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Coronavirus : des mesures molles, pas à la hauteur du problème

Publié le 12 mars 2020 par Havrais

Pourquoi attendre la semaine prochaine pour aller plus loin ?

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Le Président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé ce jeudi 12 mars 2020 le confinement des personnes âgées et la fermeture de tous les établissements scolaires, de la maternelle à l'université. Le vote aux élections municipales est lui, maintenu. Quant à l'ensemble des Français, il leur est rappelé qu'il ne faut plus se serrer les mains, faire la bise et que si on a la possibilité de rester enfermé chez soi, c'est la meilleure des solutions.

L'intervention de ce jour était programmée depuis quelques jours et on sait d'ores et déjà qu'en début de semaine prochaine le gouvernement va être obligé d'aller encore plus loin. Pourquoi ?

D'abord parce que si "seulement" 2281 personnes ont été diagnostiquées malades du covid-19 en France métropolitaine à l'heure où ces lignes sont écrites (avec 48 décès enregistrés), il est important de noter qu'il y a actuellement 10 000 à 30 000 personnes actuellement contaminées dans notre pays, chez qui la maladie ne s'est pas encore développée. Des porteurs sains en apparence, le covid-19 mettant jusqu'à 2 semaines pour se déclencher. Mais qui elles-mêmes sont susceptibles de transmettre à plusieurs personnes chacunes la maladie.

Ensuite parce que 30 000 personnes porteuses du coronavirus, ce sont environ 600 décès supplémentaires dans les 15 jours, majoritairement des personnes âgées. Mais également environ 4500 Français de tous âges, qui vont souffrir de pathologies graves, nécessitant une hospitalisation d'urgence. Et quant on sait que les Urgences françaises sont déjà en souffrance et qu'elles ne réussissent pas à traiter l'ensemble des cas qui se présentent à eux, on ne peut que redouter le pire !

Car non, le Covid-19 n'est pas une "simple grippe". La grippe saisonnière occasionne 20 fois moins de décès et n'oblige pas à traiter en soins intensifs 15% des malades, fort heureusement !

Monsieur Macron a donc attendu bien longtemps avant de s'exprimer sur le covid-19. Et on ne pouvait qu'espérer une parole plus forte que celle qu'il a apportée. Car, assurément, il sera obligé de s'exprimer à nouveau avant le 20 mars.

Que nous apprendra-t'il ? D'abord que le second tour des municipales va être reporté. Puisque dès le 15 mars le cap des 5000 malades identifiés sera atteint (cap que l'Italie n'a même pas attendu pour prendre les mesures en cours). Et que le 22 mars, date programmée du second tour des élections municipales, il y aura 15 à 20 000 malades officiels sur le territoire français (et de fait 300 à 500 morts, ainsi que environ 3000 personnes hospitalisées, entre la vie et la mort).

La grave crise qui touche le monde est, ainsi que l'a indiqué le Président de la République, quelque chose que l'on n'avait pas vu depuis un siècle. C'est à dire, précisément, depuis la grippe espagnole. Si l'on veut éviter que rien qu'en France 25 millions de personnes tombent malades, que 500 000 personnes décèdent et que plus de 3 millions et demi de personnes se retrouvent en soin intensifs (ce qui, en soi, est impossible, les capacités de nos hôpitaux ne pouvant contenir autant de personnes, même réparties sur 6 mois ; faute de soins, des centaines de milliers de personnes supplémentaires trouveraient la mort), il faut prendre rapidement des mesures fortes. Plus nous attendons, plus il va être difficile de gérer la situation.

Alors pourquoi attendre une semaine supplémentaire pour prendre les mesures les plus fortes, et qui permettront de sauver un maximum de vies humaines ?

Vos réactions sont les bienvenues en commentaire.

Alexandre Cauchois.


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