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Amar Taleb ou la douleur de peindre

Par Mmediene

Dans le ventre en fusion - rouge et or mêlés - du tableau bordé des noirs d'ombre et de peau, le regard s'accroche d'abord à la masse des chairs qui fait écran à la lumière d'incendie qui éclaire le décor. La toile est peinte sur un fond gris pâle reposant sur un tapis ouaté blanc céruse.

Le personnage central au corps épais, baigneuse nue et immobile, semble assoupie dans la moiteur de l'étuve. Elle est adossée au mur du hammam face à une silhouette sombre - l'officiante du lieu ? - qui attend l'ordre de commencer le massage qui lave et délasse.

Amar Taleb réussit dans cette scène à restituer le silence d'un endroit imaginé, sans réel référent concret. On dirait une sorte d'image inlassablement répétée que restituerait et la mémoire et l'oeil du peintre.

La seule vérité que l'on peut tirer de cette scène c'est le besoin vital de l'artiste à libérer " l'obscure clarté " qui le hante depuis, confie-t-il, un certain octobre où la Seine s'est teintée du sang. Le mois rouge et froid de sa douloureuse seconde naissance. Les stigmates de cette blessure le poursuivent depuis lors, alimentant sa réflexion sur son art et les liens qui le rattachent à lui. Son métier s'en nourrit et questionne (remet en question ?) l'idée même de sa pertinence - sauf à revenir aux " chemins de la création " par lesquels se réalise l'unité du dedans et du dehors, de l'intérieur et de l'extérieur sous le regard sévère des Maîtres qu'il admire.

Ainsi de Hammam où Amar Taleb retrouve, dans ce petit format dépouillé de tout accessoire, la densité fauve des dernières Odalisques de Delacroix.


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