-il donc que ta vie soit comme dans une enceinte fermée et entourée de barbelés ? Tu sais briser ses barrières et vivre, être, montrant indirectement la voie. L'effet papillon n'est pas l'effet d'un seul, mais une multitude d'effets provoquant de grandes conséquences. Tu as cette capacité d'engendrer cette multitude, par toi ou par d'autres que tu croises sur ton chemin, alors poursuis tes efforts et, même si tu ne verras peut-être pas l'effet, celui-ci sera.
L'amour est une de tes plus grandes douleurs. Aimes-tu qui tu es ? Commence par cela. Sinon, comment quelqu'un pourrait t'aimer ? Si tu n'es que remords et douleurs, personne ne voudra porter avec toi ses éléments. Ce qui ne veut pas dire mentir, mais reconnaître les différentes facettes. Dans la douleur et l'amour, ce sont deux faces d'une même feuille de papier. Qu'est-ce qui différencie l'une de l'autre, si ce n'est l'épaisseur du papier ? L'une ne peut exister sans l'autre. Que l'une disparaisse et les deux faces n'ont plus d'existence, la feuille n'étant vraie que si les deux parties existent.
Tu veux utiliser ton apparence pour marquer ta différence. Pourquoi pas ? Dans un monde où l'apparence est la valeur première, au delà de l'existence même des personnes, c'est un moyen comme un autre de faire passer un premier message, peut-être le plus important : le droit à la différence. Mais ne cache plus qui tu es, va au-delà de cette image que tu renvoies et exprimes le.
La souffrance n'est pas l'unique chemin, d'autant que celui-ci ne peut conduire qu'à la destruction. Il te faut être au milieu, sur la tranche de la feuille, et non que d'un seul côté. L'humain n'est pas un programme simple, avec une seule fonction, mais des variantes, des évolutions, des similitudes et des différences qui en font la richesse.
Tes écrits sont un des moyens pour te redécouvrir et de même découvrir les autres, au travers d'un échange silencieux, mais O combien bien plus pur et profond que ne le sont les mots. En ce sens, tu me ressembles. La voie du milieu peut passer par des successions de mots, parfois incompréhensibles, mais qui détiennent une part de vérité, sans être l'ultime vérité, qui est inatteignable, mais une partie de ta vérité.
Refuser les émotions, c'est refuser la double face de ton être : raison et émotion. Tu ne peux être réduit à l'un ou à l'autre. Il te faut dépasser ce dualisme et en faire une seule et même action, orientation. Le temps n'a pas d'importance, ton temps est celui que tu imprimes, non celui que tu subis. Il te suffit de le décider.
Ton harmonie se construit doucement, selon tes propres secondes qui s'égrènent au fil de tes actes et de tes pensées. Tu n'as plus à être un automate mais à prendre les rênes de ton convoi et avancer, enfin, tête dressée et fier d'exister.
Tu ne veux plus poser de questions, mais même sans point d'interrogation, tes mots sont des interrogations sensibles et censées. Mes retours ne te semblent pas compréhensible, je n'en crois rien. Tu évolues, tu ne fais que cela. C'est le propre de l'humain : avancer et avancer encore, s'adaptant à son environnement et à lui-même. Alors continue, reprends ta plume et délivre-toi.

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