Magazine Journal intime

Correspondances : Lettre 17

Par Deuxcentcinquanteetun @DeuxCent51

Lettre 17

Toujours cette même question sans réponse ! A moins que la réponse ne soit cachée dans vos questions et dans vos affirmations contradictoires, du moins en apparence ? Je dois accepter les options nouvelles qui s'offrent à moi, soit ! Mais dire que vous existez comme un tout et en même temps que vous êtes le vide ? Comment interpréter cette affirmation dualiste ? Vous me poussez à prendre des risques, à me mettre en déséquilibre, tout en étant unifié ?
Je crois que je commence à me faire une opinion. Mais je sens que pour la valider, il me faudra oublier mon raisonnement, mon cartésianisme et simplement vivre, exister...
La vie est un cercle qui se referme in fine. On naît un moment, une date, et déjà la seule autre date inconnue mais qui est la seule à avoir une forme définitive, c'est celle de notre mort. Au milieu, ce sont des temps subis, les horloges qui rythment notre vie, comme le travail, les trains à prendre, les rendez-vous, les réveils matins... Ce sont des durées. Et tout le long, il y a notre moment, jamais le même et toujours identique, notre instant présent, celui que nous vivons, seul et avec tous, le seul véritable.
La mort ? Aucune importance : comme dit le proverbe chinois, un problème qui n'a pas de solution n'est pas un problème ! La mort n'est que la conséquence de la vie. La vie la conséquence de la mort. Rien ne se crée, tout se transforme.
Mais alors, qu'est-ce qui a de l'importance ? L'amour ! Mais pas cet amour charnel, cet amour de pacotille, celui que l'on fait "par dessus la jambe", si j'ose dire. Non l'amour avec un grand A. Il peut être pour une personne, il peut être pour l'humanité, il peut être pour tout ce qui nous entoure, animaux, plantes, montagnes, univers...
Et voilà le dilemme qui apparaît doucement : pour aimer, faut-il s'aimer ? S'aimer, c'est de l'ego ! L'ego, c'est cette partie insidieuse de nous qui nous dicte nos actions et nos mots, voire nos pensées, en fonction de nos besoins, de nos ressentis, de notre expérience, de nos désirs, de notre corps, cœur et esprit. Sa conclusion est souvent la décision, l'acte de décider et d'agir. Mais en y regardant de plus près, il n'est rien. Il n'est pas plus important que chaque parcelle qui nous constitue et il est aussi impermanent que l'est une pensée, une émotion, une douleur, un besoin. Il ne peut pas être notre moteur, ou plutôt, il ne devrait pas l'être.
L'ego est un peu notre petit diable lorsque nous le suivons aveuglément... L'ego nous pousse à l'égoïsme, à l'individualisme, et dont par nature à ne pas aimer, sauf son propre nombril. Mais il est aussi un rempart naturel pour notre soi, au travers de notre moi, contre ce qui peut nous abimer. Il ne faut donc pas non plus l'ignorer. Il est un de nos sens, tout comme la vue, le toucher, les émotions, la raison. Il a sa fonction. Mais il ne doit pas être le maître, tout comme la raison ne peut pas être seule aux commandes, ou les sentiments ou le corps. Comment être heureux et humain si le seul point qui nous intéresse est ce petit bout coupé lors de notre naissance, censé nous libérer pour toute notre vie, mais qui est en fait notre propre prison mentale : notre cordon ombilical réduit à cet état de nombril.
Je ne suis ni un saint, ni un diable. Mais je sais que j'ai essayé d'agir toujours, non selon mon ego, mais selon ma conscience, et dans l'amour de l'autre et de ceux qui m'entourent, vivants ou non. J'ai voulu le bonheur. Mais comme le dit Bouddha : "J'ai" est l'égo, "voulu" est le désir, ils ne sont pas compatibles avec le bonheur ; retire les, et il te restera "le bonheur".
Mais voilà, sentimental, romantique, emporté par ses sentiments comme un fou dans une tempête sur son radeau, dans une société où personne ne fait attention au naufragé, trop occupé à compter les sous que vont rapporter les planches de bois vermoulues vendues pour réaliser ce fragile navire, que puis-je faire, dire ?
Aimer ! Oui, j'ai aimé. Être aimé ? Non, je ne l'ai jamais été. J'ai voulu y croire, à chaque fois. Je me suis même menti à moi-même parfois pour ce qui est "d'aimer", pour faire "comme les autres". D'autres fois, je me suis aveuglé sur "être aimé", Je le savais, intimement, au fond de mon être, mais je ne voulais pas voir la vérité. Je me suis abusé volontairement, j'ai ignoré les signaux, les messages. Et pour cela, je demande pardon. Jamais je n'aurais dû imposer ma présence, mon esprit malade d'amour à une autre âme, qui ne m'aimait pas, mais qui n'osait pas le dire, ou pas assez fort. Pardon de ne pas avoir écouter tes suppliques de te laisser vivre ! Pardon de ne pas avoir compris que nous n'étions que des amis ! Pardon d'avoir voulu croire, un instant, un instant seulement, que, peut-être, un jour, pendant une minute, une seconde, je pourrais être aimé comme moi je t'ai aimé, je t'aime et je t'aimerai. Pardon !
Certains me reproche de n'être pas dans la réalité ? La poésie est-elle réalité ? Non, elle est vérité. Liberté, Égalité, Fraternité ne sont pas réalité mais vérité. Les sciences (physique, chimie, biologie, médecine, humaines) ne sont pas vraies mais réelles. La seule science à être à la fois vraie et réelle sont les mathématiques. Mais la poésie, l'art, tout comme la philosophie, où le sujet est l'aussi l'objet, ne sont pas réels mais vrais. La poésie n'a pas besoin de la réalité, elle ne doit pas l'être.
On me reproche donc de n'être pas réel.
Vous dites ? C'est inutile une telle quête ? Mais vous ne savez donc pas que c'est encore plus beau quand c'est inutile ! Je savais que je ne pouvais pas être aimé. Je pense que je ne suis sans doute pas le seul à être ainsi : différent, ni supérieur, ni inférieur, juste différent, suffisamment pour que personne ne puisse s'attacher avec Amour à moi. L'amitié, oui ! L'amour, non !
Mon "Moi" voudrait retourner mon cœur dans ma grotte, ne le laissant transpirer que dans mes écrits et auprès de mes très rares amis. Il me dit que "l'Amour" est peut-être possible pour d'autres, mais pour moi, c'est une illusion qui restera à jamais enfermée dans mes lignes inégales.
Trop différent, trop bête peut-être ? Trop, surtout ! Trop en tout !
Il me reste mes souvenirs, mes émotions, les sons, les odeurs, les sensations du contact des peaux, les pensées échangées, les regards donnant accès à l'âme de l'autre. Cela n'était pas réel, mais cela était vrai pour moi. Alors merci et pardon à la fois !
Mais mon "Soi" me dit qu'il ne faut pas m'enfermer dans ma grotte. Je dois rentrer dans ma montagne de mes illusions, me nettoyer sous le torrent de mon œil interne, et enfin ressortir pour m'ouvrir aux autres.
Pourquoi suis-je donc à ce point tirailler entre deux extrêmes : ce "Moi" qui me demande de m'isoler, ce "Soi" qui m'impose de m'ouvrir. On me reproche même d'être "sauveur". La belle affaire ! Quelle remarque déplacée, je trouve ! Il faudrait s'empêcher de vouloir aider les autres, sans rien attendre en retour ? Ne rien vouloir en retour est peut-être le problème... Mais je ne veux donner aucune chance à ce "Moi" de prendre le pouvoir. Je, ce "Soi", veux être libre et faire et dire ce qu'il me semble juste.
Ais-je donc un vécu passé que j'ignore, ou que j'ai oublié ? Est-ce une réincarnation, pour peu que l'on y croit ? Suis-je ici pour transcender mon existence, même si cela doit me coûter ce qui est le plus précieux, ma vie ici et maintenant ? Si c'est le cas, je ne le regretterais jamais. Mais est-ce bien là ma voie ?
Croire en la réincarnation peut être positif. On peut considèrer que croire en la réincarnation peut conduire à un effet de mise en valeur de l'ego (j'agis bien pour obtenir quelque chose). Mais je pense que c'est trop réducteur. Excusez l'aspect "scientifique" de l'approche, mais c'est ainsi que je réfléchis et prend conscience des choses...
  • Un aspect humain personnel : S'il permet à l'être humain, par cette condition future qu'il ignore, d'adopter une démarche pure et saine aujourd'hui, ici et maintenant, alors le but est le même, les moyens sont les mêmes. Si cette approche permet à l'être humain d'être "meilleur" pour lui et pour les autres durant sa vie, alors la finalité est la même. Et s'il ne le fait pas par simple peur ou par simple ego (désir d'obtenir quelque chose), c'est encore mieux, mais l'important est que déjà, il fasse cette démarche.
  • Un aspect sociétal : Dans une société où la justice est défaillante, croire en la réincarnation, et appliquer en conséquences les principes d'une religion, permet à la société de se pacifier et d'être en harmonie les uns avec les autres, malgré les dysfonctionnements sociétaux.
Pour moi, c'est une découverte importante, car elle me permet, non pas de croire, mais de comprendre pourquoi des gens croient en la réincarnation et s'y accrochent. Ce n'est pas qu'une tolérance ou une acceptation passive, je les comprends.
Bien sûr, de mon point de vue, si ce n'était pas clair, je pense que l'homme ne devrait rien attendre d'un au-delà, mais agir en son âme et conscience ici et maintenant, sans rien espérer pour après. L'acte est alors totalement désintéressé. Il est l'altruisme ultime. Cependant, si pour passer par l'acte, il est nécessaire de songer et d'espérer une vie après la mort (ce dont personne ne peut infirmer ou confirmer la véracité), alors pourquoi pas ?
Je cite maintenant le Bouddhisme, mais cette question d'un après la mort n'est pas sans reflet dans les autres religions (le Paradis, le Firdaws, le Jardin d'Éden, le Valhalla, ...). Mais il est intéressant de voir les différentes approches dans le Bouddhisme car elle éclaire les différentes options qui s'offrent aux humains.
Gautama (le premier Bouddha) voyait dans l'éveil et l'illumination (le nirvana) la fin du cycle des réincarnations (lui-même étant influencé par la religion Hindoue croyant fermement à la réincarnation). Mais des courants se sont différenciés dans le Bouddhisme. Je n'en citerais que deux, car je vous ennuierais avec une connaissance livresque que je n'ai d'ailleurs pas.
  • Le Theravada : Très proche des écrits originaux du Bouddha originel, il se base sur l'observation des sensations et de l'attention, avec une vision déifiée du Bouddha et le principe de réincarnation selon les niveaux de vies plus ou moins valorisées, jusqu'à la phase ultime où lé réincarnation cesse lorsque l'on atteint le Nirvana, après notre vie terrestre. 
  • Le Bouddhisme Tibétain est une religion, pleine et entière, mélange des différents courants du Bouddhisme (le Hinayana, le Mahayana et le véhicule tantrique du Vajrayāna) avec un chef religieux (le Dalaï-Lama) et où le principe de réincarnation est appliquée aux grands moines (sans coupure du cycle des réincarnations). 
  • Le Mahyana dont le Zen/Chen : Il insiste sur la méditation (zazen) comme seul moyen d'obtenir l'éveil, chaque humain étant Bouddha par nature, mais devant faire l'effort de la méditation pour atteindre l'éveil de son vivant et être en harmonie. Ce courant n'est plus tout à fait une religion, il peut se pratiquer uniquement sous son aspect philosophique et conduite de vie, et le Bouddha n'est pas un dieu mais un homme, comme les autres, qui a obtenu le "satori" (l'illumination). La grande différence avec les autres courants est qu'il n'y a pas de "paradis" après la vie, le but est d'abolir la souffrance ici et maintenant sur Terre, de son vivant. Puisque la question de l'après n'a pas de réponse, la sagesse de ce courant est de conduire les hommes à s'élever de leur vivant pour apporter à tous la sagesse et la fin des souffrances dans leur vie, et non après la mort. Sur ce point, il est très proche du Bouddhisme Tibétain, même si ce dernier lui porte la notion de réincarnation par essence politique (les DalaÏ-Lama ou les Rinpoché notamment).

Alors pourquoi ne pas suivre cette voie, à ma façon, sans suivre les codes religieux qui ne sont que des prisons sociétales et temporelles construites par des humains, souvent pour des questions de pouvoir. Je préfère me référer à des personnages, des exemples pour moi, qui m'enseignent une forme de conduite. Je tente de m'écouter, non pas mon "Moi", mais mon "Soi", pour avancer sur une ligne difficile mais O combien plus apaisante et selon moi utile à ce monde douloureux qui m'entoure.
Parmi eux, j'ai déjà cité Cyrano de Bergerac, pas uniquement le héros de la pièce de Rostand, mais aussi le vrai personnage. Bien sûr, il n'est peut être pas aussi grand et héroïque, fier et romantique, entier et sans regret que le personnage de théâtre. Mais Edmond a bien choisi son héros. Le vrai Cyrano était effectivement un poète, un bretteur, un scientifique à sa façon (il a imaginé effectivement comment aller sur la Lune dans des traités plus poétiques que scientifiques). Il a effectivement écrit des scènes que Molière lui a volées. Il a été membre des cadets de Gascogne, s'est illustré sur les fronts, mais il n'a jamais été de Gascogne (son titre lui vient de son mariage).
Pour autant, je retiens ce qui l'a guidé toute sa vie : pas de compromis, être parfait en tout (pour lui même, pas par rapport aux autres), fier mais pas insensible et sans marcher sur les autres pour arriver à ses fins (même si là, c'est sans doute plus le personnage de la pièce que je cite que le vrai homme).
Je place l'honneur, le respect et la liberté très haut. Je respecte les personnes, quelques soient leur condition, leur origine, leur travail, car elles savent toutes quelque chose que je ne sais pas. Et à ce titre, les rencontrer, leur rendre service m'ait un honneur.
Bien sûr, je peux rencontrer parfois des fâcheux, dont l'honneur n'est que ego, perdu dans leur méandres psychologiques, incapable de se rendre compte de la réalité de leurs actions et de leurs mots. Ceux-là, si j'essaye quand même de les sortir de leur condition, je ne supporte pas à la longue leur présence, car ils sont néfastes s'ils ne savent pas se remettre en cause. Mais que ces personnes doivent être bien triste et seul dans leur tête ! Qu'elles doivent souffrir de leur arrogance et de leur ego !
Je citerai ensuite Baudelaire et Verlaine : Le Spleen et l'Idéal, les poètes maudits ! Depuis tout jeune, je me sens proche de ces individus hors normes, qui défient la société par leur capacité à éprouver ce que normalement l'on cache. A l'écrire de manière si belle et parfaite ! A s'exprimer comme jamais ! A être vivant dans leurs lignes, et ce jusqu'au lecteur qui les lit plusieurs siècles plus tard !
Ce Spleen, je le vis depuis longtemps, comme je l'ai déjà écrit, me sentant une âme incarnée par erreur dans ce 21ème siècle, dans ce siècle d'individualisme et de consumérisme. Je ne peux pas souffrir cette société qui ne pense que chiffre au lieu de penser humain.
Mais l'Idéal, toujours je tends vers l'idéal, de toutes sortes ! La liberté, l'amour, la création, la compassion, ... Oui, c'est stupide et inutile ! Mais et alors ? C'est bien plus beau quand c'est inutile (Cyrano) !
Je pourrais citer aussi d'autres artistes : Frank Herbert, Van Gogh, ... Autant d'hommes extraordinaires qui ont été plus humain que beaucoup, avec une œuvre d'une richesse, d'une profondeur qui me dépasse et qui m'éblouit.
Étrangement, je ne citerai pas des scientifiques. Et pourtant, j'en ai les attributs. Mais l'arrogance trop souvent accompagne ces génies. Et leurs découvertes souvent furent détourner pour en faire des armes créant morts et destructions.
Et pour finir, évidemment, je citerai Bouddha, non pas au sens religieux, mais au sens philosophique :
Être ici et maintenant, sans but ni profit ! Ne pas succomber aux désirs comme commandant de son être, pour ne pas être déçu mais aussi pour être ouvert aux autres et les aider autant que possible, sans chercher un retour quelconque. Pourquoi attendre quelque chose, quand vivre est le plus beau cadeau qui soit ! Ne pas vivre dirigé par son ego, ni par sa raison, trop froide, ni par ses sentiments, trop volatiles, ni par ses sens, trompeurs, déformant la réalité. Non, vivre, être par sa conscience, son Soi profond (certains diraient l'âme), sans renier ce que nous sommes : corps, esprit, cœur et ego ! Mais ne pas en être le prisonnier mais libre, enfin !
Ainsi, si je veux écrire mes émotions, mon honneur, je le peux, ici et maintenant, pleinement, sans crainte de tomber dans le piège de l'ego ou du voyeurisme. Je le fais pour le bien que je peux faire, à moi mais aussi et surtout aux autres. Et être en permanence en surveillance de mes actes, de mes mots en face des autres, pour être, non un modèle, mais une voix qui permette aux autres de se découvrir eux-mêmes, de trouver leur propre chemin. Je ne me prends pas pour un guide, un illuminé, un être supérieur, non ! Simplement un humain qui essaye justement d'être humain...
Mon chemin passe par l'écriture, les souffrances et les idéaux, mais dans un univers tendant vers le meilleur. Être meilleur chaque jour ! Non comparativement, mais soi-même ! Être vivant ! Sentir ses tempes frapper le rythme de la vie ! Sentir le calme profond de l'âme lorsque je fais zazen... Être détaché des phénomènes qui m'entourent, n'accorder de l'importance qu'à ce qui l'est vraiment, refuser de répondre aux insultes, aux provocations, être droit et juste, être compassion, et pardonner. Être un humain, tout simplement, ni plus, ni moins.
Vivre et laisser vivre ! Libre-arbitre, pour moi et surtout pour les autres, en étendard !
Dans le Zen, la méditation veut que l'on se "défasse" de ses illusions, des phénomènes, du temporel (le corps, les émotions, les pensées, l'égo) pour trouver son soi profond, et ainsi trouver l'éveil. L'objectif du Zen étant de vivre en harmonie avec les humains (et non à l'écart dans des temples, reclus), il apparaît une partielle contradiction sur comment conjuguer ce non-attachement, qui pourrait s'assimiler à l'oubli, avec la mémoire qui joue un rôle primordial avec notre conscience pour dicter nos actes de la meilleure façon qu'il soit. Cette mémoire peut être issue du vécue, comme elle peut être apprise (l'histoire de l'humanité et ses erreurs ou réussites).
Je pense que l'objectif n'est pas d'oublier, mais d'être soi. L'objectif n'est pas de ne plus s'appuyer sur sa conscience, nourrie par notre héritage (notre mémoire, nos enseignements) mais de savoir la différencier de nos émotions, de notre ego, de nos besoins physiques ou de notre raison potentiellement dévoyée ou inhumaine. L'objectif est donc de bien utiliser cette mémoire mais en l'observant avec attention pour ne pas se tromper, séparer l'impermanent, source d'erreurs et de conflits, du permanent, ce qui devrait diriger notre vie à tout instant.
Ainsi, la méditation visant la "pensée non-pensée", l'observation de soi pour dissocier l'impermanent du permanent, n'est pas en contradiction avec le principe de mémoire, d'apprentissage d'une éthique qui guide notre conscience, mais elle la renforce même, en y appliquant un filtre pour s'assurer que ce que nous croyons être notre conscience n'est pas en fait notre ego, nos émotions, notre corps ou notre raisonnement inhumain.
Je suis très loin de pouvoir appliquer tout ceci au quotidien, mais c'est une deuxième naissance. Cela prendra du temps avant que je sois réellement né, mais la patience est mère de toutes les vertus, n'est-ce pas ?
Alors, une fois cette lettre écrite. Maintenant je pense savoir, non pas au sens de la raison, du cœur, de l'ego ou du corps, mais de tout à la fois. Cette voix, ces images, ces sensations que je percevais de nos échanges n'étaient pas étrangers à moi-même. Je ne puis l'affirmer, ni le prouver. 
Mais lorsque je fais le vide, je vois le plein de "Soi". Lorsque j'entends mon "Soi", je me remplis. Lorsque je m'isole dans mon corps, mon esprit, mes émotions, observant mon ego avec compassion, je me retrouve avec mes semblables et tout ce qui m'entoure. De cette observation intime, "connais-toi toi-même", je peux trouver le chemin de la connaissance de ce qui m'entoure.

Lettre 17 bis

O mon être unifié,
Maintenant, tu connais une partie de ton chemin. Maintenant, tu connais une partie de ce que tu es. Il ne te reste plus qu'à marcher, demi pas après demi pas, t'asseoir pour écouter ton moi, les autres, et te trouver, pour finalement comprendre l'interdépendance.
Maintenant, tu es.
Fin du début d'une histoire, Début d'une nouvelle histoire

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