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L MMM La Musica deuxième mise en scène Philippe Baronnet

Publié le 19 juillet 2018 par Mlascene
La Musica deuxième : au 11 Gilgamesh Belleville, Philippe Baronnet propose un huis clos intime et passionnant. La petite musique de Marguerite Duras se joue au milieu des spectateurs, portée par deux interprètes virtuoses.

" Ce sont des choses qu'on traîne avec soi " avoue Marguerite Duras lorsqu'elle est interrogée sur l'écriture, vingt après, de " l'acte II " de la première Réécrire cette pièce est donc placé sous le sceau de la nécessité. Celle de finir quelque chose. De reprendre les personnages. De les porter, cette fois-ci, jusqu'au lever du jour. De les laisser défaits par la fatigue d'une nuit blanche. De les montrer se tenant " toujours dans cette jeunesse du premier amour, effrayés. "

La Musica met en scène un couple qui vient de divorcer. Elle. Lui. Après l'audience, ils se retrouvent dans un hôtel de province. Situation banale pour un amour qui ne l'est pas. Durant la nuit, ils restent ensemble sans parvenir à être près l'un de l'autre. Leurs voix se répondent sans s'accorder. est celle d'un état d'amour qui se défait mais qui existe encore.

Le dispositif bi-frontal choisi par Philippe Baronnet place le spectateur au plus près de la partition que vont jouer les anciens amants. Répartis de chaque côté du plateau, nous intensifions le huis clos intime, en fermant l'espace de nos présences silencieuses. Nous ne sommes pas extérieurs à l'action. Nous sommes avec. Plaçant notre regard, comme un objectif de caméra, sur ce qui se joue. Adaptant la focale de notre vison en fonction des déplacements des comédiens et de leur proximité.

Entre les gradins, la scénographie imaginée par Estelle Gautier participe à la tension qui naît des échanges entre l'homme et la femme. Six grandes tables rectangulaires, celles d'un restaurant d'hôtel, après le service, sont autant d'obstacles, d'écueils, d'abris, de refuges que peuvent utiliser, les deux personnages, prisonniers de cet amour brisé, mais encore palpable.

Elle, c'est Nine de Montal. Lui, Vincent Garanger. Ils disent la blessure ouverte. Ils portent " La Musica " de Duras dans ses respirations les plus subtiles. Chaque note surprend. La parole n'est jamais acquise. Tout parait possible. Sur le fil, la musique de l'échange donne l'impression d'être écrite dans l'instant. A travers ce que les deux comédiens restituent, c'est toute l'attention que le metteur en scène Philippe Baronnet porte à la direction d'acteurs qui se fait entendre.

Festival Off: Spectacle à voir.

11 * GILGAMESH BELLEVILLE

À 18H50 : DU 6 AU 27 JUILLET RELÂCHES : 11, 18, 25 JUILLET

  • Metteur en scène : Philippe Baronnet
  • Interprète(s) : Nine de Montal, Vincent Garanger, 18, 25 JUILLET
M La Scène Article sur Quai Ouest mise en scène Philippe Baronnet

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