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Rétrospective et résolutions littéraire-s

Publié le 18 janvier 2018 par Vanillette
Rétrospective et résolutions littéraire-s
Ca fait deux ans que je vous propose un article en début d'année pour vous présenter mes lectures de l'année passée. Vous avez l'air d'apprécier (et moi aussi) donc je renouvelle cette année, en espérant que ça vous donnera des idées. [ARTICLE] J'ai lu, je lis et je lirai (lectures 2015) [ARTICLE] Mes lectures de 2016 et de (peut-être) 2017
En 2017, j'ai lu...
Le petit matin de mourir. Sébastien Joanniez. Une courte pièce de théâtre de mon adoré Sébastien Joanniez ; je vous ai déjà parlé de lui les années précédentes, c'est quelqu'un qui écrit pour la jeunesse et le théâtre, de la poésie aussi mais ce que j'aime par dessus-tout dans tout ça, c'est sa capacité à sortir des conventions littéraires. Ce qui est marrant avec cette pièce, c'est que je ne connaissais pas le sujet et il se trouve que... sans vouloir spoiler, le sujet est très en lien avec nos métiers d'éduc. Enfin bon voilà, j'en dis pas plus mais n'hésitez pas à découvrir cet auteur, par ici ou par là-bas.
Ils n'auront pas ma haine. Antoine Leiris. Je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai lu ce livre, c'est le récit d'un homme qui a perdu sa femme lors des attentats au Bataclan, le journaliste Antoine Leiris pour être plus exacte. Alors évidemment, c'est très touchant, on chiale, on est triste, on est en colère. C'est assez bien écrit. Mais je ne sais pas, je n'aime généralement pas lire ce genre de récits, sans doute parce que ça n'apporte rien à ma compréhension du monde (je veux comprendre le monde bordel) et que j'ai l'impression de m'immiscer dans l'intimité d'autres. Je ne ressors pas grandie de cette lecture, plutôt honteuse d'avoir pleuré la douleur d'un autre. Mais tout cela est propre à chacun.e, ce n'est qu'une impression très personnelle.
Chez soi. Une odyssée de l'espace domestique. Mona Chollet. Mon Mona Chollet de l'année (je l'aime d'amour, Mona. Je l'ai déjà dit, oui). Une lecture qui m'a profondément marqué, à plusieurs niveaux. Il s'agit d'un ouvrage qui interroge le chez-soi sous différents points de vue. J'aurais du mal à définir sa grille de lecture parce que c'est étayé de manière quasiment exhaustive, on ressent d'ailleurs là le travail de la journaliste qui croise les apports théoriques pour nous amener avec elle dans des considérations anthropologiques, sociologiques, psychologiques, politiques et autres -tiques (philosophiques aussi) qui raviront les personnes qui, comme moi, aiment être emportées et apprendre pleins de trucs. Ca, c'est un livre qui m'a permis d'apprendre, de mieux comprendre le monde, voilà ! Elle y aborde autant la question du mal-logement que de l'art d'habiter au Japon, en passant par notre utilisation des réseaux sociaux et son impact sur nos manières d'habiter. Je l'aime d'amour Mona Chollet. Plusieurs infos à propos de ce livre : ✶ Un groupe d'ami.e.s s'est mis en tête de lire l'ouvrage collectivement en une nuit, j'ai trouvé ça rigolo, voici le récit de leur expérience.  ✶ Aussi, sachez que la maison d'édition Zones met gratuitement à disposition tous ou quasiment tous leurs ouvrages. Ceux de Mona Chollet aussi ; perso, je n'aime pas lire sur écran et comme je l'aime d'amour, vous l'ai-je déjà dit, je préfère payer et garder ses livres jusqu'à ma mort. Bref, vous pouvez quand même jeter un oeil par ici.
Rétrospective et résolutions littéraire-s Vernon Subutex 3. Virginie Despentes. J'avais donc lu les deux premiers, et j'ai eu de la chance ce jour-là, j'arrivais à la médiathèque, ils étaient à peine en train de le plastifier. Je l'ai vraiment aimé celui-ci. Plus que les autres, je crois mais enfin, je ne sais pas, c'est difficile de se souvenir. Mais j'ai
vibré fort. J'ai moyen aimé la fin mais je m'en fous, j'ai vibré.
Bleus. David Molina. Un poème d'une vingtaine de pages. J'ai aimé mais je ne me souviens plus trop du contenu. Plaisir éphémère que procure la poésie. 
Instruments des ténèbres. Nancy Huston. Mon Nancy Huston de l'année. Que j'ai aimé. Un de ses bons romans que j'ai emprunté sans trop connaître le sujet. J'étais à ce moment-là en train de rédiger la fiche de lecture Etre mère, c'est assez drôle comme les choses se rejoignent parfois sans qu'on le fasse exprès. Du coup, c'était une sorte d'illustration par la fiction de quelque chose que je traitais par ailleurs d'un point de vue historique : la maternité. Je n'en dis pas plus pour vous laisser découvrir si vous le lisez.  
Etre mère. Du 18ème au 21ème siècle. Patricia Ménissier. Etre mère, donc, je vous en ai un peu rebattu les oreilles il y a quelques mois puisque je l'ai trouvé si riche que j'en ai fait une fiche de lecture sur mon blog. N'hésitez pas à aller y faire un tour, je ne crois pas que cet ouvrage ne soit destiné qu'aux mères mais peut au contraire intéresser toutes les personnes qui bossent avec des familles ou se questionnent sur la parentalité en général. C'est une vision historique et sociale de la maternité mais aussi de la famille. Bon... je ne vais pas me répéter mais c'est un très très bon ouvrage.
Truismes. Marie Darieussecq. J'en avais vaguement entendu parler il y a quelques années, et puis j'aimais bien ce mot "truismes". Ca ne m'évoquait pas grand chose mais quand j'ai aperçu ce petit bouquin dans la bibliothèque de ma mère pendant les vacances d'été, je me suis plongée dedans. Et me souviens-je, j'avais tweeté un truc du genre "ce livre est le livre le plus étrange que j'ai pu lire de toute ma vie". En effet, je pense que j'ai eu les yeux écarquillés pendant toute ma lecture, j'ai du le lire dans la soirée même. Ebahie. Transportée aussi. J'ai longtemps été marquée par cette lecture.  Bon voilà je ne vous en dis pas plus, débrouillez-vous avec ça !
Histoire de la violence. Edouard Louis. J'avais lu Edouard Louis il y a quelques années avec son En finir avec Eddy Bellegueule. J'avais adoré, vraiment. Son histoire avait touché la fragilité de la mienne. J'avais vibré fort. Alors, Histoire de la violence, je devais le lire bien sûr. Finalement, j'ai été un peu déçu. Enfin, quoi... pas déçue comme on peut l'être d'un roman puisqu'il s'agit du récit véritable d'une nuit cauchemardesque pendant laquelle Edouard Louis a subi un viol. Alors bon, dans tous les cas, on ne peut pas dire d'une telle lecture qu'on a aimé parce que c'est dur, terrifiant, dérangeant mais je ne sais pas trop comment exprimer mon ressenti, j'ai eu l'impression d'assister à une thérapie dans laquelle je n'avais pas envie d'aller. Attention hein, je pense que ce type de récit est important pour dire, témoigner et je ne suis pas en train de dire qu'il aurait du se taire mais je me suis sentie de trop là aussi. Bon.
L'urgence et la patience. Jean-Philippe Toussaint. Un tout petit livre écrit par Jean-Philippe Toussaint qui décrypte là sa démarche d'écriture. Bon, je l'ai lu pour essayer de penser à ma propre démarche. Je m'attendais à quelque chose d'un peu plus philosophique sur ces deux notions mais il s'agit plutôt de ses secrets d'écriture. Ca peut intéresser les personnes qui s'interrogent sur la question ou ont envie de pénétrer l'antre de l'écrivain.
Article 353 du Code Pénal. Tanguy Viel. Un livre que j'ai lu suite au conseil facebookien de ma bien aimée Lola Lafon (elle, je l'aime de rage dingue) et que j'ai trouvé très touchant, percutant. D'une tristesse à mourir aussi. C'est ce genre de livre, vous savez, qui illustre à merveille l'horreur du réel.
De rêves et de papiers. Rozenn Le Berre. Un livre écrit par une éducatrice spécialisée, dans lequel elle raconte son quotidien d'intervenante chargée de déterminer la minorité de migrant.e.s arrivé.e.s sur le territoire français. C'est d'une violence inouïe, je pense qu'il faut le lire à un moment où on se sent solide, et en même temps, il s'agit là d'une lecture essentielle. J'en avais écrit un article, n'hésitez pas à aller faire un tour.
A vif. Kery James. Ce tout petit livre est en fait la retranscription de la pièce écrite et jouée par Kery James. Inspirée du concours Eloquentia (si vous ne connaissez pas, je vous conseille vivement le film A voix haute. La force de la parole), il s'agit d'une confrontation de deux voix qui laissent entendre le vécu de deux classes opposés. Un texte politique fort.
Petit pays. Gaël Faye. Ce livre a fait du bruit, beaucoup de bruit. Alors comme à chaque fois qu'il y a trop de bruit, j'adopte ce réflexe qui consiste à me taire et attendre que ça passe. Je n'aime pas le bruit alors j'attends qu'il fasse silence pour profiter de ma lecture. J'ai donc rencontré la musique de Gaël Faye avant sa littérature. J'étais de passage à Paris en Janvier dernier quand il faisait sa dernière intervention dans je ne sais plus quelle librairie. Et ouah, quelle belle rencontre, quelle belle soirée. Sans doute un des meilleurs moments de mon 2017. Vraiment. Sa musique, ses mots, son sourire ont percuté dans mon petit bonheur, c'était tout chouette. Bref, on est pas là pour parler de moi hein. J'ai fini par lire Petit pays au cours de l'été. J'ai mis du temps à rentrer dedans et puis paf, avant que je ne comprenne ce qui m'arrivait, j'ai eu le souffle coupé, la nuit courte, la tristesse au corps. A lire absolument.

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