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Local Hero - Bill Forsyth (1983)

Par Just1 @JustinKwedi
Local Hero - Bill Forsyth (1983)MacIntyre, américain célibataire vivant bien, avec une maison et une Porsche, doit aller en Écosse sur l'ordre de son patron, chef de Knox Oil qui veut construire une usine pétrochimique sur une plage du nord de l'Alba. Mac et un collègue doivent négocier avec les habitants qui, s'ils l'acceptent, n'auront plus rien mais seront riches. Mac sympathise petit à petit avec les habitants et apprécie de plus en plus les paysages, remettant ainsi en question la pertinence de sa mission.
Local hero sera l'œuvre de la reconnaissance internationale pour Bill Forsyth après le salut critique et le succès local de ses deux premiers films That sinking feeling (1979) et Gregory's Girl (1981). Dans ces deux films, Forsyth en abordant tour à tour le film de casse décalé ou la chronique adolescente amusée montrait par la truculence de ses protagonistes un autre visage d'une Ecosse à l'arrière-plan social et urbain sinistre. Avec Local hero, le réalisateur poursuit cette idée mais en adoptant le point de vue d'un personnage extérieur amené à être subjugué par l'Ecosse. Il s'agit de MacIntyre (Peter Riegert), agent d'une compagnie pétrolière envoyé dans un village qu'elle souhaite remplacer par une usine pétrochimique. Dans un premier temps le récit semble donner dans le cliché tant dans le cynisme de Mac en jeune yuppie arrogant que dans le cadre pittoresque du village (imaginaire) de Ferness. Cependant Forsyth distille dès le départ çà et là quelques éléments soulignant la solitude de cette vie de cadre dynamique (Mac célibataire et sans ami la veille de son départ) où la vacuité d'être en haut de la pyramide avec un Burt Lancaster délicieusement décalé.
Local Hero - Bill Forsyth (1983)Local Hero - Bill Forsyth (1983)Bill Forsyth n'invente pas avec Local hero le postulat du citadin confronté à un environnement atypique, et d'autant plus en Ecosse avec des classiques anglais comme The Maggie d'Alexander Mackendrick (1954) ou Je sais où je vais de Michael Powell et Emeric Pressburger (1946). Cependant le réalisateur sort des sentiers battus dans en évitant une attendue caractérisation pittoresques des habitants. Les quelques moments attendus sont certes bien là (comme une scène de beuverie au pub) mais sans une construction classique allant de la confrontation à l'acceptation. Les habitants sont en effets largement ouverts à la manne de la compagnie en échange de leur logis et notre héros mène tranquillement les négociations tout en s'imprégnant des lieux. C'est le décalage entre cette absence d'opposition avec l'attachement qu'il se découvre pour les lieux qui change peu à peu la perception. Mac se pose ainsi en observateur charmé par les mœurs locales (l'ardeur amoureuse de l'hôtelier Urquhart (Peter Lawson) et son épouse) et surtout par son cadre.
Local Hero - Bill Forsyth (1983)Local Hero - Bill Forsyth (1983)Local Hero - Bill Forsyth (1983)Le paysage est le vrai personnage secondaire du film, dans lequel Forsyth fond son héros qui s'y déleste progressivement de ses atours et préoccupations citadines. Un somptueux panorama de plage en fin de jour perd sa silhouette dans le lointain avant de peu à peu la figer en plus grand comme pour illustrer sa connexion avec les lieux dans des séquences magiques comme une pluie de comètes ou une aurore boréale. Forsyth donne un contour quasi féérique à ces passages, à leur épiphanie nocturne répondant une humeur bucolique de jour - et une photo fabuleuse de Chris Menges dans les deux cas - lorsque son associé Oldsen (Peter Capaldi) tombera amoureux de la belle océanographe Marina (Jenny Seagrove). La majesté grandiose se conjugue à des détails plus anodins (l'insert sur la montre de Mac laissée dans l'eau, ce dernier anticipant les raids à moto du chauffard local...) pour nous signifier l'intégration à ces lieux et cette communauté.
Local Hero - Bill Forsyth (1983)Local Hero - Bill Forsyth (1983)Local Hero - Bill Forsyth (1983)Local Hero - Bill Forsyth (1983)Local hero est donc un film à l'équilibre parfait entre humanisme et pure atmosphère (qui évite l'autre cliché qui guettait, celui mythologique/mystique) dans une trame volontairement lâche qui laisse les choses se dérouler sans conflit. Ainsi le premier obstacle au projet intervient dans les dernières minutes (soit quand plus personne ne souhaite le voir se réaliser) et le potentiel rebondissement autour du mensonge amoureux entre Oldsen et Marina est désamorcé avant même d'avoir pu exister. Ce village, cette plage, ces récifs et ces attachants habitants sont un arrêt paisible (le personnage du pêcheur russe, le pasteur africain) dans un monde matérialiste voire même un appel pour ceux qui en sont las avec l'arrivée triomphale du personnage de Burt Lancaster lors du final. Une réussite qui sera un immense succès en Angleterre (où il raflera le BAFTA du meilleur réalisateur) et aux Etats-Unis où il sera distribué par la Warner.
Sorti en dvd zone 2 français chez M6 Vidéo 

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