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L'Afrique continent démocratiquement sinistré

Publié le 28 juillet 2008 par Amaury Watremez @AmauryWat

Afrique.jpgQuelqu'un m'a hier posé cette question intéressante et provocatrice : Combien y-a-t-il de vraies démocraties en Afrique ? La réponse est simple, aucune. Il paraît qu'aborder ce sujet risque de me "faire coller au mur", on verra bien. Il y a trente ans que les derniers pays africains encore colonisés sont devenus libres, or, ce sont les oligarchies qui dominent, captent tout l'argent, confinent les plus pauvres dans leur misère. Il y a plus de vendeurs de 4X4 et de produits de luxe en Afrique qu'il n'y en a en Europe. A cela, on répond souvent qu'il faut laisser le temps aux africains d'accéder à la démocratie, que, nous, n'est-ce pas, il nous a fallu du temps pour faire notre révolution, qui c'est bien connu, a aboli tous les privilèges depuis. Cet argument du délai ne tient pas, la démocratie se fait ou ne se fait pas, elle s'encourage de toutes façons à tout prix, et la liberté n'est jamais négociable en attente d'un lendemain meilleur promis par les oligarques en échange de sacrifices toujours plus importants. Bien sûr, que l'Afrique soit couverte de dictatures sanglantes, ethniques, théocratiques (qui favorisent les traitements barbares contre les jeunes filles, de l'excision aux mariages forcés), pseudo-révolutionnaires, arrange ceux qui font des affaires sur le dos des esclaves modernes, car il s'agit bien d'esclavage quand on parle des travailleurs africains actuels (l'on pourrait parler également des jeunes femmes africaines ou asiatiques exploitées en Europe par leurs propres frères et soeurs de couleur). Et cela nous arrange nous consommateurs car cela nous permet de maintenir notre train de dépenses, qui est une fuite en avant. Certes, quand le colonisateur est parti, il a tout emmené sans aider à préparer la suite, le colonisé refusant cette aide souvent, certes il y a eu l'esclavage, mais ce n'est pas cela qui crée les dictatures, engendre les tensions tribales ou favorise l'enrichissement de quelques uns.  

En Amérique, en Europe, en France, l'on aime bien pleurer des larmes de crocodiles sur l'Afrique, montrer des chtits n'enfants africains à Noël ou à Pâques pour se donner bonne conscience, mais finalement on s'en fout qu'ils crèvent de faim. On parle aussi beaucoup du SIDA mais la fin des recherches sur un vaccin contre le SIDA touchera encore plus les africains, rappelons qu'un africain devient séropositif en moyenne toutes les 11 secondes.

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Il y a aussi la question de l'aide internationale, bien sûr, pour ne pas passer pour -trop méchant- je tiens à prévenir, je ne remets pas en cause l'esprit de générosité et de don qui anime les volontaires mais bien souvent, arrivant comme en pays conquis, croyant bien faire, leurs bonnes volontés font parfois des ravages : je pense à ce jeune ingénieur parti en Afrique creuser un puits dans un village, l'ancien étant ensablé depuis une guerre. Partant de son bon sens, ou ce qu'il croyait tel, d'européen, il a creusé le puits au centre du village alors qu'avant les femmes devaient faire trois-cent mètres pour aller chercher l'eau. Mais subissant la sottise de traditions stupides, aller chercher l'eau au puits était pour elles le seul moment de liberté dont elles disposaient, le seul moment où elles sortaient du village sans risque. Ceci leurs permettaient de s'affranchir peu à peu de la tutelle des fondamentalistes musulmans (certains ne connaissent du Coran que deux ou trois sourates, les plus bellicistes) qui dirigeaient la région. Depuis que le puits est au centre du village, ces fondamentalistes ont retrouvé encore plus d'autorité qu'avant. Je me souviens aussi au Proche Orient de cette petite fille morte d'une septicémie car l'ONG s'occupant d'elle ne voulait pas qu'elle soit soignée en Israèl (ce qui se fait pourtant couramment à l'hopital Hadassah de Jérusalem sans problèmes pour tout le monde, arabe ou israèlien, juif, chrétien ou musulman). Ce n'est rien d'autre qu'un néo-colonialisme.

A la fin de cette note, plusieurs choses : qui se soucie du Darfour où le génocide continue ? Qui se soucie des 103 orphelins de "l'Arche de Zoé" au Tchad ? Qui se soucie vraiment de la malnutrition ? Qui se soucie vraiment des pandémies africaines ?


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